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Dead Magic  (City Slang)  janvier 2018

"Take the fate of the human being, a thin pathetic line that contours and encircles an infinite and unknown silence. It is in the this very silence, in an only imagined and unknown centre, that legends are born. Alas ! That is why there are no legends in our time. Our time is a time deprived of silence and secrets ; in their absence no legends can grow." Walter Ljungquist (1900-1974)

Quelque part, tous les disques devraient être comme ce Dead Magic. Naturellement pas esthétiquement mais par son intensité, son intransigeance, par sa puissance dramaturgique et émotionnelle. Ici pas de posture, pas de fausses bonnes idées et de maquillages de studio mais de la musique, une vraie aptitude pour l’écriture et pour l’instrumentation, même si l’on peut regretter le choix de mettre un peu de côté le grand orgue d’église, qui donnait une réelle profondeur de timbre à sa musique. Le son est moins massif mais gagne en grain, en particularité.

Dead Magic, le quatrième album d'Anna Von Hausswolff (Singing From the Grave (2010), Ceremony (2013), The Miraculous (2015)), a été composé à l'été 2016 dans sa ville natale de Göteborg, et enregistré l'année suivante à Copenhague, au Danemark, notamment sur l'orgue de l’église de Marmorkirken, "l’église en marbre" de Copenhague, choix qui n’est pas anodin et qui a été décidé vraisemblablement en fonction de l’acoustique de l’instrument et de la réverbération du son.

Anna Von Hausswolff a toujours évité la grandiloquence préférant les contrastes. Dans ce Dead Magic, la musique devient incantatoire, spirituelle, sa voix comme portée par un fil aérien y participant grandement. Elle fait corps entre elle et l’auditeur, nous pourrions presque sentir les vibrations, le mouvement physique de l’air comme des plaques mouvantes. Une musique brute qui se transforme progressivement mais de façon continue, une masse qui évolue, qui se façonne par des variations d’intensités, d’activité, de timbres, de registres.

Sa rencontre avec Michael Gira (Swans) avec qui elle a tourné a été déterminante dans son évolution musicale, la poussant encore plus dans ses retranchements. Elle quitte le format pop et étire les morceaux pour mieux laisser la musique s’exprimer. Mais il y a une autre influence importante, peut-être pas forcément évidente au premier au premier coup mais pourtant fondamentale dans la composition de ce disque. C’est le compositeur György Ligeti, et par le jeu des ricochets nous pourrions penser également à Karlheinz Stockhausen. Ligeti ? Dans sa façon de façonner sa musique par agrégats de lignes mélodiques, de détails des timbres instrumentaux, de pulsation, de cellules rythmiques qui finissent par ne faire plus qu’un (comment ne pas penser à Atmosphères (1961)), dans un développement formel statique (Lux aeterna (1966), Continuum (1968), Kammerkonzert (1970) dans son souhait d'échapper au tempérament égal (comme dans Ramifications (1969)).

Attention sa musique reste quand même plutôt facilement accessible si tant est que l’on se laisse prendre au jeu... Pour le reste, c’est à l’auditeur de trouver un sens à sa musique, ne finit-elle pas vers la lumière ? Non, en fait il n’y a pas de sens à y trouver, juste des sensations à éprouver. Une œuvre dont on ne se détachera pas facilement. "Notre temps est un temps privé de silence et de secrets, en leur absence, aucune légende ne peut grandir."

 

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La chronique de l'album Ceremony de Anna von Hausswolff
Articles : Playlist des 30 sons Froggy's Delight - Idles - Shame - The Last Detail - Gruff Rhys - Soft Moon - Father John Misty

En savoir plus :
Le site officiel de Anna Von Hausswolff
Le Bandcamp de Anna Von Hausswolff
Le Soundcloud de Anna Von Hausswolff
Le Facebook de Anna Von Hausswolff


Le Noise (Jérôme Gillet)         
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# 17 mars 2019 : Que la culture coule à flots

Tels les litres de Guinness qui ne manqueront pas d'innonder toute l'Irlande et même le monde entier à l'occasion de le Saint Patrick, voici notre sélection hebdomadaire culture qui se déverse dans vos yeux et vos oreilles curieux et gourmands.

