Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Bad Tripes
Les contes de la Tripe  (Bad Tripes Productions)  novembre 2017

Vois-tu lecteur, parfois, nous chroniqueurs, êtres faits de chair et de sang, avons des failles et nous nous heurtons au syndrome de la feuille blanche. Aussi improbable cela puisse-t-il paraître. Tu ne me crois pas ? Tiens, moi par exemple, j’avais en tête de t’écrire une belle chronique digne de l’album de Bad Tripes, mais rien ne venait.

J’avais commencé comme ça : "Ah lecteur, aujourd’hui je vais te glacer le sang, te faire peur, t’effrayer avec l’album de Bad Tripes le bien nommé : Les contes de la Tripe." Puis plus rien ! En même temps, on ne va pas se mentir, ce début était bien médiocre. Horreur et damnation, que se passait-il donc ? J’avais déjà certes rencontré des difficultés à écrire des chroniques mais la plupart du temps, c’est quand l’album ou l’artiste ne m’emballe pas plus que ça. Or là, ce n’est absolument pas le cas.

J’en étais arrivé à me résoudre à me rendre à un croisement, par une sombre nuit de pleine lune afin d’offrir mon âme au malin, égorger un poulet ou brûler un portrait de Jul pour m’attirer les faveurs d’un esprit métallique démoniaque quelconque quand soudain, la vérité m’apparut, nue comme un vers : j’étais victime d’un ensorcellement ! C’est tellement limpide, je m’étais laissé avoir, comme un débutant, par le chant des sirènes ! Tout le monde imagine, à tort d’ailleurs, que les sirènes t’envoûtent par un chant doux et mélodieux. Erreur grave. Leur chant est certes mélodieux, mais pourquoi doux ?

Chacun entend le chant auquel il est sensible et c’est cela que l’album de Bad Tripes avait fait : il m’avait envoûté. Une voix mélodieuse capable de te glacer le sang subitement. S’insinuant en toi, tel un doux venin, prenant possession de ton esprit et y demeurant en permanence. Non seulement la chanteuse Hikiko Mori est belle (normal tu me diras, c’est une sirène) mais en plus elle est capable de t’envoûter par son chant allant puiser dans de nombreux registres. Tu me diras : "rhô l’autre, il se laisse envoûter par une fille, rhô le faible, il ne mérite pas la vie effectivement".

Que nenni. Déjà, elles sont deux sirènes à sévir dans Bad Tripes (Kami, et sa basse, seconde dignement Hikiko) et elles sont assistées par deux barbares, achevant leur triste besogne, sans pitié, à coups de riffs de guitares démentiels délivrés par Seth, le Maître-Hibou et à grands coups de double grosse caisse, imparable, que t’assène Siger, le carcajou-garou ! J’ai lutté, invoqué le grand esprit du rock’n’roll et c’est le visage ruisselant de sueur que te voilà livrée cette chronique, enfantée dans la douleur, qui m’auras entrainé dans un monde sombre, poétique et onirique.

Dès la pochette, tu rentres dans cette ambiance de films d’horreurs, de sexe et de sang,  brillamment inspirée des Contes de la crypte. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une série télé des années 90, elle même inspirée par le comics des années 50 de William Gaines paru chez EC Comics.

Le livret est magnifique. Chaque musicien est présenté, mis en valeur dans une affiche de film, en rapport avec sa personnalité, ses goûts. Tu me diras, c’est bien beau tout ça, mais et la musique dans tout ça !

Le groupe propose un métal décapant, d’excellente facture : double grosse caisse à foison, guitare et basse sont au top et le chant… Hikiko Mori nous offre une palette plus que large allant d’un chant mélodieux, doux, plongeant parfois dans les graves à un chant survitaminé, elle a un sacré coffre la gisquette (oui enfin la demoiselle).

Le premier titre, l’instrumental "Moteur, action !" pose clairement le décor. Déboule "Fuck me Freddy", une référence très claire à la série de films Les griffes de la nuit (au cas où tu ne connaitrais pas ou n’aurais pas compris, mais tu es un lecteur assidu donc ta culture est sans fin), parfaite démonstration des capacités vocales d’Hikiko. Elle susurre sa douce mélodie puis hurle sa douleur, crescendo.

"Hansel" (dont le clip, qui vient de sortir, est une pépite) et "Gretel", que l’on retrouve plus loin, nous offrent une revisite du conte pour enfants, sans fioritures, et à la sauce Bad Tripes, épicée et pleine de sang. Ce qui fait la force de ce groupe ? Un chant en Français, entre poésie, lyrisme et horreur, mis en valeur par un métal dynamique et épique.

Le sujet du harcèlement sexuel et des producteurs peu scrupuleux semble être abordé dans "Elizabeth" mais c’est plus profond que cela et là, il va te falloir faire des recherches parce que c’est aussi et surtout l’affaire du Daliah Noir et que je ne vais te mâcher tout le travail !

Nous pénétrons avec eux dans un univers baroque, sado-maso et horrifique. Il est question de femmes enfants dans "Baby Porn", et nous sommes loin de l’univers aseptisé et gnangnan des lolita, avec Bad Tripes c’est droit dans le lard ! Le titre t’assène des uppercuts et te défonce. Puis "L’ogre de barbarie" finit de t’achever, musicalement toujours dans cette veine de métal baroque et les paroles abordent le douloureux sujet du viol et de la pédophilie, mais avec Bad Tripes cela ne peut être juste une dénonciation, non, ça serait trop simpliste, il faut forcément que les victimes, comme Hansel et Gretel, prennent leur revanche. Et ça va saigner !

