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Chaos and Creation in the backyard  (Capitol Records)  septembre 2005

Quoi de plus décevant qu'une rock & roll star sur le retour, dégarnie, peau usée, yeux flétrie et compositions ridées, qui, de surcroît, vous affirme qu'on a rien fait de mieux depuis les Rolling Stones?

Du Clapton barbouillé, du Who ankylosé jusqu'à l'os, du Jimmy Page aussi groovy que la grand-mère du dessus…Le temps hélas ne pardonne rien.

Sir Paul, lui, a 63 ans. Et encore tout ses cheveux. Le sexagénaire n'a donc pas d'âge. Des idées plein les yeux et des images plein la tête, Macca revient comme s'il n'était jamais vraiment parti avec un vingtième album studio, Chaos and Creation in the backyard, du meilleur effet.

Si les effets d'annonce se ressemblent hélas à chaque sortie du nouveau Mc Cartney ("Bon il va encore nous la jouer crooner romantique genre piano bar, de toute manière c'est Lennon le rebelle de la bande…"), il va sans dire que l'actualité du ¼ de Beatles est aujourd'hui passionnante. Délaissant les requins de studios et la bande de teenagers aux dents longues qui l'accompagnait sur Driving Rain, Paul revient à l'essentiel. L'oreille pas dans sa poche, Mc Cartney surprend, enfin, dans ses choix créatifs, et, roulement de tambours, choisit Nigel Godrich à la production.

Nigel Godrich, plus qu'un producteur, véritable artisan du son (et accessoirement producteur du mythique Ok Computer), s'avérait donc le compagnon de route idéal pour le grand-père à la tête de poupon anglo-saxon. Bousculer les idées, culbuter les mélodies et encore se renouveler après 40 ans au compteur. La mécanique Mc Cartney semblait donc prête à chauffer à plein régime…

Et si l'auditeur s'attendait à un retour en fanfare, il faut bien avouer que Paul s'avère être l'homme orchestre "at the right place in the right time". Chaos and Creation in the backyard s'annonce comme le terrain de jeu de toutes les envies. Et tant pis si le premier titre, "Fine Line", ressemble à s'y méprendre à une resucée d'un "Lady Madonna" avec son piano à triades…

L'impression de retrouver le Paul des 60' ne fait aucun doute. Pas ridée pour deux pence, la musique de Mc Cartney bénéficie en 2005 d'une cure de jouvence audible dès le deuxième titre, "How kind of you", laconique à souhait, sensible comme pas deux. Si le travail de production de M. Godrich se fait entendre, c'est avant tout pour servir l'inspiration retrouvée. Jenny Wren et ses arpèges à la Julia, dans le plus pur style du White album y laisse entendre une musique intemporelle, et l'auditeur se rassure.

Dans la plus pure tradition, le Paul distille les ballades dispensables ("At the Mercy") pour les fleurs bleues, et les chansons essentielles pour les plus sauvages ("Friends to go" et son l'alternance mode majeur /mode mineur). La recette est connue. Et passé les sarcasmes du revival marketing, reste un album à la production léchée, tenant la longueur, où le Mc Cartney se pousse dans ses derniers retranchements pour assurer lui-même parties de batteries, pianos, guitares et basse ("Too much rain").

Comme tout anglais qui se respecte, Mc Cartney choisit les chemins parallèles, les voies détournées et les contresens. Pas de rock à attendre à ce stade de l'album, Chaos and Creation in the backyard s'avère être comme disent les "littérateurs" l'album de la maturité. Celui qui ne prendra pas la poussière sur l'étagère. Et pourtant, quand tant d'autres s'essoufflent, le grand Paul parvient encore à faire swinger sur "Promise to you girl" (avec comble de l'ironie ses chœurs très Beach Boys…).

Le temps d'une étincelle, Mc Cartney fait donc oublier ses six décennies. Chaos and Creation in the backyard décevra inéluctablement les inconditionnels de Lennon, mais chante encore l'amour comme un jouvenceau et, qui sait, publie peut être son meilleur album depuis...Sticky Fingers !!!!

 

Little Tom         
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# 14 mars 2010 : blanket me sweet nurse

Ces premiers mots issus de la chanson "Saint Mary" de Sparklehorse viennent saluer celui qui avait survécu à un précédent suicide et qui avait dédié cette chanson à ses sauveurs. Cette fois ci, Mark Linkous n'écrira plus les chansons qui nous ont tant touché et ému. Paix à son âme maintenant qu'il va pouvoir jouer avec son ami Vic Chesnutt, lui aussi trop tôt disparu il y a peu. Hommage aussi à Jean Ferrat, père incontesté d'une certaine chanson française, poétique et militante qui vient de nous quitter, à 79 ans après une carrière exemplaire et intergénérationnelle.

The show must go on... alors voici le programme de la semaine :

Côté musique :

"Vexations" de Get Well Soon,
"The Law of Large Numbers" de Emma Pollock,
"Heart of my Own" de Basia Bulat,
"Youth" de Kissy Sell Out,
"Turn Ons" de The Hotrats, Gaz Coombes et Danny Goffey aka Supergrass nous ont à cette occasion accordé une interview,
le premier album de The Unwinding Hours,
"Hidden" de These New Puritans,
Efterklang en interview à l'occasion de la récente sortie de "Magic Chairs",
Bertrand Louis également en interview pour présenter "Le Centre Commercial", son nouvel album, le tout accompagné de 2 titres en Froggy's Session,
Interview également pour Mell qui a aussi fait sa Froggy's Session avec 4 titres dont une reprise de Hank Williams...
Froggy's Session également pour Turner Cody, qui se frotte quant à lui à Leonard Cohen.
Du live avec :
JP Nataf et Silvain Vanot au Grand Mix de Tourcoing,
TV Glory et Pony Pony Run Run à l'Aéronef de Lille,
Et enfin le Fil Eclectique #5 en direct du Fil de Saint-Etienne et en podcast sur Froggy's Delight, pour un tour de l'actualité culturelle ligérienne et plus généralement musicale, émission toujours aussi drôle et intéressante !

Au théâtre :

"Hobb story" au Théâtre Le Tarmac de La Villette
"RER" au Théâtre de la Tempête
"Stabat Mater " au Théâtre Le Lucernaire
"Le grenier " au Théâtre du Rond Point
"Elias Leister a disparu" au Théâtre 13
"Ode maritime " au Théâtre de la Ville
"La première gorgée de bière" au Théâtre du Rond Point"
la Master Classe de mars 2010 de Jean-Laurent Cochet
et une reprise à ne pas rater :
"Attila, reine des Belges" au Théâtre Le Lucernaire

Lecture avec :

"Hors d'atteinte" de Karin Slaughter
"Soins définitifs " de Karin Wahlter

Exposition avec :

"Patrick Jouin - La substance du design" au Centre Pompidou

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

 

           
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