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The Organ - Colder - The Raveonettes - The Cure - !!!  (Fort de Saint Père (Saint Malo))  13 août 2005

Pour cette deuxième journée ensoleillée au Fort de Saint Père, tout en haut de l'affiche, le seul, l'unique, le mythique The cure pour sa seule date française.

Rien que cela valait la peine du déplacement de hordes de fans ultimes de l'hexagone comme d'outre-Manche.

Mais, il ne faut pas oublier le groupe qui monte, The Raveonettes et les nouveaux qui frappent à la porte.

The organ

Le premier concert est celui de The Organ, quintet féminin canadien, dont le premier album Grab that gun vient de sortir en France et dont c'est la première date en France.

Programmation évidente le jour du concert de The Cure qui figure parmi une des influences majeures de cet album cocktail particulièrement réussi de new wave et de post-punk qui est une vraie réussite.

Ce groupe de post riot grrl a choisi le son des 80's de The Cure et des Smiths pour nous asséner des fulgurances nostalgiques et désenchantées sans appel, des morceaux concis et efficaces que l'on retrouve fidèlement en concert même si les influences précitées semblent moins prégnantes en live.

Parmi les musiciennes très statiques, seule la chanteuse Katie Sketch , au physique androgyne qui n'est pas sans rappeler, en brune, Natacha de AS Dragon, et à la voix et la scansion singulière bouge sur scène.

Certains regretterons sans doute le côté non "spectaculaire" du concert et gloseront sur le fait que le concert ne soit "que" l'interprétation live de l'album. Il est patent que le format et le registre choisis par The Organ ne peuvent se prêter à des divagations d'interprétation.

D'autant que si du fait de son jeune âge, Katie Sketch n'est pas encore aussi charismatique que Morrissey, elle manifeste un potentiel et une présence dont il ne faut pas faire abstraction.

Il n'en demeure pas moins un très bon concert et des morceaux comme notamment "Love, love", "Brother" ou "Memorize th city" ont su, de plus, capter l'attention du public.

Il est donc impératif de revoir ce groupe en live peut être dans un cadre plus intimiste.

>>>La conférence de presse de The Organ

Colder

Projet du français Marc Nguyen Tan, Colder œuvre dans la cold-wave et l'électro dub allemand sur lesquelles il pose sa voix atone et sa silhouette impassible.

Si l'on passe le premier cap de l'apesanteur un peu réfrigéré qu'il nous impose, on peut découvrir des compositions originales qui alternent entre minimalisme et préciosité.

Cela ajouté au format des morceaux militent en faveur de concerts dans des endroits plus intimistes même si le concert s'achève avec des morceaux plus noisy qui interpellent davantage le public.

Une bonne raison de se montrer curieux et découvrir son 2 ème album Heat.

>>>La conférence de presse de Colder

The Raveonnettes

Les danois Sune Rose Wagner, guitare-chant, et Sharin Foo, basse-chant, ont créé The Raveonettes, un groupe de rock garage qui suit un dogme en 3 points : 3 minutes par titre, 3 accords, si mineur. Devenu quintet, le groupe est venu présenter ce soir au complet leur dernier album en date, dont la sortie en France se fait attendre (fin septembre à priori), Pretty in black.

Le groupe a bien changé depuis leur premier album Whip it on. Les titres courts et incisifs à la Jesus and Mary Chain, noisy à souhaits et reluquant vers le rock'n'roll des 60's à fait place à des titres plus ouverts même si les années 60 ne les ont pas lachés.

 

Ce soir le concert sera un mélange de ces nouveaux titres, dont certains enregistrés avec des pointures des années 60 telles que Moe Tucker du Velvet Underground ou encore Ronnie Spector elle-même.

 

Mélange de chansons rock sucrées et de sons plus noisy, les Raveonettes, comme pas mal de groupes lors de ce festival nous offre un show en forme de best of (déjà malgré qu'ils n'aient que 3 albums à leur actif), avec suffisamment d'anciens titres pour que le public sache se repérer et quelques nouveaux afin de lui donner l'eau à la bouche.

La présence de 3 vrais musiciens en plus des deux leaders du groupe permet à la musique des Raveonettes de s'ouvrir, de s'épanouir, les bandes préenregistrées étant reléguées au placard.

Un concert forcément trop court, mais les Raveonettes seront les bienvenus pour présenter en tournée leur Pretty In Black qui s'annonce comme un classique du genre.

The Cure

Ne réveillons pas les morts !

Le public est venu nombreux, et pas seulement composé de clones gothico-new fétish pas chic qui ont arboré leurs plus jolis haillons et équipements capillaires, pour l'unique pélerinage en France du millésime 2005 de The Cure.

Si Robert Smith fait ses balances en Tshirt noir et bermuda, il revêt ses plus beaux atours pour se présenter devant les fidèles, tout de noir vêtu, petit nœud bleu, imposant, visage livide, masque mortuaire.

Bob devenu sa propre caricature, preuve d'un grand sens de l'autodérision, devant des musiciens qui en font des tonnes : un guitariste au pull dont les manches imitent des tatouages,un bassiste qui esquisse des pas de danse stéréotypés avec ses croquenots goth ou enfourchant son instrument dans une pose qu'il veut suggestive.

Le concert dure près de 2 heures. Il paraît long, interminable, comme une litanie qu'on récite par coeur sans même se soucier du fond. Une grande messe avec ce que cela comporte de convenu.

Curieusement, ce ne sera qu'au second rappel, quand il jouera ses tubes incontournables, "10:15 saturday night" et bien sûr "Boy's don't cry", 2 titres qui ont plus d'un quart de siècle c'est tout dire sans lesquels The Cure en serait pas The Cure, une fois le maquillage fondu épongé, qu'il retrouvera son vrai visage humain, un peu bouffi mais humain, et qu'il sourira.