Du côté de la musique :

Rencontre avec Frédéric Lo autour de son album "Hallelujah!"
"Data Mirage Tangram" de The Young Gods
"Grand casino" de Manu Lanvin & The Devil Blues
Rencontre avec Mass Hysteria
"Boccherini" de Ophélie Gaillard, Sandrine Piau et Ensemble Pulcinella
"Le dilettante d'Avignon, Jacques Fromental Halévy" de Orchestre Régional Avignon-Provence et Michel Piquemal
"The golden fascination" de Richard Andrews
"10 ans plus tarés" de Fastened Furious
"14th boyz EP" de Fastlanes
King Child, Mouse Dtc, Innvivo dans une sélection de EP et singles
"Iggy Salvador" de Dj Zebra
"Erik Trufaz Quartet en concert à l'Aéronef
Tamino à l'Aéronef de Lille
Patrick Coutin est de retour, à retrouver en concert privé et en entretien
et toujours :
"A la lisière" de Clarika
"La disparition d'Everett Ruess" de Emmanuel Tellier
"Fauré Requiem - Poulenc Figure humaine - Debussy Trois chansons" de Ensemble Aedes, Les Siècles, Mathieu Romano
"Look ahead" de Fred Nardin Trio
"Connecting the dots" de Guy Mintus Trio
"Soistices" de Heaume Mortal
"Just about anything is possible" de Inred
"Mon héroïne EP" de Kyrie Kristmanson
"A walk above clouds EP" de Line
"Arabella EP" de Arabella

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Le Pays lointain" au Théâtre national de l'Odéon
"Qui a tué mon père" au Théâtre de la Colline
"En se couchant, il a raté son lit" au Théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis
"Veillée de famille" au Théâtre du Rond-Point
"La Mort (d')Agrippine" au Théâtre Dejazet
"Oncle Vania" au Théâtre du Nord-Ouest
"Anaïs Nin, une de ses vies" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Apocalypse bébé" au Théâtre Paris-Villette
"Madame Pink" au Théâtre du Rond-Point
"Philippe Meyer - Ma radio, histoire amoureuse" au Théâtre Le Lucernaire
"Café Polisson" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Eldorado Dancing" à la Ferme Le Bel état à Guyancourt
des reprises:
"Place des Héros" au Théâtre Les Gémeaux à Sceaux
"Les Damnés" à la Comédie française
"La Légende de Bornéo" au Théâtre de l'Atelier
"L'Autre fille" au Théâtre Les Déchargeurs
"Je parle à un homme qui ne tient pas en place" au Théâtre de Nesle
"Dans les jardins de Carlos et Nestor" au Théâtre de Nesle
"Les Divalala - Femme, Femme, Femme" au Théâtre Lepic
"Cabaret Siméon" au Théâtre Essaion
et la chronique des autres spectacles à l'affiche en mars

Expositions avec :

"L'Orient des peintres" au Musée Marmottan-Monet

Cinéma avec :

les nouveautés de la semaine :
"Le Corps sauvage" de Cheyenne-Marie Carron
"Leur souffle" de Cécile Besnault et Ivan Marchika
et la chronique des autres sorties de mars

Lecture avec :

"Desh" de Tofépi
"Firebird" de Thomas Harnois
"Guillaume le Conquérant / Léonard de Vinci" de David Bates / Carlo Vecce
"Iggy Salvador" de Antoine Zebra
"Lincoln au Bardo" de Georges Saunders
"Oyana" de Eric Plamondon
"Rendez vous à Samarra" de John O'Hara
et toujours :
"Un certain Paul Darrigand" de Philippe Besson
"Après" de Nikki Gemmell
"Boy erased" de Garrard Conley
"L'ombre de la baleine" de Camilla Grebe
"Les gratitudes / Mon père" Delphine de Vigan / Grégoire Delacourt
"Les suppliciées du Rhône" de Coline Gatel
"Tu finiras clochard comme ton Zola / Nouvelles morales provisoires" de Philippe Val / Raphaël Enthoven"

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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