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Rush  (Labels)  Septembre 2005

En toutes occasions, le Journaliste doit savoir sortir des clichés et des lieux communs. La Suède en est le meilleur exemple.

Pays du Nord, non loin des fjords, pas loin de tout et près de rien, la Suède n'est pas que le pays des Vikings qui pêchent du saumon et arborent de magnifiques chevelures argentées.

C'est également un pays où les femmes sont toutes blondes, pulpeuses, aux sous-vêtements inexistants, prenant autant de plaisir à écouter ABBA qu'à astiquer leur meuble facile à monter en moins de dix minutes (et sans notice), tout en se remémorant les meilleurs souvenirs de leur idole nationale, Bjorn Bjorg.

Jay Jay Johanson n'a de suédois que l'origine. Trop rapide et polymorphe pour se prêter au jeu du cliché, excepté sur papier glacé, l'homme du Nord peut se vanter d'avoir abordé tous les genres. De l'électro jazzy du début (Whiskey) aux sonorités germaniques (Antenna), ne reste qu'une voix, chaude comme un soleil froid, aussi mélancolique et atypique qu'un suédois sur une plage de Californie.

Rush, dernier opus en date, brouille encore une fois les cartes et redonne encore une fois du fil à retordre au journaliste réducteur qui ne verrait en Jay Jay que le crooner blanc des soirées branchées. Prenant le parti de l'impromptu, le chanteur poursuit en 2005 son épopée électro, en creusant un peu plus le sillon de l'électronique. Si le premier titre ("Rush") fait illusion et renvoie aux premières amours du chanteur, la ballade langoureuse et sensuelle, ce n'est que pour mieux préparer à l'auditeur à une lente pénétration dans son nouvel univers fait de dance-floors et de highlights.

Résolument 80', et sans honte, Jay Jay Johanson enfonce avec Rush le clou du revival en empilant les couches de synthés et les plugins. Si le grand suédois ne cache pas son admiration du travail des Daft Punk, il laisse encore moins de place au doute sur amour du kitsch avec une poignée de chansons taillées pour les clubs et les déhanchements frénétiques. Parfois à la limite du plagiat ("Teachers" et sa basse à la "Easy Lover " du sieur Phil Collins…), mais la voix toujours aussi perchée, Jay Jay vire disco sur "Because of you" et ses guitare très Chic à la Nile Rodgers.

L'auditeur l'aura compris, les synthés suintent par tous les pores de l'enceinte. Chics et pas chers, les claviers sont donc la clef de voûte d'un album soul dans l'esprit et le corps. Certes, les amoureux du début risquent fort de regretter les influences de Portishead et la mélancolie suédoise.

Sans être inoubliable, Rush restera sans doute comme l'album récréatif de Jay Jay, une parenthèse qui hésite entre la danse et le slow, l'humour et l'émotion, sans cacher les influences Daft Punk époque Discovery. Rock guimauvé ("I.O.U my love") ou instrumentale second degré ("Forbidden words"), Jay Jay fait donc son coming out 80', sans demie mesure.

Beaucoup de courage, une chanson magnifique ("Rock it" et ses claviers aériens) et au final un retour aux sources soul réussi pour le suédois bohème.

 

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Jay Jay Johanson (31 mai 2011)


# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
"Richard III n'aura pas lieu" au Théâtre 13/Jardin
"Bronx" au Théâtre des Bouffes Parisiens

Exposition avec :

"Paint B.A.L." au Musée de la Poste

Lecture avec :

"Le refuge" de Niki Valentine

Cinéma avec :

La sélection de la semaine :
"Le Marin Masqué" de Sophie Letourneur
"Un monde sans femmes" de Guillaume Brac
"La taupe" de Tomas Alfredson
Les sorties récentes :
"Sur la planche" de Leïla Kilani
"Fleur de béton" de Stéphane Esse et Audrey Lange
"Tahrir, place de la Libération" de Stefano Savona
"Anonymous" de Roland Emmerich
"Le Printemps de Téhéran" de Ali Samadi Ahadi
"2018" de Quentin Théron
"Il n'y a pas de rapport sexuel" de Raphaël Siboni
"Let My People Go !" de Mikael Buch
"Les Nouveaux Chiens de garde" de Gilles Balbastre et Yann Kergoat

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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