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Interview  (Orléans)  vendredi 15 septembre 2017

Aujourd’hui, je retrouve Bajram Bili avant son concert au festival Hop Pop Hop à Orléans. On se cherche une petite place dans l’espace presse, juste derrière la grande scène, pas évident pour bien s’entendre, mais l’atmosphère est détendue. J’espère juste que j’entendrai bien ses réponses sur l’enregistrement !

Tu es basé à Tours mais tu as grandi pas loin d’Orléans, tu es donc un des locaux du festival, il ne me semble pas que tu aies joué ici ces dernières années, c’est un retour ?

Bajram Bili : J’ai joué à l’Astrolabe en 2013 mais depuis, c’est vrai, pas de date à Orléans.

Et qu’est-ce que ça change par rapport aux autres dates ?

Bajram Bili : Émotionnellement, ça représente un petit truc, en plus je sais qu’il y a la famille qui va venir ce soir, enfin, ce sont des détails, mais je suis super content de revenir jouer ici.

Je ne t’ai pas encore vu en live (ndlr : l’interview se passe 3h avant le concert), alors en quelques mots, comment tu abordes le côté scène de ta musique ? Est-ce que tu essaies de rejouer tes morceaux au plus près du disque ou est-ce que tu te laisses la liberté de partir où tu veux ?

Bajram Bili : Ça dépend des morceaux. Certains vont être un peu plus figés, d’autres complètement libres. Le seul truc sur lequel je ne bouge pas, c’est que je ne veux pas d’ordi sur scène. J’ai un séquenceur et plein de synthés analogiques qui sont branchés, reliés entre eux avec plein de pédales d’effet.

C’est un travail vraiment solo ou l’ingé-son prend aussi sa place ?

Bajram Bili : C’est plutôt solo, mais je tourne avec le même ingé-son. Bon, il n’est pas là ce soir, il est en vacances, c’est la preuve que je peux le faire sans lui ! Mais c’est vrai que quand on est tous les deux sur la route, on voyage avec notre console façade, lui envoie quelques effets aussi, des effets que ce soir, moi je vais gérer. C’est la même personne avec laquelle je fais mes disques (ndlr : Sébastien Bedrunes).

Tu as une production assez grosse dans laquelle il y a déjà une évolution assez marquée. Est-ce-que tu as un plan prévu depuis le début ou te laisses-tu porter par les envies comme elles arrivent ?

Bajram Bili : Je savais que j’en arriverai à un truc complètement électronique. Quand et comment, ça je ne savais pas trop. Je ne sais pas trop quoi en dire d’autres... En fait, au début j’avais à cœur d’être sur scène avec d’autres musiciens, ce que je ne fais plus maintenant, ce qui a aussi aiguillé le truc. C’est parti d’une démarche live, le fait de virer complètement électronique et d’être seul sur scène.

Quand tu composes, est-ce le thème musical qui prime ou te laisses-tu guider par le son de tel ou tel synthé ? Le choix des synthés / machines peut-il être à la base d’un morceau ?

Bajram Bili : Il m’arrive assez rarement de tomber sur un son ou de créer un son qui va m’emmener dans une direction, en général je fonctionne plutôt à la mélodie, au thème ou alors aux paternes rythmiques qui ensuite vont me driver ici ou là dans le morceau. Comme je suis pianiste à la base, je crois que j’ai gardé ce côté jouer pour trouver un thème.

C’est vrai que les premiers Bajram Bili, il y a une couleur un peu psyché, même parfois pop…

Bajram Bili : J’écoute beaucoup, beaucoup de rock. Je suis très shoegaze, post-punk, j’adore la cold wave, dark wave, je suis un grand fan de ces musiques-là. Je pense que ça s’entend inévitablement.

Je t’ai découvert avec Saturdays with no memory, j’ai donc écouté ensuite les disques d’avant. J’ai la sensation que le son Bajram Bili se durcit progressivement depuis, qu’il devient aussi plus techno. Le ressens-tu comme ça ? Est-ce lié à une perception du monde ou à quelque chose d’intérieur ?

