Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne
Théâtre du Vieux Colombier  (Paris)  janvier 2018

Comédie dramatique de Jean-Luc Lagarce, mise en scène de Chloé Dabert, avec Cécile Brune, Clotilde de Bayser, Suliane Brahim, Jennifer Deckert et Rebecca Marder.

"J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne", deuxième opus, entre "Juste la fin du monde" et "Le Pays lointain" de la trilogie ultime de Jean-Luc Lagarce qu'il qualifie de "lente pavane des femmes autour du lit d’un jeune homme endormi " s'ordonne autour d'une déclinaison du thème récurrent d'un hypothétique retour d'un fils/frère depuis longtemps "disparu".

Un quintet féminin composé d'une femme âgée, de la mère et des trois soeurs du fils, qui n'est jamais nommé autrement que comme "le jeune frère" ou plus anonymement comme "celui-là", se livre à un psychodrame qui tourne en boucle, comme l'écriture circulaire de Lagarce, et avorte toujours sur le chemin de la résilience.

Car le travail mnésique rétrospectif organisé de manière kaléidoscopique émane de personnages qui oralisent davantage pour elles-mêmes que pour les autres, n'écoutent pas et ne sont pas écoutés ce qui aboutit à des pseudo-scènes dialoguées résultant de la juxtaposition de soliloques en forme de flux de pensée.

Le traitement polyphonique de cette situation par ailleurs proche de celle de "L’Intruse" de Maurice Maeterlinck, qui entre en résonance davantage avec "Les Vagues" de Virginia Woolf que "Les Trois soeurs" d'Anton Tchekhov, même si citées par l'auteur, s'affranchit donc des procédés dramatiques conventionnels.

Chloé Dabert, comme dans d'autres de ses mises en scène, telle par exemple celle récente de "L'abattage rituel de Gorge Mastromas" de Dennis Kelly, n'officie pas dans ce registre "éthéré" - cependant esquissé par le décor de Pierre Nouvel certes "classieux" à l'opposé du substrat social lagarcien, qui symbolise, avec des cimaises de tulle blanc, le squelette d'une maison fantôme propice à la projection mentale - pour réimplanter la partition dans le réalisme démonstratif .

Si Cécile Brune, dans le rôle de l'aieule, semble absente, Clotilde de Bayser campe une mère à l'exubérance hystérique quand elle parle du retour d'un fils que la faiblesse ou la maladie ramènerait à un état de dépendance maternelle et, dans le rôle de la fille cadette, réduite à la bougonnerie infantile, Rebecca Marder se répand en démonstration d'humeurs avec force pleurnicheries qui nuisent à l'audibilité même de son discours.

Seules Suliane Brahim et Jennifer Decker parviennent à délivrer ce qui caractérise la musique du verbe lagarcien. Avec le naturel du jeu de Jennifer Decker, son personnage semble être l'avatar jeune de la fille aînée ce qui introduit la confusion des temporalités pratiquées par Jean-Luc Lagarce.

Et exceptionnelle s'avère la prestation de Suliane Brahim qui, tout au long de l'opus garde une très juste unité de ton qui ne fait pas obstacle à la délivrance, en filigrane et avec une éloquence sensible, des émotions du personnage et suscite l'émotion du spectateur.

 

MM         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 18 août 2019 : Au rythme des vacances

Petite édition toute en légèreté mais avec quelques belles choses à découvrir notamment pas mal de livres de la rentrée littéraire et une session du Flegmatic pour vous rafraichir les idées. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Time for a change" de Pokett
"Tone of musette" de Le Balluche de la Saugrenue
"Symi" de Symi
Une autre interview de Inspector Clouzo à Terre de sons, après notre rencontre avec The Inspector Clouzo lors de leur passage à Foreztival
et toujours :
"Onda" de Jambinai
"Fire" de Part Time Friends
"Simon Chouf & le Hardcordes trio" de Simon Chouf
"EP n°1" de The Reed Conservation Society

Au théâtre :

une nouveauté :
"What is love" au Théâtre de la Contrescarpe
des reprises
"La Chute" au Théâtre de la Reine Blanche
"Le corps de mon père" au Théâtre Essaion
"Louise Weber dite La Goulue" au Théâtre Essaion
et la chronique des spectacles à l'affiche en août

Expositions avec :

"Champs d'amours - 100 ans de cinéma arc-en-ciel" à l'Hôtel de Ville
et dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - L'Aventure de la Beauté" au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme

Cinéma avec :

"Roubaix, une lumière" de Arnaud Desplechin
"Thalasso" de Guillaume Nicloux
et Oldies but Goodies avec "Paris est toujours Paris" de Luciano Emmer en version restaurée

Lecture avec :

"Cavalier seul" de Fred & Nat Gévart
"Ce qu'elles disent" de Miriam Toews
"Cent millions d'années et un jour" de Jean Baptiste Andrea
"Chaque fidélité" de Marco Missiroli
"Où bat le coeur du monde" de Philippe Hayat
et toujours :
"Koba" de Robert Littell
"Back up" de Paul Colize
"La grande escapade" de Jean Philippe Blondel
"Un peu de nuit en plein jour " Erik L'Homme
"Une bête au paradis" de Cécile Coulon
"Une joie féroce" de Sorj Chalandon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=