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Heaven Upside Down  (Loma Vista Recordings)  octobre 2017

Pas vraiment besoin de promo pour le nouvel album de Marilyn Manson, Heaven Upside Down, sorti le 6 octobre 2017 (Loma Vista Recordings) car depuis l’annonce d’une sortie initiale le jour de la Saint-Valentin d’un album qui devait s’appeler "SAY10" (jeu de mots avec Satan prononcé à l’américaine et 10 puisque dixième album), puis un silence radio synonyme de report, les actualités s’en chargent elles-mêmes.

Se sont succédés le décès de son père en juillet dernier, un accident sur scène en septembre causé par la chute d’un morceau de décor qui lui a cassé la jambe à New York, la mort de son ancien guitariste Scott Putesky alias "Daisy Berkowitz" en octobre, la prise de distance avec son bassiste Jeordie White alias "Twiggy Ramirez" accusé de viol et qu’il a rapidement congédié fin octobre et pour couronner le tout la mort du fameux tueur en série Charles Manson duquel il tire son nom de scène fin novembre. Des actualités plutôt funestes dans l’ensemble mais qui vont bien avec le personnage et son univers. Et histoire d’en rajouter un peu, quoi de mieux que d’inviter son pote Johnny Depp à participer à ses deux derniers clips (pas de plan marketing pour autant les deux compères sont réellement très proches, Marilyn Manson n’est autre que le parrain de sa fille Lily-Rose).

Sur la pochette de ce nouveau disque une double croix, genre croix de Lorraine inversée pour illustrer son "Paradis à l’envers" (ou "sens dessus dessous" selon la traduction qu’on choisit), un portrait en noir et blanc trois-quart face très sobre et un visage très pâle, à 100 lieues de ses premiers albums Antichrist Superstar ou Holy Wood à l’esthétisme beaucoup plus gothique.

Musicalement, on se rapproche de ces albums plus bruts, un retour aux sources après le succès critique de son prédécesseur The Pale Emperor plus apaisé, moins violent qu’à l’habitude avec parfois même des sonorités "blues". On est revenu à du métal plus frontal qui plaira peut-être davantage aux fans de la première heure. Pourtant, c’est bien le même Tyler Bates, compositeur de musique de films comme Les Gardiens de la Galaxie qui produit et joue de la guitare sur ce nouveau disque. L’acteur Manson l’avait d’ailleurs rencontré sur le tournage de la série Californication dont il composait la musique.

Le disque attaque très fort dès le début avec "Revelation #12", voix criarde sur les refrains, plus calme sur les couplets, un petit aspect punk avec ce rythme plus soutenu imposé par la batterie. On peut même apprendre à ses enfants à compter en anglais "one two three four five six seven eight nine ten, revelations come in twelve say it again", une bien belle rengaine qui n’aurait pas existé si l’album était sorti en février. Elle fait référence au chapitre 12 de l’apocalypse de Saint-Jean appelé "Livre de la Révélation" où il est fait mention d’un dragon à 7 têtes et 10 cornes qui combat contre l’archange Saint-Michel.

On connaissait déjà ses accointances avec le milieu du rap, entre son apparition surprise à un concert d’Eminem ou encore avec les déclarations du rappeur américain Lil Uzi Vert qui envisage une collaboration avec lui sur un album rock. Après s’être nourri des différentes collaborations sur des titres de rappeurs américains, c’est dans sa propre musique désormais qu’il recrache tout ce qu’il avait digéré. Dans "Tattoed in Reverse", il mélange habillement rap et sons industriels. On se rapproche d’un son "gansta-rap" et c’est LA réussite de l’album. En parlant de tatouage d’ailleurs, Johnny Depp et lui se sont tous les deux récemment fait tatouer un squelette représentant un arbre en référence aux Fleurs du mal de Baudelaire (c’est trop choupinou, on est copains de tatouages !). C’est d’ailleurs l’acteur de Pirates de Caraïbes qu’on retrouve tout de blanc vêtu dans le clip assez trash de "SAY10" avec un Marilyn Manson en noir, entourés de femmes assez dénudées, et une fin pleine d’hémoglobine. On est dans la même atmosphère gansta rap dans les couplets, et bien métal comme on aime sur le refrain. "You say God / I say Satan", blanc contre noir, Dieu contre Satan, un jeu de questions réponses s’installe entre les deux acteurs.

