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Théâtre de la Bastille  (Paris)  décembre 2017

Comédie dramatique conçue par le Collectif In Vitro d'après deux pièces de Anton Tchekhov,, mise en scène de Julie Deliquet, avec Julie André, Gwendal Anglade, Eric Charon, Aleksandra De Cizancourt, Olivier Faliez, Magaly Godenaire, Agnès Ramy et David Seigneur.

Depuis sa création en 2009 par la comédienne et metteuse en scène Julie Deliquet, le travail du Collectif In Vitro s'organise autour de la thématique de ce qu'il nomme "l’héritage générationnel".

Et il a notamment donné lieu au triptyque "Des années 1970 à nos jours" composé d'une incursion dans les univers bretchtien ("La Noce") et lagarcien ("Derniers remords avant l’oubli") et d'une écriture de plateau ("Nous sommes seuls maintenant") s'avérant représentatif de leur registre dédié qu'est la pièce chorale en forme de portrait de famille.

Pour "Mélancolie(s)" inscrite dans ce postulat, la note d'intention précise que la partition pilotée par Julie Deliquet est centrée sur la thématique "le théâtre et la société dans laquelle nous vivons" avec "Tchekhov pour guide" en "inscrivant les problématiques tchekhoviennes dans la société d’aujourd’hui".

Celle-ci résulte du télescopage de deux opus - "Les trois Soeurs" et "Ivanov" - avec la création de personnages composites qui naviguent dans le même référentiel d'impasse existentielle et s'avèrent archétypaux des problématiques qui agitent la Génération Y, à laquelle appartiennent les comédiens du collectif, empêtrée dans l'héritage des années 1970 sans être parvenue à rebondir pour créer ses propres mythes et écrire son histoire.

L'éreintement, le désappointement et le ressassement de la fuite du temps, des ambitions irréalistes et des illusions perdues affligent ces quadras à bout de souffle qui se retrouvent dans le cadre d'événements a priori festifs qui s'avèrent lugubres.

Archétype de ce mal d'être, Nicolas (Eric Charon) qui hybride les personnages d'Ivanov atteint d'une schizophrénie paralysante et de Verchinine encombrés d'une épouse malade (Magaly Godenaire) constitue le pivot de l'intrigue qui, d'anniversaire en mariage, se noue sur la terrasse de la maison des Prozorov.

Les trois soeurs ne sont plus que deux : l'aînée Olga devenue Olympe (Julie André) a troqué la blouse d'institutrice pour celle de médecin se combine à la figure du jeune médecin Lvov, et Irina, la frondeuse, et Macha, la taciturne, se combinent en une Sacha cyclothymique (Agnès Ramy), épouse de Théodore (Olivier Faliez), non un terne professeur sans envergure mais d'un chef d'entreprise industrieux, tout en empruntant à la Sacha Lebedev qui tombe amoureuse d'Ivanov.

Leur frère, le fils prodige aux ailes rognées par une une fiancée vulgaire (Aleksandra De Cizancourt) se prénomme désormais Camille (Gwendal Anglade) et Louis (David Seigneur), un ami-associé de Nicolas, constitue le quatrième homme qui secoue un peu leur complaisance victimaire.

Les situations tchekhoviennes contextualisées dans un monde résolument hétéronormé entrent en résonance patente avec la dramaturgie lagarcienne, et notamment la récurrence de personnages paradoxaux et la langue, nonobstant la présence des extraits des textes originaux.

Et plus encore, à la faveur de la sagacité de la combinatoire retenue par le collectif pour transcrire un contexte générationnel et des trajectoires individuelles entre psychologie de l'intime et réalisme social, de la mise en scène fluide et cinétique de Julie Deliquet et du jeu performants des acteurs dans les scènes de convivialité chorale sur une terrasse balnéaire, une troisième figure tutélaire émerge.

Celle du cinéaste Claude Sautet, avec ses représentations de la vie dite heureuse des années 1970 qui signent la fin des Trente Glorieuses. Alors Nicolas, Camille, Théodore et les autres sont les enfants de Vincent, François, Paul et les autres et le Collectif In Vitro démontre son postulat.

 

MM         
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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
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