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Too Many Things to Light  (L?Art Scène Prod / Inouïe Distribution)  décembre 2017

Vois-tu lecteur, l’Alsace, où je puise mes lointaines racines est essentiellement associée à la choucroute, au Ballon (pas de foot mais le massif montagneux) et toutes ces succulentes spécialités culinaires.

Et bien oublie tout ça, parce que c’est aussi le berceau de pléthore de bons groupes (je ne vais pas tous les énumérés ici, tu n’avais qu’à suivre) mais c’est aussi le berceau, oublié malheureusement, du blues. Tu ne me crois pas ? Tu as tort…

Aujourd’hui, je suis venu d’entretenir de l’album des Black Cat Crossin', le bien nommé Too many Things to light, un bon "vieil" album de blues rock.

L’album s’ouvre sur un morceau a capella et un univers clairement blues. S’ensuit une avalanche de décibels et "Rockafeller Shake" t’explose en bouche, comme un bon vin, tout doux puis il délivre tous ses aromes et ses subtilités. Ben là, c’est pareil avec des notes à la place du vin. Tu suis ma pensée tortueuse ? Je suis fan des claviers, de cette rythmique parfaitement maîtrisée, des guitares juste comme il faut. Rien de clinquant, non, c’est du old school. Parfois clairement blues, parfois plus rythm and blues…

Les 5 musiciens (oui, pas de machines, c’est du fait maison, entre amis, c’est vintage) se baladent depuis pas mal de temps sur les scènes de France et nous offrent 11 titres de blues-rock-folk, même si je déteste les étiquettes, il en faut bien une ou deux ou trois pour que tu vois de quoi je parle.

On passe à un blues rock nerveux, "The Sun (has Too many Things to light)", qui balance des hanches, te rappelle ces pin up fifties, avec les collants à couture, qui d’un regard te transportent sur un autre continent, à un blues digne d’un club enfumé, "May 1968", avec cette atmosphère que j’affectionne, des nappes de claviers, une voix élevée au bio, et les Français maîtrisent parfaitement leur sujet. Pas de fausses notes. Nous ne sommes pas dans une imitation, non, nous sommes dans le vrai.

Pourtant, il ne faudrait pas oublier les fondamentaux et on repart sur "Pape Mache Boy" et son piano nerveux, ses riffs et tu tapes du pied, que tu le veuilles ou non. Pour moi là c’est du rock, c’est… bon ! Voilà, c’est juste bon. Tu voyages dans ces univers musicaux si proches qu’ils en sont inséparables, blues, rock, folk.

Tu sens le travail de l’artisan, qui te façonne une mélodie et t’embarque dans son univers. Et tu continues le voyage, les titres s’enchaînent, redoutables d’efficacité et les filles ondulent des hanches, les mecs tapent du pied, on se tourne autour, sans louvoyer pour autant, on est là par amour de la musique et du sacro saint rock’n’roll et ce n’est pas "Little Red Book" qui me contredira, avec sa guitare tout en finesse. Cette guitare star au début de "Nothing Grows", accompagnant le chant et les claviers qui restent tellement bons.

Les Black Cat Crossin’, ce sont 5 vrais bons musiciens, qui jouent ensemble depuis 2013 et qui, avant de te proposer cette pépite, ont joué des standards. Ils voulaient décortiquer des vieilles pépites blues, les dépoussiérer et se les approprier. Très rapidement, ils ont évolué vers leurs propres compositions et ont sorti un EP. Puis, en 2016, ils ont posé leurs valises afin de composer cet album. Ils ont la volonté d’approfondir les arrangements avec précision et de proposer un album solide.

Je dis ils, mais qui sont-ils ? Black Cat Crossin’, c’est Stéphane au chant, Jérémy à la guitare et aux chœurs, Théo à la basse et aux chœurs, Alexis aux claviers et aux chœurs et Anthony à la batterie et aux chœurs également. Mais je m’égare, revenons en plutôt à cet album.

La touche folks, que revendique le groupe est pleinement assumée dès le début de "Jump for Joy". Ce titre tient de Dylan, mais un Dylan jeune, gaillard plein de fougue ! D’ailleurs, l’harmonica ne fait que confirmer cette impression. La voix me fait penser un peu à Johnny Cash. Attention hein, ce sont des sensations, des flashs, en aucun cas une vérité que je t’assène là.

De retour dans un monde de rythm and blues, "The Moan", guitare, claviers, rythmique et voix qui déchire tout. Mon titre préféré (oui sûrement que tu t’en fous, mais voilà, c’est moi le chroniqueur et toc !). Je l’adore parce qu’un coup la locomotive s’arrête, tu te remets de tes émotions et bim, ça repart, ça se recalme. De vraies montagnes russes musicales et une putain de voix.

Comme tu l’auras compris, cet album fait la part belle aux claviers et ça je ne vais pas m’en plaindre, surtout quand c’est traité de cette façon. S’ensuit deux bons titres blues "Out of Business" et "Sea Shell". Et un final, comment dire… surprenant. Je ne veux pas tout te révéler, mais écoute bien ce titre caché. Il serait dommage que tu passes à côté.

On pourrait craindre un excès dans un sens ou un autre pour "faire" authentique, mais tu sens dès les premières notes et jusqu’à la toute dernière, que ces musiciens n’ont pas besoin de faire, ils sont authentiques et sincères !

L’album est sorti le 8 décembre, le jour des illuminations et sans faire dans le grandiloquent ou le pseudo spirituel, j’espère que la lumière (et tu sais de quoi je parle) va les guider longtemps sur le chemin d’un succès et d’une reconnaissance bien mérités.

Au final, tu l’auras compris cet album est un incontournable pour tout fan de blues, rock et autre musique du diable qui se respecte. C’est vraiment une très belle découverte, ce pour quoi j’adore écouter de la musique, être dans ma zone de confort et être bousculé à la fois et j’espère vraiment que ces cinq gaillards vont nous assener leur musique très longtemps !

 

En savoir plus :
Le site officiel de Black Cat Crossin'
Le Bandcamp de Black Cat Crossin'
Le Soundcloud de Black Cat Crossin'
Le Facebook de Black Cat Crossin'


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"Le Pouvoir" au Théâtre de Ménilmontant
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Exposition avec :

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"Giacometti - Entre Tradition et Avant-garde" au Musée Maillol

Cinéma avec :

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"Wine Calling" de Bruno Sauvard
Ciné en bref avec :
"A Star is born" de Bradley Cooper
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Lecture avec :

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