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Interview  (Paris)  jeudi 29 mars 2018

C’est dans l’atmosphère feutrée d’un hôtel du 9ème arrondissement parisien que Da Silva nous reçoit. L’occasion de faire une petite pause dans sa tournée L’Aventure et d’aborder ses 13 ans de carrière pour la sortie de son premier best-of acoustique Raphaël. L’émotion est évidemment au rendez-vous lorsqu’on évoque avec lui l’enregistrement de ce disque, un peu particulier…

Raconte-nous la genèse de ce best-of acoustique.

Da Silva : Le 23 novembre 2005, je donnais mon premier concert à Paris sous le nom de Da Silva. Il y a 3 ans, je me suis dit qu’à l’occasion des 10 ans, ce serait bien de réenregistrer certains titres en acoustique… et je n’ai jamais trouvé le temps de le faire. Et puis, entre la fin de l’enregistrement et le début du mixage de mon dernier album L’Aventure, on a eu une semaine de break. Alors on s’est réunis avec Raphaël Chevalier et Frédéric Fortuny et on a commencé à travailler ensemble au studio ICP à Bruxelles.

Comment s’est déroulé l’enregistrement ?

Da Silva : On a bossé à fond, quasiment 20 heures par jour pendant 6 jours. On revisitait les chansons sans les avoir réécoutées au préalable. On enregistrait ces titres et on les mixait dans la foulée. On était toujours dans l’action, sans temps à perdre. Mais on était contents de se retrouver pour faire ça, c’était très excitant. Normalement, quand tu vas en studio, tu fais des maquettes et tu t’en sers comme guide pour faire aboutir une idée. Mais là, on a joué – simplement joué, sans idée préconçue de ce qu’on allait faire. On a cherché à fabriquer de l’émotion. C'était au-delà du spontané !

Et puis, la suite ne s’est pas déroulée comme vous l’aviez envisagée…

Da Silva : Oui, on voulait sortir ce best-of et faire une tournée tous ensemble. Mais Raphaël est décédé le 11 septembre à l’issue d’une maladie que l’on ignorait au moment de l’enregistrement. Du coup, il n’y a pas eu de tournée. La célébration de ces 10 ans de carrière, puis des 13 ans, est finalement devenu un hommage à Raphaël.

Comment as-tu sélectionné ces titres parmi tous tes albums studio ?

Da Silva : J’ai simplement pris les 10 titres qui sont passés à la radio. Ce sont les titres que j’ai le plus joués. J’ai voulu leur donner une nouvelle vie. D’ailleurs, lorsque je joue ces titres en concert, j’aime bien les revisiter dans des formules complètement différentes.

Mon premier album était très acoustique, très minimaliste, alors que le dernier est très orchestré. Donc il faut trouver un lien, faire une création cohérente pour le live qui rassemble un peu tous ces titres…

Qu’as-tu découvert à l’écoute de ces titres réarrangés ?

Da Silva : Je trouve que ma façon de chanter a changé avec le temps. D’ailleurs, j’espère bien avoir fait des progrès. Et puis, ICP est un studio qui a un son très particulier avec du matériel vintage et un son très chaud. Comme tout a été enregistré dans la continuité, de jour comme de nuit et avec la fatigue, je ne savais plus très bien quel jour on était. Tout ceci donne une atmosphère très particulière au disque et je suis assez content du résultat. Il y a même des morceaux que je préfère dans cette version – "La Crise" ou "Au moment des amours" par exemple.

Justement, quel regard tu portes sur ton parcours entre le Da Silva des débuts et celui d’aujourd’hui ?

Da Silva : En toute modestie, je crois que je me suis bonifié. Je préfère mes compos et mon écriture d’aujourd’hui, à celles d’autrefois. Quand tu fais un best-of comme ça, tu prends la mesure du temps passé et de tout ce qui a été fait. Tu te dis que le paysage musical a bien changé. Moi je n’ai jamais été en haut de l’affiche ou numéro 1 et ça n’a jamais été mon propos. J’essaie simplement de faire ce dont j’ai envie. Pour moi, entre hier et aujourd’hui, les choses n’ont pas trop changées. Je continue à travailler tout le temps, sinon je culpabilise ! Je suis toujours dans l’écriture d’un texte ou d’une musique. Quand j’étais plus jeune, la musique m’a permis d’évacuer des tensions, de passer ma crise d’adolescence ou des étapes de la vie plus facilement. Et je crois qu’aujourd’hui, ça continue. Faire de la musique me rassure et me fait du bien.

Quel regard portes-tu sur l’industrie musicale ? Là aussi, il y a eu beaucoup de changements…

Da Silva : Oui, on est passé du CD au format numérique et cette industrie a muté. La musique, c’est un secteur en faillite et son économie s’est complètement effondrée. Bon nombre de maisons de disques sont aujourd’hui sous perfusion. Les plus grosses cherchent surtout à fabriquer une musique qui marche. C’est une économie impatiente qui fonctionne sur une rentabilité à très court terme. Et puis le net ne fait qu’accélérer le processus. Ce qui a changé surtout, c’est la technologie autour de la musique mais au fond, moi ça n’a pas changé ma façon de travailler.

Et les réseaux sociaux, tu es adepte ? On t’a parfois vu t’en servir pour donner ton avis.