Johnny a apparemment plein de temps libre depuis son divorce puisque c’est encore lui qu’on retrouve dans le clip de "KILL4ME", titre beaucoup plus pop, style années 80, avec une basse ronde qui nous accompagne tout au long de cette question, "irais-tu jusqu’à tuer pour moi ?". Pour ne pas changer une équipe qui gagne, c’est encore avec des mannequins assez dénudés dans une sorte de plan à quatre qu’on retrouve les deux amis (c’est beau l’amitié !).

"We Know Where You Fucking Live", le titre sorti en amont de l’album, est un poil trop classique, petits sons flippants en fond sonore, couplets murmurés, et refrain hurlé on respecte le schéma habituel du rock industriel dans lequel il excelle, mais dans celle-ci jamais il ne se renouvelle.

Le clip nous sert cette fois des nonnes armées jusqu’aux dents qui viennent séquestrer, menacer et agresser sexuellement une famille BCBG. On est dans l’outrance, dans le blasphème, dans la violence et sous couvert de tout ça une critique de l’amérique puritaine.

Seconde chanson qui n’aurait pas existé si l’album était sorti à la date initiale, "Saturnalia" démarre par une petite intro où Marilyn Manson répète "This is Saturnalia" à l’envers (petit clin d’oeil à ces groupes de rock comme les Beatles qui avaient été accusés à une époque de cacher des messages sataniques qui se révélaient lorsqu’on passait les bandes à l’envers). La suite de l’écoute fait beaucoup penser à la période Mechanicals Animals, un titre assez glam, assez calme, et une voix quasi-robotique, la guitare électrique arrive par éclairs, et une explosion finale. Il tire son inspiration de la mythologie romaine, et des fêtes des Saturnales organisées sous l’antiquité romaine en l’honneur du dieu Saturne vers fin décembre (que la christianisation transformera en fêtes de Noël).

"JE$U$ CRI$I$" incorpore des choeurs d’enfants (ou des enfants de choeur) qui scandent le titre de la chanson de façon un peu militaire et sert de pont au milieu de cette chanson, il est aussi question de "Snow White Powder" histoire de rester plus ou moins dans le monde de l’enfance. Musicalement, le reste de la chanson me fait fortement penser à The Kills (notamment la batterie assez mécanique).

"Blood Honey" calme le jeu dans la tempête de cet album, elle est plus down-tempo et laisse une place à quelques notes inquiétantes au piano. "I’m drinking blood honey, i’m dripping blood honey", les paroles sont une référence au sang du Christ qu’il offre à boire (buvez, ceci est mon sang) et au sang qui goutte de son front couronné d’épines.

Dernière des trois chansons ajoutées après février, la chanson titre de l’album est classique et les solos de guitares sont un des intérêts principaux du morceau. "I can hear the scream of trumpets, Smell the ash and sulfur", fait référence aux trompettes de l’apocalypse, aux odeurs présentes près des cratères des volcans qui mènerait selon certaines croyances aux enfers.

"Threats of Romance" est présenté par Manson comme les crédits de l’album (au même titre que dans un film) et est guidé par un piano aux notes graves, qui accompagne parfois seul la voix de Manson qui est tellement intéressante et particulière quand il chante vraiment, qu’il est parfois dommage qu’elle se termine souvent en hurlements. Une belle ballade qui n’est pas sans rappeler son précédent album, on ne serait d’ailleurs pas contre quelques version acoustiques du genre de celles qui avaient été ajoutées en bonus tracks sur The Pale Emperor.

Richement documenté (Manson avait fait des études de journalisme), ce nouvel album qui foisonne de multiples références à Satan, à Dieu, à la Bible est très cohérent, et revient à un métal industriel dont le leader de Nine Inch Nails, Trent Reznor, qui avait produit leur premier album Portrait of an American Family ne serait pas peu fier. Malgré quelques moments de répit, le disque est majoritairement bien énervé et que ce soit sur la voix ou la guitare, on n’hésite pas à utiliser les bonnes vieilles recettes qui ont fait leur succès, tout en y incorporant quelques expérimentations nouvelles.