>>> La conférence de presse de Robert Smith au Festival International de Benicassim 2005

! ! !

La soirée va s'achever avec des points d'exclamation qui vont faire chavirer le Fort de Saint Père.

Voir et écrire sur ! ! !, groupe américain au nom imprononçable, est un véritable régal et le point d'exclamation qu'il a pris pour emblème est particulièrement judicieux même s'il leur a été inspiré par la traduction des claquements de langue des bushmen dans le film "Les dieux sont tombés sur la tête" de Jamie Uys.

Né du croisement improbable de 2 groupes pratiquant le disco (The Black Liquorice) et le punk (Popesmashers), les 7 musiciens de ! ! ! pratiquent un rock punk percussif particulièrement sophistiqué qui casse la baraque !

Sur scène, leur set relève autant du délire que de l'hystérie, de la compulsion que de la démence, du dance floor que de l'expérimentation, un peu dans la même veine que les Go Team passés récemment au Printemps de Bourges mais en vitesse surmultipliée.

Et là où ils sont particulièrement forts, c'est que sous couvert de ce qui pourrait apparaître de prime abord, et surtout d'une oreille distraite, une épouvantable cacophonie de potaches, ! ! ! fait dans la performance scénique et dans le brio technique.

Et le chanteur, Nick Offer, en mocassin, Tshirt et short, est à la démesure de l'ensemble. Il ne reste pas une seconde en place, saute, chante, danse, crie, marche, va slamer dans le public, monte sur les pylones, ahane, harangue, hurle, apostrophe pendant que les montées en puissance des beats

Spécale dédidace au batteur, au look Grandaddy, qui se révèle aussi bon showman et chanteur, se rapprochant de Beck période Midnight Vulture.

Sorte de machine sonique à exploser les tympans et arracher les cordes vocales, ! ! ! impose ses déflagrations soniques qui tireraient de la léthargie même Robert Smith en plein concert de The Cure.

La rythmique semblent tenues par les cordes alors que les percussions s'autorisent toutes les fantaisies sans aucune limite, les musiciens échangeant leur poste, les uns finissant un morceau commencé par un autre. Deux yeux ne suffisent pas à tout voir car en plus tout va très très vite !

A 3 heures du matin, le groupe réussit à transformer le fort de Saint Père en véritable dance floor sur laquelle même les bénévoles de la croix blanche se sont laissés entraîner.

C'est totalement jouissif et roboratif. Pas la peine de prendre de l'ectasy ou de s'énerver sur son cubi de gros rouge. Vous reprendrez bien un peu de ! ! ! ?

 

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Crédits photos : Fred (Plus de photos sur Taste of Indie )


        
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# 23 juin 2019 : Un festival de festivals

On vous parle bientôt du Hellfest, on vous parle déjà du Magnifique Society, on va partir au festival de Beauregard... bref, c'est l'été, la saison des festivals et on va vous tenir compagnie tout l'été, histoire de vous rafraichir les idées pendant que votre corps suera à grandes eaux sous le soleil caniculaire. Voici le programme de la semaine.

Du côté de la musique :

"Une clairère" de Jérôme Minière
"Cheval fou" de Marie Claire Buzy
"Le pas de côté" de Matthieu Malon
"Trust in the Lifeforce of the Deep Mystery" de The Comet Is Coming
"Years to burn" de Calexio & Iron and Wine
"Tutto va vene" de Alex Rossi
"The coffin train" de Diamond Head
"Black Haze" de Lloyd
Compte rendu du Magnifique Society à Reims :
- Vendredi avec Delgrès, Franz Ferdinand, The Fat White Family...
- Samedi avec Pond, Bagarre, Sebastian etc.

et toujours :
"Frescobaldi : Toccate e partite d'intavolatura di cimbalo, libro primo" de Christophe Rousset
"Ravel l'exotique" de Ensemble Musica Nigella & Takénori Némoto & Marie Lenormand & Iris Torrosian & Pablo Schatzman
"Rouen dreams" de Jean-Emmanuel Deluxe & Friends
"Antonio Salieri : Tarare" de Les Talens Lyriques & Christophe Rousset
"N'obéir qu'à la terre" de Louise Thiolon
"... Ni précieuse" de Malakit
"Différent" de Monsieur
"Women's legacy" de Sarah Lenka
"At the end of the year" de Thomas Howard Memorial
"Génération guerre sainte" de Torquemada

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Why ?" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Les Evaporés" au Théâtre de la Tempête
"Elle voit des nains partout !" au Café de la Gare
"Nous deux et personne d'autre" au Lavoir Moderne Parisien
"Roger, Roger et Roger" au Café de la Gare
"Olympicorama - Epreuve n°2 : Le disque" à la Grande Halle de La Villette
"Comment épouser un milliardaire" à la Nouvelle Seine
et la chronique des spectacles à l'affiche en juin

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour "Rouge - Art et Utopie au pays des Soviets" au Grand Palais

Cinéma :

les films de la semaine :
"Natan, le fantôme de la rue Francoeur" de Francis Gendron
Oldies but Goodies avec "L'Age d'or" de Luis Bunuel
et la chronique des films à l'affiche en juin

Lecture avec :

"Avis de décès" de Zhou Haohui
"L'évasion du siècle" de Brendan Kemmet
"La lame" de Frédéric Mars
"La solitude Caravage" de Yannick Haenel
"Malamorte" de Antoine Albertini
et toujours :
"Au péril de la mer" de Dominique Fortier
"Etre soldat de Hitler" de Benoit Rondeau
"La nation armée" de André Kaspi
"Le karaté est un état d'esprit" de Harry Crews
"Le rêve de la baleine" de Ben Hobson
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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