Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Jean-Louis Murat
Travaux sur la N89  (PIAS)  novembre 2017

Parfois comme les jours, les disques se suivent et se ressemblent, c’était parfois le cas avec Murat, des petites différences, mais toujours la même veine, comme quelques variations sur le même thème et on aimait ça et c’était très bien comme ça. Soudain arrive ces Travaux sur la N89, et là c’est plus pareil. Alors comment qualifier cet album : audacieux, surprenant ou même suicide commercial ?

A la première écoute, d’une traite comme conseillé par Murat lui-même, on ne trouve rien de commun avec les précédents disques de l’auvergnat et pourtant être surpris serait faire peu de cas de sa carrière, après Dolores album électro trip hopisant, il sortait un album Laid Back américain avec la complicité de Calexico et Elysian Fields que certains considèrent comme son zénith, album qu’il recréait et déconstruisait sur scène sans batterie mais avec beat et boucles (une tournée qui donnera l’indispensable live Muragostang) c’était l’an deux mille, c’était il y a dix-huit ans, autant dire une éternité. Pour remonter encore un peu plus loin, on peut aussi se souvenir qu’avant Venus en 1993 Murat était plus souvent un chanteur de charme de pop synthétique qu’un bluesman guitar hero de power trio de la Bourboule.

Il aurait donc pu se contenter de facilement revenir à ses premières amours c’est-à-dire faire simplement des chansons mais avec des arrangements modernes, c’est-à-dire furieusement années 80, cela aurait été d’autant plus aisé qu’il a travaillé pour ce disque avec Denis Clavaizolle, l’artisan de ces premiers albums. Parce qu’être vintage, c’est être nouveau. Mais non Murat a choisi une autre piste, la piste noire, la difficile, celle avec une pente au-delà de quarante pour cent. Il a pris ce qui aurait pu être des chansons classiques pour les déconstruire, les découper, les segmenter, faisant de chaque morceau un cut up inépuisable. Aidé pour se faire non seulement par des sons, des bruits mais aussi par des effets sur sa propre voix et également par les chœurs de Morgane Imbeaud, Sonia Hizzir, Matthieu Lopez et Alain Bonnefont.

C’est ainsi que se mélangent boucles, ruptures, gimmicks percutants, phrases entêtantes. Alors que chaque morceau semble avoir sa logique interne ces travaux sont d’une grande cohérence, formant un parfait tout, comme une image peut-être en fait un puzzle constitué de centaine de pièces. Comment et pourquoi après plus de vingt ans de carrière on en vient à faire tout mais surtout pas ce que "le public" attend, je ne sais pas, peut-être que l’absence d'obligation de jouer les morceaux en live facilite le travail de studio donc apporte une liberté absolue de création, de recherche, donc il peut faire son Charlemagne (Murat n’a plus de tourneur, celui qui cherche des dates et s’occupe de la logistique). Même les quelques chansons plus classiques comme "Chanson de Sade", qui semble échappé des sessions de Dolores et qui clot le disque, s’intègre parfaitement à l’ensemble.

On peut parler de prise de risque évidemment, celui que son public historique ne le lâche, alors que quand bien même il rompt avec la tradition muratienne musicalement parlant et encore pas tant que ça, parce que tout change donc tout est pareil, ce Travaux sur la N89 reste tout de même un disque de Murat traitant de ses obsessions, les animaux, la géographie, l’histoire, la mort, l’amour et le sexe. Bien sûr dans son écriture et dans sa construction ou plutôt sa déconstruction, il perd bien souvent en chemin couplet et refrain mais à vrai dire, ça n’a aucune importance tant la force des petites phrases mélodiques est puissante, les offrant même parfois à la douce Morgane and co qui, comme en contrepoint, apporte la douceur à ces sons qui s’accumulent.

C’est un vent de liberté salvateur qui souffle sur ce disque et sur le travail de l’auvergnat. Preuve encore que c’est un disque purement de Murat c’est que l’on pourra comme toujours chercher mille sens par exemple "cette fois les pensées Pascal j’m’en fous" qui ouvre l’album peut-être compris comme "Pascal", le billet de cinq cent Francs, donc "cette fois faire pour l’argent je m’en fiche", c’est tellement simple… Ou pas… C’est cela aussi qui est fort dans les textes de Murat, c’est que l’on peut toujours trouver un sens qui accrédite la thèse que l’on défend. Alors que la vérité c’est qu’il écrit ce qu’il veut, et qu’on ne saura jamais vraiment ce qu’il veut dire et c’est très bien comme ça.

Pour reprendre une pensé de Blaise Pascal : "La passion ne peut pas être sans excès". Et ce disque est passionnant jusque dans ses excès, parfait album qu’on ne finit pas d’effeuiller, de chantonner, de redécouvrir. Alors comment qualifier cet album : prise de risque, aventureux ou même sabordage ? Cet album est simplement un grand disque, et c’est tout.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Moscou de Jean-Louis Murat
La chronique de l'album Les fleurs du mal - Charles et Léo de Jean-Louis Murat
La chronique de l'album Tristan de Jean-Louis Murat
La chronique de l'album Le cours ordinaire des choses de Jean-Louis Murat
La chronique de l'album Grand Lièvre de Jean-Louis Murat
La chronique de l'album Toboggan de Jean-Louis Murat
La chronique de l'album Babel de Jean-Louis Murat & The Delano Orchestra
La chronique de l'album Live aux [PIAS] Nites de Jean-Louis Murat & The Delano Orchestra
La chronique de l'album Morituri de Jean-Louis Murat
La chronique de l'album Il Francese de Jean-Louis Murat
Jean-Louis Murat en concert aux Saulnières (28 octobre 2004)
Jean-Louis Murat en concert à La Cigale (17 novembre 2006)
Jean-Louis Murat en concert au Studio Davout (3 septembre 2009)
Jean-Louis Murat en concert au Grand Mix (vendredi 2 avril 2010)
Jean-Louis Murat en concert à L'Alhambra (mardi 23 novembre 2010)
Jean-Louis Murat en concert à la Salle Moebius du Beffroi (samedi 10 octobre 2015)
L'interview de Jean-Louis Murat (20 septembre 2011)