A 48 ans, l’Antichrist Superstar ne s’est pas calmé loin de là, après l’annulation de quelques dates après sa blessure à New York, c’est sur un fauteuil roulant qu’il est apparu pour la reprise du boulot à San Bernardino, et il a profité d’une chanson pour brandir son micro / arme factice vers le public, pas très malin quand on sait que cette ville avait été le théâtre d’une fusillade tuant 14 personnes en 2015, mais encore un moyen de faire parler de lui et de s’attirer les foudres des américains pourtant si attachés à leur port d’arme.

Le roi dans l’art de la provocation qui visiblement n’a vraiment aucune limite, était en représentation ce lundi 27 novembre à Bercy et est d’ores et déjà annoncé cet été au Download Festival, au Hellfest (où sera aussi The Hollywood Vampires, le groupe formé par Johnny Depp et Alice Cooper) ainsi qu'aux Arènes de Nîmes.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Marilyn Manson
Le Soundcloud de Marilyn Manson
Le Facebook de Marilyn Manson


Emmanuel Richard         
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# 15 juillet 2018 : Allons z'enfants !

On continue le tour des festivals avec les Eurockéennes et le Hellfest, mais aussi le Off d'Avignon et plein d'autres belles choses à découvrir tout de suite dans le sommaire de la semaine :

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Du côté de la musique :

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On démarre la revue des festivals avec le Hellfest où nous avons passé 3 jours de folie :
Vendredi au Hellfest avec Joan Jett, Meshuggah, Juda Priest, A Perfect Circle...
encore le Hellfest le Samedi avec Rise of the Northstar, Pleymo, Deftones, Dimmu Borgir...
et on fini le Hellfest le Dimanche avec Megadeth, Iron Maiden, Marilyn Manson...

changement de décor, Vendredi au Eurockéennes de Belfort avec Beth Ditto, Prophets of Rage, Nine Inch Nails...
toujours les Eurocks, la journée du samedi en compagnie de Truckks, Queens of the Stone Age, Jungle ... (et semaine prochaine, le dimanche)
retour sur les 4 jours au festival de Beauregard :
Vendredi avec Charlotte Gainsbourg, Orelsan, Jack White, MGMT...
Samedi avec Eddy de Pretto, Black Rebel Motorcycle Club, Simpl Minds...
Dimanche avec Parquet Courts, The Breeders, At the Drive In, Bigflo & Oli...
et le bouquet final du lundi avec Depeche Mode, Girls in Hawaii et Concrete Knifes
et toujours :
"The symphonies" de Arvo Part
"Chambre noire" de Alexandre Nadjari
"What we've drawn" de Fuzeta
"Avec du noir avec du blanc" de Olivier Depardon
Shaggy Dogs en interview autour de leur album "All Inclusive"
"Murmures" de Tom Bourgeois

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Italienne, Scène et Orchestre" à la MC 93 à Bobigny
"Bohême, notre jeunesse" à l'Opéra Comique
"Les Liaisons dangereuses" au Théâtre de Nesle
"Dîner de famille" au Théâtre d'Edgar
"Seconde chance" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
dans le cadre du Festival au Village à Brioux-sur-Boutonne :
"Les Gravats"
"Au Banquet de Gargantua"
les chroniques des spectacles programmés au Festival Off d'Avignon
et les chroniques des spectacles à l'affiche pour l'été parisien

Expositions avec :

"Kent Monkman - Beauty and the Beasts" au Centre Culturel Canadien
et la dernière ligne droite pour :
"Mary Cassatt - Une impressionniste américaine à Paris" au Musée Jacquemart-André
"Corot - Le Peintre et ses modèles" au Musée Marmottan-Monet

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Paul Sanchez est revenu !" de Patricia Mazuy
"Penché dans le vent!" de Thomas Riedelsheimer
dans la catégorie Oldies but Goodies en version restaurée :
"Les Dames du Bois de Boulogne" de Robert Bresson
"Laura nue" de Nicolo Ferrari
les chroniques des sorties de juin
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Lecture avec :

"Génocide(s)" de Kazuaki Takano
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"Réveille-toi !" de François Xavier Dillard
"Le président a disparu" de Bill Clinton et James Patterson
"Sur un mauvais adieu" de Michael Connelly
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"Taqawan" de Eric Plamondon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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