Bajram Bili : Ce n’est pas venu de manière volontaire que le son soit plus dur. La volonté c’est plutôt une démarche de plus en plus live, de plus en plus improvisée. La plupart des morceaux du dernier album, je les ai enregistrés de manière live ou quasi live en fait. On faisait "play" sur le séquenceur et je jouais les thèmes que j’avais séquencés évidemment, mais je jouais par-dessus, je rajoutais d’autres thèmes, j’avais des effets en même temps. Je pense que c’est plutôt cette démarche-là qui fait qu’on arrive au son actuel. Il peut être plus dur parce qu’en live j’ai toujours été du genre à taper un peu plus qu’en studio, je pense que ça se ressent.

Cette évolution a dû t’amener à faire évoluer ton setup de machines et synthés. Si c’est le cas, comment fais-tu pour le live ? Fais-tu des choix de machines différents selon les concerts, as-tu un setup live fixe ? Et comment retranscris-tu en live les différentes périodes de ta discographie ?

Bajram Bili : Alors, il se trouve qu’il y a plein de morceaux qui sortent des mois ou des années après et que je recrée pour la scène. J’essaie de garder un setup plutôt fixe sur une période d’un peu moins d’un an. Ce n’est pas toujours évident parce que parfois t’achètes un truc et tu veux essayer avec tel effet derrière, tu sens que ça va être bien… mais j’essaie quand même de rester sur un setup à peu près fixe pendant presque un an.

Quand tu reprends un morceau que tu as fait il y a 4 ou 5 ans, que tu veux le rejouer mais ton setup a évolué entre temps, comment tu gères ?

Bajram Bili : Il y a un truc assez simple : au bout d’un moment, je me dis, ceux-là, je ne les jouerai plus en live. Donc j’efface carrément la séquence, je ne les garde même pas sur une carte flash. Donc si je veux les rejouer, il faut que je les repense. J’aime bien jouer de nouvelles choses, ça va avec ma démarche. Ça résout une partie du problème. Et si je veux rejouer un morceau dont j’ai la séquence mais pour lequel je n’ai pas les synthés avec lesquels je l’ai créé à l’époque, je fais une nouvelle version. J’adapte ça avec un autre matériel. C’est marrant.

Tu as vision très ludique de ta musique.

Bajram Bili : Oui, je vois ça comme ça. Mais ça n’a pas toujours été le cas ! J’ai pris beaucoup de recul sur tout ça.

J’avais la sensation sur Saturdays with no memory qu’il y avait un côté très intellectualisé et qu’au fur et à mesure, ce côté est parti.

Bajram Bili : Oui, il est beaucoup moins récréatif. Je m’en suis rendu compte après coup et je pense que ça m’a amené vers ce côté plus libre plus live, parce qu’il est vraiment figé cet album !

Tu as choisi de rester dans la région Centre, qui n’est pas vraiment connue pour être une place forte de l’électro française, ce ne serait pas plus facile d’aller à Paris ?

Bajram Bili : C’est vrai, mais je ne me vois absolument pas vivre à Paris ! Trop d’agitation pour moi ! J’habite une grand ville déjà, Tours, mais c’est vrai que ça n’a rien à voir avec la vie Parisienne. Il se trouve que la plupart des amis que j’ai dans ce métier sont à Paris, je vais les voir régulièrement, j’y suis d’ailleurs la semaine prochaine puisque je joue en DJ set. Ce n’est pas hyper pratique, mais je ne me vois pas habiter à Paris.

Tu parlais de DJ set à l’instant, toi qui es musicien, entre tes concerts live et tes DJ set, ce n’est pas du tout la même prestation, est-ce que tu as une préférence, comment tu abordes les deux ?

Bajram Bili : Je crois que l’univers reste le même. C’est un partage très différent avec les gens et j’aime les deux exercices presque autant l’un que l’autre. Les gens ne réagissent pas de la même manière, ils regardent moins ce qu’on fait en DJ set, c’est encore plus centré sur la danse qu’un live, même techno !

Dernière question et je te laisse filer. Froggy’s Delight est un webzine, donc forcément, internet est important pour nous. Quelle est ta relation à internet ? Comment vis-tu l’évolution du monde de la musique avec les années internet ?

Bajram Bili : Je m’aperçois que j’utilise beaucoup plus les réseaux sociaux que je l’aurais pensé. Au début, je ne me voyais pas communiquer de cette manière, puis je m’aperçois que je le fais, et c’est plutôt cool. C’est assez dingue de pouvoir partager autant de musique aussi vite, de pouvoir en découvrir aussi vite. J’ai aussi l’impression que ça bouffe beaucoup de choses, il y a une offre qui est telle qu’on a du mal à tout encaisser. Là où j’ai plus de mal, c’est sur la vitesse à laquelle passent les modes, les trois mois où on parle de toi et puis plus rien, sans que les gens se désintéressent, mais c’est vraiment des phases, tu passes du tout au rien. J’ai un peu de mal avec ce côté où l’actualité est balayée super vite !

