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Album éponyme  (Wagram)  février 2005

Pauline Croze a fait une timide apparition presque anonyme au Festival des Inrocks 2004. Quatre morceaux guitare-voix, coincée devant le rideau en bord de scène pour un intermède pendant que derrière s'affairaient les roadies pour le changement de matériel.

Et pourtant, elle a su capter l'attention. Oh rien de tangible, pas d'esbroufe, pas de contorsion conceptuelle, pas de glamour, pas de pépiement de Lolita. Une voix profonde et un peu éraillée, une présence et des textes à couper le souffle ("T'es beau", "Je suis ivre")

Février 2005, elle sort son premier album éponyme qui s'avère être particulièrement réussi et remarquable dans lequel elle parle d'elle, de ses amours d'hier et de ses rages de toujours. Pauline Croze n'est pas une tiède aux chabadas gentillets et consensuels.

Elle refuse la pression sociétale qu'elle vise les jeunes ("Jeunesse affamée" "Jeunesse affamée de demain, Au travers des marques, des codes et des langages, Ton identité s'efface, pour n'être plus qu'un calque, N'être plus qu'un mirage, sur lequel on prospère") ou les femmes ("Femme fossile" "Tu voudrais faire de moi une femme docile désolé pour toi mis je n'ai pas le profil Agis traite-moi égal à égal loin du mariage et des voiles, si nous faisons l'erreur d'y croire voilà ce que nous serons plus tard deux vieux chiens rongeant leurs noces") et revendique une liberté hédoniste ("M'en voulez vous?" "De la vie je ne prends que la dolce vita c'est tout m'en voulez-vous?/De l'amour je n'attends qu'une main sans la bague au doigt/Comprenez-vous?") avec l'amour comme objectif ("Je suis floue").

Car sa plus belle source d'inspiration est évidemment l'amour qu'il se conjugue au présent avec "Quand je suis ivre" ("Quand je suis ivre ivre de plaisir quand je suis ivre ivre de bonheur je ne veux pas dessouler je garde en secret la source qui m'a tant exaltée pour m'y désaltérer") ou "La chaleur des nuits de pleine lune" ("Sous le regard des chiens qui dorment à moitié les femmes se font vamps les hommes se font loups" "

"Mon corps obstiné entre dans le dédale dans la danse tribale s'abandonne et se dévoile tant que dure les étoiles dans la chaleur des nuits de pleine lune") ou au passé avec le superbe "T'es beau" ("C'est comme une rengaine quelques notes en peine qui force mon coeur qui force ma force ma joie quand je pense à toi") ou "Je ferai sans" ("Je fais taire au fond de moi les mots d'amour comme on fait taire une rumeur/J'oublie l'avenir à contre coeur le présent je ne fais que l'effleurer").

Même si l'après est fait d'errances, avec "Mise à nu" sur un très beau texte de Michael Furnon de Mickey 3D ("C'est comme ça toutes les nuits depuis que tu as disparu de ma vie/Sur les toits de Paris c'est là que je finis mes nuits du lundi au dimanche/Mise à nu mes jours sont des nuits blanches") l'amour demeure ("Mal assis" "J'ai cette vie à l'endroit qui se dresse sans un pli, des rêveries à l'étroit qui se pressent dans l'oubli, je veux aimer à l'envers remarcher dans les faux pas, de mes amours de travers qui me suivent pas à pas").

Le tout sur des rythmes chaloupés, du reggae à la bossa, du folk au funk hop qui donne de la couleur au clair-obscur de ses chansons sur lesquels sa voix singulière, à la fois fragile et puissante, éraillée et limpide, un peu soul, captive.

Fille d'aujourd'hui mais pratiquant un romantisme échevelé, entre humanité et animalité, sa nonchalante gracilité et son sens aigu du moi fait penser aux juvéniles héroïnes de Rohmer.

A découvrir de toute urgence.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Le prix de l'éden de Pauline Croze
Pauline Croze en concert au Festival Fnac Indétendances 2005
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MM         
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# 24 mai 2020 : Culture pour tous !

Toujours pas de festival, de théâtre, de concert, et autres ouvertures de lieux de réjouissances diverses sinon quelques passe droits pour les amis de Manu. En espérant que tout rentre dans l'ordre et que l'on retrouve le plaisir du spectacle vivant bientôt. Soyez prudents, sortez couverts et restez curieux !

