Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Billie Holiday - Sunny Side
Théâtre Essaion  (Paris)  avril 2018

Seul en scène librement inspiré de la vie et de l'art de Lady Day conçu et interprété par Naïsiwon el Aniou.

Le côté ensoleillé, elle aurait bien aimé que ce fut sa voix, Billy... Mais là comme ailleurs, constamment, tout le temps, on lui rappelait qu'elle était à jamais dans l'ombre de sa peau sombre.

Que, si elle pouvait chanter impeccablement, elle n'en était pas moins dans le désordre d'une vie pour qui 44 ans cela valait un siècle, une éternité. Qu'il lui fallait rendre des comptes à chaque instant parce que tutoyer les cîmes avec son trémolo plein de malheurs cela avait un prix très fort, celui du sang, des larmes, des coups, des veines mal piquées.

Naïsiwon El Aniou ne s'est pas emparée de Billie Holiday, elle a fait de sa fragilité un rempart, une citadelle assiégée, une raison de vivre pour convaincre qu'elle était la chanteuse de la Nouvelle Orléans, un point c'est tout.

Avec une chaise où s'empilent en vrac des fleurs blanches et un saxophone représentant Lester Young, l'unique Président américain au souffle démocratique, des montagnes de hardes qui se transforment en atours de princesse, elle titube dans un autre foutoir : sa tête aux souvenirs qui se précipitent hors d'elle. Pas de chronologie logique, pas de chant mais des pas de danse et des chansons toutes inoubliables qui se succèdent et que Naïsiwon El Aniou traduit systématiquement.

Ce n'est pas misérabiliste non plus. Ce n'est pas du genre biopic crapoteux. Ici, le petit soldat est fier comme un taureau qui combat avec des banderilles partout dans la chair. Un taureau qui n'a pas ses cornes dans sa poche et qui embroche tous les médiocres qui croisent sa route furieuse.

Sans trop le montrer et en faire un système, Naïsiwon El Aniou se met en danger. Même si elle a joué et rejoué sa "Lady Day", elle n'a pas choisi la facilité sur cette scène bordélique. Chaque représentation est donc unique et sujette à des hauts et des bas.

C'est généralement Austerlitz (comme le vrai nom de Fred Astaire), mais cela peut-être parfois Waterloo ou la Bérézina. Au moindre aléa, elle peut tomber, vaciller, se vautrer alors que l'odeur des haricots qu'elle cuit prend place dans les narines de ses aficionados.

Rarement on n'aura vu quelqu'un se débattre dans ses contradictions avec un tel aplomb. Que ceux qui viendront la voir se préparent pour vivre un moment inoui de leur carrière de spectateurs.

Ils n'auront pas forcément la chair de poule ou la larme au coin de l'oeil, mais ce qui les attend c'est une actrice en train de chercher à sortir de son personnage toute l'humanité qui s'y trouvait. Une gageure périlleuse, une réussite à la mesure de son pari insensé.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 9 août 2020 : Vacances, j'oublie tout

Il fait beau et chaud, on reste à l'ombre, on traine à la plage, mais si vous avez encore un petit moment pour jeter un oeil à Froggy's Delight, nous sommes toujours là. Voici le programme light et rafraichissant de la semaine.
petit bonus, le replay de la MAG (Mare Aux Grenouilles) numéro #1

Du côté de la musique :

"Pain olympics" de Crack Cloud
"Waiting room" de We Hate You Please Die
"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

Le compte-rendu de la 35ème édition du Festival Humour et Eau salée
et un spécial "Au Théatre ce soir dans un salon" avec les grands classiques de Barilet et Grédy :
"Peau de vache"
"Potiche"
"Folle Amanda"
"Le don d'Adèle"
"L'Or et la Paille"
et "Fleur de cactus" revisité par Michel Fau

Expositions :

en real life :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
"Voir le jour" de Marion Laine
"Le Défi du champion" de Leonardo D'Agostini
et at home avec des longs...
"2021" de Cyril Delachaux
"Les Robinsonnes" de Laurent Dussaux
"L'Ile aux femmes" de Eric Duret
"Quand j'avais 5 ans, je m'ai tué" de Jean-Claude Sussfeld
"The Storm" de Ben Sombogaart
...et des courts-métrages
"Odol Gorri" de Charlène Favier
"Poseur" de Margot Abascal

Lecture avec :

"Retour de service" de John Le Carré
"Un océan, deux mers, trois continents" de Wilfried N'Sondé
"Nous avons les mains rouges" de Jean Meckert
"Il était deux fois" de Franck Thilliez
"La goûteue d'Hitler" de Rosella Postorino
et toujours :
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Fleishman a des ennuis" de Taffy Brodesser-Akner
"Summer mélodie" de David Nicholls
"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson

Froggeek's Delight :

Toute la semaine des directs jeux vidéo, talk show culturel, concerts en direct sur la FROGGY'S TV

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=