 

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La chronique de l'album Saturdays with no memory de Bajram Bili
Bajram Bili en concert au Festival Hop Pop Hop #2 (édition 2017)
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En savoir plus :
Le site officiel de Bajram Bili
Le Bandcamp de Bajram Bili
Le Soundcloud de Bajram Bili
Le Facebook de Bajram Bili


Alex BBH         
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# 27 septembre 2020 : Autumn Sweater

Voici les premiers jours d'automne, les premiers froids, la pluie et l'envie de s'auto-confiner avec une boisson réconfortante, du chauffage, de la bonne musique, un bon livre, film, jeu voire avec des amis autour d'un bon repas. Bref, c'est l'automne et voici le programme réconfortant de la semaine. Sans oublier le replay de la MAG #11 du 26/09.

Du côté de la musique :

"Echos" de Romain Humeau
"American head" de The Flaming Lips
"Grand écran" de Ensemble Triptikh
"Beethoven : op 109, 110, 111" de Fabrizio Chiovetta
"B.O. d'une scène de meurtre" première émission de la saison 2 de Listen In Bed
"Oiseau(x) scratch" de Luc Spencer
"Debussy" de Philippe Bianconi
"Tête Blême" de Pogo Car Crash Control
"XIII" de Quatuor Ardeo
et toujours :
"In and out of the light" de The Apartments
"Chrone EP" de Atrisma
"State of emergency" de Babylon Circus
"Nomadic spirit" de La Caravane Passe
"Règle d'or" de Marie Gold
"Berg, Webern, Schreker" de Orchestre National d'Auvergne & Roberto Forès Veses

Au théâtre :

les nouveautés :
"Le Grand Inquisiteur" au Théâtre national de l'Odéon
"Iphigénie" aux Ateliers Berthier
"Philippe K. ou la flle aux cheveux noirs" au Théâtre de la Tempête
"Le Grand Théâtre de l'épidémie" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Crise de nerfs" au Théâtre de l'Atelier
"Le Quai de Ouistreham" au Théâtre 14

"Les Pieds tanqués" au Théâtre 12
"Le nom sur le bout de la langue" au Théâtre de la Huchette
"La Folle et inconvenante Histoire des femmes" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
les reprises :
"Un Vers de Cid" au Théâtre Essaion
"Album de famille" au Studio Hébertot
"A la recherche du temps perdu" au Théâtre de la Contrescarpe
"Félix Radu - Les mots s'improsent" au Théâtre des Mathurins
"Contrebrassens" au Studio Hébertot
"Leonard de Vinci, naissance d'un génie" au Studio Hébertot
"J'aime Brassens" au Théâtre d'Edgar
et les spectacles déjà à l'affiche

Expositions :

la nouvelle saison muséale avec :
"Victor Brauner - Je suis le rêve. Je suis l'inspiration" au Musée d'Art Moderne de Paris
"Alaïa et Balenciaga - Sculpteurs de la forme" à la Fondation Azzedine Alaïa
"Pierre et Gilles - Errances immobiles" à la Galerie Templon
"Sarah Moon - PasséPrésent" au Musée d'Art Moderne de Paris

Cinéma :

en salle :
"L'Ordre moral" de Mario Barroso
at home :
"Drôles d'oiseaux" de Elise Girard
"Mise à mort du cerf sacré" de Yorgos Lanthimos
"Terror 2000 - Etat d'urgence en Allemagne" de Christoph Schlingensief
"Vers un destin insolite sur les flots bleus de l'été" de Lina Wertmüller
"Ruth et Alex" de Richard Loncraine

Lecture avec :

"Ici finit le monde occidental" de Matthieu Gousseff
"L'heure des spécialistes" de Barbara Zoeke
"Mémoires" du Général von Choltitz
"Porc braisé" de An Yu
"Portraits d'un royaume : Henri III, la noblesse et la Ligue" de Nicolas Le Roux
"Sublime royaume" de Yaa Gyasi

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