Derrière un style faussement grandiloquent se cachent des histoires et des paroles recherchées, t’amenant à explorer la part la plus sombre de l’espère humaine. Les références au cinéma sont multiples, parfois juste effleurées, comme dans "Car nous sommes nombreux", très beau texte influencé par L’Exorciste. Et si par chance, tu as un peu d’intérêt pour ce genre cinématographique, je te conseille le clip, lui aussi extraordinaire de "La bouchère de Hanovre", hommage à peine voilé à l’univers de Delicatessen. Ce bijou a été réalisé par Bat’Art Productions. Et il mérite le déplacement.

Tu croyais avoir morflé, attends, ne te repose pas trop vite, ils en ont encore sous le pied… Les titres "Dame éléphant", "Les rendez-vous de la bête" (tu vas voir, on se croirait un peu dans le Muppets Show, mais version interdite aux moins de 18 ans) et "Sombre Pigalle" abordent tour à tour le sexe, la violence, la luxure… Et oui, parce que finalement c’est ça Bad Tripes, un voyage aux confins de la violence, de la folie et de la part sombre, cachée plus ou moins au fond de chacun de nous.

Tu l’auras compris, je suis tombé sous le charme de ce groupe et de son univers. C’est vraiment un très bon album à l’image du groupe. Fais comme moi, abandonne-toi au chant des sirènes, laisse les riffs envahir ton organisme, les lignes de basse prendre possession de ton cerveau, la double caisse claire devenir ton rythme cardiaque. Et surtout, c’est Noël dans quelques jours, tu n’as plus d’excuse, tu as le cadeau parfait à offrir et à t’offrir.

Euh au fait, j’ai discuté avec Hikiko, alors ne pars pas trop vite et découvre en plus sur Bad Tripes.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

L'interview de Bad Tripes (décembre 2017)

En savoir plus :
Le site officiel de Bad Tripes
Le Bandcamp de Bad Tripes
Le Facebook de Bad Tripes


Cyco Lys         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 15 juillet 2018 : Allons z'enfants !

On continue le tour des festivals avec les Eurockéennes et le Hellfest, mais aussi le Off d'Avignon et plein d'autres belles choses à découvrir tout de suite dans le sommaire de la semaine :

Froggeek' s Delight :

"Detroit : Become Human" de Quantic Dreams sur PS4
La mode du Battle Royale va-t-elle tuer la créativité
dans le jeu vidéo ?

Du côté de la musique :

"Cover me session" de Hugo
On démarre la revue des festivals avec le Hellfest où nous avons passé 3 jours de folie :
Vendredi au Hellfest avec Joan Jett, Meshuggah, Juda Priest, A Perfect Circle...
encore le Hellfest le Samedi avec Rise of the Northstar, Pleymo, Deftones, Dimmu Borgir...
et on fini le Hellfest le Dimanche avec Megadeth, Iron Maiden, Marilyn Manson...

changement de décor, Vendredi au Eurockéennes de Belfort avec Beth Ditto, Prophets of Rage, Nine Inch Nails...
toujours les Eurocks, la journée du samedi en compagnie de Truckks, Queens of the Stone Age, Jungle ... (et semaine prochaine, le dimanche)
retour sur les 4 jours au festival de Beauregard :
Vendredi avec Charlotte Gainsbourg, Orelsan, Jack White, MGMT...
Samedi avec Eddy de Pretto, Black Rebel Motorcycle Club, Simpl Minds...
Dimanche avec Parquet Courts, The Breeders, At the Drive In, Bigflo & Oli...
et le bouquet final du lundi avec Depeche Mode, Girls in Hawaii et Concrete Knifes
et toujours :
"The symphonies" de Arvo Part
"Chambre noire" de Alexandre Nadjari
"What we've drawn" de Fuzeta
"Avec du noir avec du blanc" de Olivier Depardon
Shaggy Dogs en interview autour de leur album "All Inclusive"
"Murmures" de Tom Bourgeois

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Italienne, Scène et Orchestre" à la MC 93 à Bobigny
"Bohême, notre jeunesse" à l'Opéra Comique
"Les Liaisons dangereuses" au Théâtre de Nesle
"Dîner de famille" au Théâtre d'Edgar
"Seconde chance" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
dans le cadre du Festival au Village à Brioux-sur-Boutonne :
"Les Gravats"
"Au Banquet de Gargantua"
les chroniques des spectacles programmés au Festival Off d'Avignon
et les chroniques des spectacles à l'affiche pour l'été parisien

Expositions avec :

"Kent Monkman - Beauty and the Beasts" au Centre Culturel Canadien
et la dernière ligne droite pour :
"Mary Cassatt - Une impressionniste américaine à Paris" au Musée Jacquemart-André
"Corot - Le Peintre et ses modèles" au Musée Marmottan-Monet

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Paul Sanchez est revenu !" de Patricia Mazuy
"Penché dans le vent!" de Thomas Riedelsheimer
dans la catégorie Oldies but Goodies en version restaurée :
"Les Dames du Bois de Boulogne" de Robert Bresson
"Laura nue" de Nicolo Ferrari
les chroniques des sorties de juin
et les chroniques des autres sorties de juillet

Lecture avec :

"Génocide(s)" de Kazuaki Takano
"Le dernier tableau de Sara de Vos" de Dominic Smith
"Réveille-toi !" de François Xavier Dillard
"Le président a disparu" de Bill Clinton et James Patterson
"Sur un mauvais adieu" de Michael Connelly
et toujours :
"Histoire du fascisme" de Frédéric le Moal
"Jesse le héros" de Lawrence Millman
"Taqawan" de Eric Plamondon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=