En savoir plus :
Le site officiel de Jean-Louis Murat
Le Soundcloud de Jean-Louis Murat
Le Facebook de Jean-Louis Murat


sy!         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 21 octobre 2018 : Réchauffement culturel

Pollution, pesticides, réchauffement climatique, guerres, brexit, cum-ex. A notre manière, chez Froggy's Delight, on essaie de lutter contre toute cette morosité avec notre petite sélection culturelle histoire de se réchauffer le coeur et les neurones. C'est parti :

Du côté de la musique :

"K A N A P S" de EuTéPé
"Radiate" de Jeanne Added
"Their Prime" de Jo Passed
"In our circle" de Rivulets
"Mount pleasant" de Smoove & Turrell
"Common wealth" de The 10:04s
"Schaum" de Unhappy birthday
Rencontre avec Vanessa Philippe, autour de son album "A l'abri du vent". le tout accompagné de la première partie de la session acoustique de Vanessa Philippe et Fredda
"Forces" de Arca
"Les portes du paradis" de Dani Terreur
"Par mon nom EP" de Nawel Ben Kraiem
"Enfant du vide" de Pandore
Compte rendu du festival Ellipse à Toulouse avec Derinëgolem - Drame - Zombie Zombie - Gareth Dickson - Petit fantôme - Franky Goes To Pointe à Pitre - Halo Maud - Moodoïd
et toujours :
"Wanderer" de Cat Power
"I Am As You Are" de Sol Seppy
"Dag Wiren : Sinfonietta in C major, Serenade, Synphony N3 & Divertimento" de Rumon Gamba & Iceland Symphony Orchestra
"Une issue" de Samuel Cajal
"Comme un ours" de Alexis HK
"Antilles méchant bateau" par divers artistes
"Blow" de Donny McCaslin
Rencontre avec Gontard! et son nouveau clip "Arcade Fire" à découvrir
"Weapons of mass percussion" des Tambours du Bronx
"Houdini" de San Carol
"Vendredi soir EP" de Céline Tolosa

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Dom Juan ou Les Limbes de Molière" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Je parle à un homme qui ne reste pas en place" au Théâtre du Rond-Point
"Les vagues, les amours, c'est pareil..." au Centquatre
"L'Architecte et l'Empereur d'Assyrie" au Théâtre Darius Milhaud
"Jester Show" au Théâtre Les Déchargeurs
"Au nom du père, du verre... Et paf par terre !" à la Maison des Métallos
"Cyrano" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Je viens de nulle part et c'est loin de Paris" au Théâtre La Croisée des Chemins
"L'Apocalypse de Jean" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"C'est pourtant simple !" au Théâtre d'Edgar
"Une vie de pianiste" à la Comédie Bastille
les reprises :
"Au menu, amours de saison" au Théâtre de l'Epée de Bois
"La Cerisaie, variations chantées" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Gauthier Fourcade - Liberté !" au Studio Hébertot
"Popeck - Même pas mort !" au Théâtre L'Archipel
"Jean-François Derec - Le jour où j'ai appris que j'étais juif" au Théâtre du Petit Montparnasse
et la chronique des autres spectacles d'octobre

Exposition avec :

"Transmission/Transgression - Maître et élèves dans l'atelier" au Musée Bourdelle
"Ossip Zadkine - L'instinct de la matière" au Musée Zadkine
"Zao Wou Ki - L'espace est silence" au Musée d'Art Moderne

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"People that are not me" de Hadas Ben Aroya
"La tendre indifférence du monde" de Adilkhan Yerzhanov
la chronique des films de septembre
et la chronique des autres sorties d'octobre

Lecture avec :

"Jean Moulin, l'affranchi" de Bénédicte Verguez Chaignon
"L"assassin de ma soeur" de Flynn Berry
"L'espace du rêve" de David Lynch & Kristine McKenna
"La chance de leur vie" de Agnès Desarthe
"Le douzième chapitre" de Jérôme Loubry
"Les fils de la poussière" de Arnaldur Indrioason

et toujours :
"Bandidos" de Marc Fernandez
"Commode, l'empereur gladiateur" de Eric Teyssier
"La mort selon Turner" de Tim Willocks
"La riposte" de Philippe Meirieu
"Reporter criminel" de James Ellroy
"Un gentleman à Moscou" de Amor Towles

Froggeek's Delight :

"Marvel's Spider-Man" en exclusivité sur PS4
et toujours :
"Shadow of the Tomb Raider" sur PS4, XBOXONE et PC
"Kingdom Come : Delivrance" sur PC, PS4 et XBOX

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=