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Frank McCourt  (Editions Belfond)  octobre 2017

Né à Brooklyn de parents irlandais en 1930, Frank McCourt part pour l’Irlande à l’âge de quatre ans. A dix-neuf ans, il refait la traversée en sens inverse et s’installe à Manhattan. Il exerce divers métiers, sert un temps dans l’armée, avant d’entrer à l’université où il décroche un diplôme d’enseignant. Au terme d’une longue carrière d’enseignant, il connaît un succès phénoménal, à l’âge de soixante-six-ans, avec Les cendres d’Angela, publié déjà chez Belfond. Vingt ans plus tard, pour fêter cet anniversaire, son éditeur Belfond décide de republier son livre agrémenté d’une préface de Colum McCann.

Et c’est donc lui, Colum McClann qui nous parle le mieux de ce roman, nous expliquant que ce dernier a mieux vieilli que la plupart de ceux de la même époque, qu’on a du mal à croire qu’il a déjà vingt ans et surtout, qu’il n’a rien perdu de sa justesse. En 1997, cette autobiographie de Frank McCourt avait touché la France au cœur, réussissant à faire rire ses lecteurs même en ce qu’elle recèle de plus sombre.

Vingt ans plus tard, Colum McCann considère que ce magnifique livre est capable d’apporter un éclairage particulier sur notre situation, guère plus réjouissante. Quand McCourt dessinait l’histoire d’un immigré confronté à la pauvreté, la solitude et l’oppression, il n’imaginait pas que vingt ans plus tard tout serait encore là, symbolisé par la jungle de Calais.

"Prenez ce livre, nous dit Colum McCann. Lisez-le une fois de plus. Donnez-le à vos enfants. Prêtez-le à vos amis et ne comptez pas qu’ils vous le rendent. Laissez-le faire ses preuves encore vingt ans. Offrez-le à la bibliothèque de l’école. Distribuez-en quelques exemplaires au service de l’immigration. Posez-le, mine de rien, au bureau de l’aide sociale. Oubliez-le dans un TGV, apportez-le à Pôle emploi, dans la file d’attente. Utilisez-le comme une arme, de la même façon qu’il faut se servir de la littérature pour développer notre imagination et stimuler notre empathie."

Car oui, Les cendres d’Angela est un très grand livre que je me réjouis d’avoir dans ma bibliothèque, un véritable phénomène littéraire mondial, une œuvre devenue culte à (re)découvrir.

Les cendres d’Angela, ce sont les mémoires de Frank McCourt, dans l’Irlande du sud des années 30 et 40, celles de la crise venant des USA. C’est l’histoire de sa famille qui quitta New York après le décès de sa jeune sœur. C’est l’histoire de la mort aussi qui rode tout le long du livre, venant frapper de nouveau à la porte des McCourt.

Frank grandit dans le dénuement total, la grande pauvreté, que son livre décrit avec une grande minutie. Son enfance n’est que manque, il ne mange pas à sa faim, vit dans le froid et sans aucun confort passant de bidonvilles en bidonvilles. Son père, c’est l’alcool qui le ronge, il enchaîne les périodes de chômage dans cette Irlande sans avenir. Sa mère, elle, aimante auprès de ses nombreux enfants, fait tout pour leur offrir le maximum, bien peu malheureusement. Elle mendie quand son mari s’en va dépenser le peu d’argent qu’il gagne dans les bars.

Frank n’a qu’une obsession, il ne rêve que d’une chose, retourner et retrouver le pays qu’il a quitté, l’Amérique qui le verra réussir plus tard. Le livre est dur bien sûr, souvent triste, nous mettant le cœur aux bords des yeux très souvent mais sans jamais tomber dans le misérabilisme.

Ce qui est magnifique à la lecture de ce texte, c’est aussi de voir que l’auteur n’éprouve aucune rancœur et rancune vis-à-vis de ce qu’il a vécu. Il dépeint sa famille avec beaucoup de bienveillance malgré les problèmes liés à l’alcool de son père et les gestes violents de son frère. Ce livre est une leçon de vie, vu par un enfant puis un adolescent qui s’est construit dans la difficulté.

Frank McCourt nous touche par les souvenirs aimants qu’il a conservés de ses parents et surtout par le portrait plein de tendresse qu’il nous dresse de sa maman. Jamais dans les larmes, toujours dans l’émotion, le lecteur tourne les pages en suivant ce petit garçon, en s’attachant à lui et à sa famille.

Les cendres d’Angela reste et restera un très grand livre que l’on continuera de lire encore pendant de longues décennies.

 
 

Jean-Louis Zuccolini         
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La mode du Battle Royale va-t-elle tuer la créativité
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Du côté de la musique :

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Vendredi au Hellfest avec Joan Jett, Meshuggah, Juda Priest, A Perfect Circle...
encore le Hellfest le Samedi avec Rise of the Northstar, Pleymo, Deftones, Dimmu Borgir...
et on fini le Hellfest le Dimanche avec Megadeth, Iron Maiden, Marilyn Manson...

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toujours les Eurocks, la journée du samedi en compagnie de Truckks, Queens of the Stone Age, Jungle ... (et semaine prochaine, le dimanche)
retour sur les 4 jours au festival de Beauregard :
Vendredi avec Charlotte Gainsbourg, Orelsan, Jack White, MGMT...
Samedi avec Eddy de Pretto, Black Rebel Motorcycle Club, Simpl Minds...
Dimanche avec Parquet Courts, The Breeders, At the Drive In, Bigflo & Oli...
et le bouquet final du lundi avec Depeche Mode, Girls in Hawaii et Concrete Knifes
et toujours :
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"Chambre noire" de Alexandre Nadjari
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Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Italienne, Scène et Orchestre" à la MC 93 à Bobigny
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"Dîner de famille" au Théâtre d'Edgar
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"Les Gravats"
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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