Du côté de la musique :

Interview de Roman Rappak autour de son nouveau projet Miro Shot
"Par défaut" de Antoine Hénaut
"Three old words" de Eldad Zitrin
"Night dreamer direct to disc sessions" de Gary Bartz & Maisha
"Mareld" de Isabel Sörling
"Miroir" de Jean Daufresne & Mathilde NGuyen
"Self made man" de Larkin Poe
"Notre dame, cathédrale d'émotions" de Maitrise Notre Dame de Paris
"Enchantée" de Marie Oppert
"Miroirs" de Quintet Bumbac
et toujours :
"Chante-nuit" de Facteurs Chevaux
"9 songs" de Pierre
"Sex education" de Ezra Furman
"Cage meet Satie" de Anne de Fornel et Jay Gottlieb
Interview de Batist & the 73' réalisé à l'occasion de son live Twitch dont des extraits accompagnent cette entretien
"Hundred fifty roses" de Dune & Crayon
"F.A. Cult" de Hermetic Delight
"Love is everywhere" de Laurent Bardainne & Tigre d'Eau Douce
"Hum-Ma" de Les Enfants d'Icare
"Spirals" de Sébastien Forrestier

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"Frida jambe de bois" de Pascal Rinaldi en vidéo
le diptyque Arne Lygre mis en scène par Stéphane Braunschweig :
"Je disparais" en vidéo
"Rien de moi" en vidéo
des comédies :
"Alors on s'aime"
"L'Appel de Londres"
"Hier est un autre jour"
du divertissement :
"On ne choisit pas sa famille"
"Double mixte"
du vaudeville avec "Le Système Ribadier"
du côté des humoristes :
"François Rollin - Colères"
"La Teuf des Chevaliers du fiel"
"Franck Duboscq - Il était une fois"
Au Théâtre ce soir :
"Le canard à l'orange"
"Le prête-nom"
"Deux hommes dans une valise"
des classiques par la Comédie française :
"Le Petit-Maître corrigé" de Marivaux
"Cyrano de Bergerac" d"Edmond Rostand
et aller à l'opéra pour :
"Fortunio" d'André Messager
"Falstaff" de Verdi

Expositions avec :

les visites commentées par les commissaires d'expositions qui se sont tenues au Musée Jacquemart-André :
"Hammershøi, le maître de la peinture danoise" en vidéo
et "La collection Alana - Chefs-d'oeuvre de la peinture italienne"
partir en province pour découvrir en images le Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg
et le Musée des Beaux-Arts de Nancy
puis en Europe en Espagne le Musée national Thyssen-Bornemisza à Madrid
en Allemagne au Städel Museum à Francfort
ailleurs au Brésil à la Pinacothèque de Sao Paulo
et au Japon au Ohara Museum of Art à Kurashiki
avant de revenir dans l'Hexagone pour une déambulation virtuelle dans le Petit Palais

Cinéma at home avec :

du drame : "Aime ton père" de Jacob Berger
de l'espionnage : "Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
du thriller : "The Unseen" de Geoff Redknap
du thriller fantastique avec "La Neuvième Porte" de Roman Polanski
du divertissement :
"Cassos" de Philippe Carrèse
"Promotion canapé" de Didier Kaminka
"Les Frères Pétard" de Hervé Palud
de glorieux péplums italiens avec Steve Reeves :
"Les Travaux d'Hercule' de Pietro Francisci en VO
"La Bataille de Marathon" de Jacques Tourneur, Mario Bava et Bruno Vailati en VF
du western :
"L'Homme aux colts d'or" d'Edward Dmytryk
"Chino" de John Sturges
au Ciné Club, du cinéma français des années 30 :
"Mister Flow" de Robert Siodmak
"La Banque Némo" de Marguerite Viel
"Les amours de minuit" d'Augusto Genina et Marc Allégret
"Ces messieurs de la santé" de Pierre Colombier
et des films récents en DVD :
"Deux" de Filippo Meneghetti
"Les Eblouis" de Sarah Suco
"La Dernière vie de Simon" de Léo Karmann

Lecture avec :

"J'aurais pu devenir millionnaire, j'ai choisi d'être vagabond" de Alexis Jenni
"Les Beatles" de Frédéric Granier
"Washington Black" de Esi Edugyan
et toujours :
"Là où chantent les écrevisses" de Delia Owens
"Les lumières de Tel Aviv" de Alexandra Schwartzbrod
"Faites moi plaisir" de Mary Gaitskill
"La chaîne" de Adrian McKinty
"Incident au fond de la galaxie" de Etgar Keret

Froggeek's Delight :

Des lives jeux vidéo (mais aussi des concerts) tout au long de la semaine sur la chaine Twitch. Rejoignez la chaine et cliquez sur SUIVRE pour ne rien rater de nos diffusions.

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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