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Arnaldur Indridason  (Editions Métailié)  mai 2018

On ne présente plus le maître du polar islandais Arnaldur Indriðason !

Ses nouveaux livres sont toujours attendus par ses fidèles lecteurs, avides de polar historiques, de romans policiers ou d’affaires d’espionnages. Traduit dans de nombreuses langues, ils lui ont déjà permis d’obtenir de nombreux prix.

Son dernier ouvrage, sorti il y a peu, ne devrait pas déroger à la règle et ravir ses fidèles lecteurs. Passage des ombres vient clore la trilogie entamée avec La femme de l’ombre et Dans l’ombre, les deux précédents tomes publiés l’an dernier, déjà aux éditions Métailié. Nulle obligation d’avoir déjà lu les deux précédents tomes pour lire Passage des ombres, les trois histoires restent indépendantes même si elles réunissent le même couple d’inspecteur et se situent au cours de la même période, à savoir la Seconde Guerre mondiale pendant l’occupation anglo-américaine de l’Islande. Passage des ombres devrait même convaincre les lecteurs qui découvrent cette trilogie d’aller lire les deux précédents opus tant il est réussi. Malin donc cet Arnaldur Indriðason et talentueux aussi.

L’histoire débute avec la découverte d’un vieil homme mort dans son lit, un certain Thorson. Alors que l’on pourrait penser qu’il est décédé de mort naturelle, l’autopsie révèle qu’il a été étouffé. Dans son bureau, on retrouve de nombreuses coupures de presse concernant la découverte d’un corps, une jeune femme couturière, Rosamunda, dans le passage des ombres en 1944 pendant l’occupation américaine. Thorson fut celui qui enquêta sur le meurtre de cette jeune fille avec son collègue Flovent.

Pourquoi ce vieil homme a-t-il été assassiné ? Existe-t-il un lien entre cet assassinat et l’affaire de 1944 sur laquelle il disposait de coupures de presse ? Un innocent aurait-il été arrêté en 1944 ?

Une fois n’est pas coutume, Arnaldur reprend un procédé qui fonctionne à merveille dans ces livres, celui de la double enquête, qui s’entrecroise, sur deux périodes différentes. Une fois encore, un fait divers intervient dans notre époque, la mort du vieil homme, et cela conduit l’inspecteur en charge du dossier à replonger dans le passé. On se retrouve donc plongé dans la Seconde Guerre mondiale, quand l’Islande était occupée par des américains et britanniques mais aussi à notre époque.

Dans l’enquête menée pendant la Seconde Guerre mondiale, les elfes sont souvent cités par les différents témoins de l’époque comme responsable du meurtre de la jeune couturière mais surtout en rapport avec la disparition d’une autre jeune femme. Cela permet de mieux comprendre le bandeau intrigant de la couverture du livre, "tu diras que c’était les Elfes" et en même temps, cela permet à l’auteur de nous raconter les histoires légendaires de ce peuple caché qui est encore très présent dans les contes islandais ainsi que dans l’imaginaire de la population islandaise.

Avec une grande habilité, l’auteur nous fait passer d’une enquête à l’autre. On suit l’enquête initiale, celle de Thorson et de Flovent mais aussi celle de l’inspecteur Konrad, chargé de l’enquête de la mort de Thorson. Assez vite, Konrad aura les mêmes doutes concernant les coupables du meurtre de Rosamunda, ce qui expliquera que Thorson continuait de chercher un autre coupable à ce meurtre alors que l’affaire était bouclée.

Konrad va alors remonter le temps, réinterpréter les faits, enquêter sur la disparition de cette femme dont on n’a jamais retrouvé le corps pour résoudre enfin cette enquête. On va en même temps mieux connaître cette période d’occupation anglo-saxonne de l’Islande pendant laquelle les femmes islandaises n’étaient pas toujours bien traitées par les militaires américains et britanniques. Indriðason profite de son polar pour évoquer ces thématiques récurrentes, la condition des femmes, l’amitié et l’homosexualité (au travers de la relation des deux enquêteurs) et aussi l’histoire de son île entre traditions et modernité.

Arnaldur Indriðason nous livre donc, une fois de plus, un excellent polar, dans la lignée des précédents, que l’on dévore avec délectation tant on a envie de connaître l’épilogue. Cette trilogie est parfaitement conclue.

Une fois terminé, on se dit que l’on espère le retrouver le plus rapidement possible. Et évidemment, pour ceux qui n’auront pas lu les deux livres précédents de la trilogie, je les imagine déjà aller se ruer dessus.

 

A lire sur Froggy's Delight :
La chronique de "Les fils de la poussière" du même auteur
La chronique de "Ce que savait la nuit" du même auteur
La chronique de "Les roses de la nuit" du même auteur
La chronique de "Les fantômes de Reykjavik" du même auteur

En savoir plus :
Le Facebook de Arnaldur Indriðason


Jean-Louis Zuccolini         
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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
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