Da Silva : Oui j’aime bien. Je vis cela comme quelque chose de très créatif ! Tu peux te marrer, faire passer des messages… mais je ne passe pas ma vie dessus. J’écris des chansons plutôt sentimentales ou existentielles, c’est vrai. Mais si je suis révolté par un sujet, je le dis. Je donne mon opinion. Je n’aime pas les chanteurs sans opinions, les mecs qui veulent plaire à tout le monde. Ça me semble un peu facile de dire : "Je suis artiste, je ne parle pas de politique". Moi, je crois qu’un homme n’est fait que de politique. C’est un citoyen avant d’être un artiste. J’ai des idées… ou pas, mais un point de vue en tous cas. C’est important de le dire pour qu’on sache qui tu es.

Est-ce que faire des chansons, cela te semble utile ?

Da Silva : Disons que c’est une inutilité nécessaire. Si la société n’a plus de culture, l’homme se déshumanise. La culture, c’est la seule chose qui rend l’homme intéressant. Pas de faire du profit, tout le monde peut y arriver. La seule chose qui élève l’homme, c’est l’œuvre de l’esprit. La capacité à s’amuser, à s’émouvoir, à s’aimer ou se détester. C’est ça qui rend l’homme touchant. C’est dans sa créativité et sa culture que l’homme rend le plus service. Alors, je ne sais pas si la culture est utile, mais en tous cas, elle me semble nécessaire.

Quels sont les sujets qui t’inspirent pour écrire ?

Da Silva : La vie des gens. J’aime m’intéresser à eux, leur poser des questions. J’aime bien savoir ce qu’ils font, où ils habitent, comment ils vivent ou ce qu’ils pensent. Finalement, je parle peu de moi. Dans la vie de tous les jours, si j’arrive dans une soirée, c’est plutôt moi qui pose les questions. Tout le monde vit des histoires extraordinaires, tout dépend simplement de la façon dont on les regarde et dont on les écoute. L’important, c’est comment on raconte ces histoires et ça, c’est mon boulot d’essayer d’y apporter de la force et de la poésie !

 

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Da Silva en concert au Festival Du Bout Du Monde 2006
L'interview de Da Silva (10 novembre 2005)

En savoir plus :
Le site officiel de Da Silva
Le Facebook de Da Silva

Crédits photos : Thomy Keat (retrouvez toute la série sur Taste Of Indie)


Isabelle Fontan         
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# 15 juillet 2018 : Allons z'enfants !

On continue le tour des festivals avec les Eurockéennes et le Hellfest, mais aussi le Off d'Avignon et plein d'autres belles choses à découvrir tout de suite dans le sommaire de la semaine :

Froggeek' s Delight :

"Detroit : Become Human" de Quantic Dreams sur PS4
La mode du Battle Royale va-t-elle tuer la créativité
dans le jeu vidéo ?

Du côté de la musique :

"Cover me session" de Hugo
On démarre la revue des festivals avec le Hellfest où nous avons passé 3 jours de folie :
Vendredi au Hellfest avec Joan Jett, Meshuggah, Juda Priest, A Perfect Circle...
encore le Hellfest le Samedi avec Rise of the Northstar, Pleymo, Deftones, Dimmu Borgir...
et on fini le Hellfest le Dimanche avec Megadeth, Iron Maiden, Marilyn Manson...

changement de décor, Vendredi au Eurockéennes de Belfort avec Beth Ditto, Prophets of Rage, Nine Inch Nails...
toujours les Eurocks, la journée du samedi en compagnie de Truckks, Queens of the Stone Age, Jungle ... (et semaine prochaine, le dimanche)
retour sur les 4 jours au festival de Beauregard :
Vendredi avec Charlotte Gainsbourg, Orelsan, Jack White, MGMT...
Samedi avec Eddy de Pretto, Black Rebel Motorcycle Club, Simpl Minds...
Dimanche avec Parquet Courts, The Breeders, At the Drive In, Bigflo & Oli...
et le bouquet final du lundi avec Depeche Mode, Girls in Hawaii et Concrete Knifes
et toujours :
"The symphonies" de Arvo Part
"Chambre noire" de Alexandre Nadjari
"What we've drawn" de Fuzeta
"Avec du noir avec du blanc" de Olivier Depardon
Shaggy Dogs en interview autour de leur album "All Inclusive"
"Murmures" de Tom Bourgeois

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Italienne, Scène et Orchestre" à la MC 93 à Bobigny
"Bohême, notre jeunesse" à l'Opéra Comique
"Les Liaisons dangereuses" au Théâtre de Nesle
"Dîner de famille" au Théâtre d'Edgar
"Seconde chance" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
dans le cadre du Festival au Village à Brioux-sur-Boutonne :
"Les Gravats"
"Au Banquet de Gargantua"
les chroniques des spectacles programmés au Festival Off d'Avignon
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Expositions avec :

"Kent Monkman - Beauty and the Beasts" au Centre Culturel Canadien
et la dernière ligne droite pour :
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"Corot - Le Peintre et ses modèles" au Musée Marmottan-Monet

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Paul Sanchez est revenu !" de Patricia Mazuy
"Penché dans le vent!" de Thomas Riedelsheimer
dans la catégorie Oldies but Goodies en version restaurée :
"Les Dames du Bois de Boulogne" de Robert Bresson
"Laura nue" de Nicolo Ferrari
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Lecture avec :

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"Sur un mauvais adieu" de Michael Connelly
et toujours :
"Histoire du fascisme" de Frédéric le Moal
"Jesse le héros" de Lawrence Millman
"Taqawan" de Eric Plamondon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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