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Boris Barnet  19287

Réalisé par Boris Barnet. Russie. Comédie dramatique. 1h40 (Sortie 1928). Avec Vera Maretskaïa, Vladimir Fogel, Elena Tyapkina, Vladimir Batalov et Sergueï Komarov.

Que reste-t-il de la Révolution russe ? Des années bouleversées, un monde profondément changé, le début d’une nouvelle ère. Mais aussi des images, extrêmement puissantes.

Celles d’Eisenstein, en particulier, continuent à hanter notre mémoire et à façonner une certaine représentation d’Octobre. Si l’on retrouvera, au cours de cette rétrospective" L’URSS des cinéastes" organisée par la Cinémathèque française du 18 octobre au 27 décembre 2017, des classiques d’Eisenstein ou de Dovjenko, d’autres films, souvent moins connus, seront également mis à l’honneur.

C’est donc l’occasion, au cours de ce premier panorama qui abordera le cinéma russe de la Révolution à la Seconde Guerre mondiale, de découvrir sur grand écran un certain nombre de films éclipsés par de grands noms. Et surtout, chose trop rare aujourd’hui, des films muets.

"Je ne suis pas, je n'ai jamais été un homme de théories. J'aime avant tout la comédie, je me plais à introduire des scènes drôles dans un drame et des épisodes dramatiques dans un film comique"*. Cet art du tissage fait la richesse de "La Maison de la rue Troubnaïa". Le cinéaste Boris Barnet dessine un univers foisonnant, riche de détails et d’inventions.

C’est dans l’atmosphère agitée de la Moscou des années 1920 que Panacha (Vera Maretskaïa), robuste paysanne, se retrouve projetée. Personnage naïf - n’est-elle pas accompagnée d’une oie blanche ? - qui prend l’Union des travailleurs pour une agence matrimoniale, elle est une cible idéale pour les profiteurs. Exploitée par un barbier et son oisive épouse, la malheureuse peut cependant compter in fine sur le soutien des autres travailleurs et revendiquer ses droits.

Une histoire qui pourrait être simple propagande, si elle n’était pas servie par le génie visuel de Boris Barnet, qui transforme des éléments narratifs convenus en saynètes cocasses. Profondément ancré dans le quotidien d’une ville, et plus particulièrement d’un immeuble, "La Maison de la rue Troubnaïa" étonne à chaque instant par la vitalité de sa mise en scène, bien loin des clichés attachés aux films de l’époque.

Nul besoin d’effets spéciaux pour jouer avec l’image et trouver du jamais-vu : un arrêt sur image, un défilement à l’envers de la pellicule, un usage tout soviétique des gros plans ou encore une caméra prise pour cible par un jet d’eau continuent à émerveiller.

Une joie malicieuse pousse le cinéaste à jouer avec son matériau, à expérimenter des prises de vue inédite ou à briser joyeusement le fameux quatrième mur (comme le fera d’ailleurs son héroïne au cours du film en interrompant une représentation théâtrale qu’elle avait prise trop au sérieux).

Le début du film est étourdissant et témoigne bien de cette maîtrise de Boris Barnet. Sur une Moscou encore somnolente, le jour se lève. Dans la cage d’escalier de la fameuse maison, les locataires commencent à vaquer à leurs occupations quotidiennes.

C’est alors un délicieux ballet comique qui s’opère sous nos yeux. Alliant gracieux mouvements ascendants de caméra et montage rapide, Boris Barnet représente cette maison comme une fourmilière, et propose un véritable film dans le film, constitué de petits sketchs qui se répondent les uns aux autres.

Le comique règne en maître, avec ce domestique qui sort le léopard empaillé pour l’épousseter, à califourchon sur le fauve à présent inoffensif, ces ménagères qui balancent à grands coups de balai de la poussière sur le tapis qu’un barbier s’escrime à battre ; le drame n’est pas loin non plus : on tremble de voir ces deux géants débiter d’énormes morceaux de bois, indifférents à l’effritement de plus en plus manifeste du sol sous leurs pieds. Bref, un microcosme où chacun joue son rôle.

Si les personnages de travailleurs sont naturellement extrêmement positifs, capables de faire montre de solidarité et de courage, la représentation des habitants de la fameuse maison est bien plus sévère. Trognes patibulaires, visages fermés, les locataires ne deviennent généreux que par intérêt.

Petits-bourgeois ou simples employés, ils sont décrits comme une masse de profiteurs ; leur fausse bienveillance envers Panacha, suivie d’un rejet cruel, donne un tout autre relief à cette comédie qui n’est pas dépourvue de noirceur. La médiocrité humaine apparaît avec force dans cette description de Moscou, dix ans après la Révolution.

*Boris Barnet, cité in Kinoglaz

 

Anne Sivan         
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# 16 septembre 2018 : Un été sans fin

On n'est pas trop mal sous le soleil de septembre. Il faut bien cela pour faire oublier un peu l'actualité politique et sociale. Pour se détendre, voici notre petit programme culturel hebdomadaire, notamment avec de la musique, des spectacles à foison, la rentrée des expositions, une sélection de films et toujours de la littérature. C'est parti !

Du côté de la musique :

"Let my children hear Mingus" de Géraud Portal
"Joy as an act of resistence" de Idles
"Move through the dawn" de The Coral
"Reiði" de Black Foxxes
"Rising, la fin de la tristesse" de Blaubird
"Idomeni" de No Mad ?
"Sun on the square" de The Innocence Mission
et entre livre et musique "Beach Boys, un été sans fin" de Jean Emmanuel Deluxe

et toujours :
"June" de Brendon Anderergg
"Comme de Niro" de Madame Robert
"Neige à Londres" de Eles
Retour sur la 28eme édition du Festival de la Route du Rock de Saint Malo
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Au théâtre :

les nouveautés :
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"Signé Dumas" au Théâtre La Bruyère
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Ciné en bref avec :
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"Whitney" de Kevin Macdonald
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"Bonhomme" de Marion Vernoux
et la chronique des autres sorties de septembre

Lecture avec :

"Au loin" de Hernan Diaz
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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