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puce Alain Gibert - Boule
Le Flow  (Paris)  mardi 29 mai 2018

Avant le concert

Je me suis gardé quelques surprises, mais ai tapé "Alain Gibert" sur ma plateforme d’écoute avant le concert, pour me mettre dans le bain. Je n’étais pas inquiète, mais déjà curieuse.

Premiere impression : il n’est pas nécessaire de chercher à qui sa voix nous fait penser. C’est beau ! Ses textes, qui glissent sur ses cordes vocales, raisonnent jusqu’à moi. Sa musique me donne une bouffée d’air, ouvre les fenêtres. Une légèreté qui frise à peine l’ironie, comme une pleine conscience qui s’amuse quand même, surtout. J’imagine alors un prêcheur de la bonne humeur.

Le groove, on ne peut pas le négliger, il t’embarque, il rend audibles à plus d’oreilles, les histoires un peu désenchantées et réalistes qui font des bulles dans le sous-titre. Il nous parle directement sans chichi et avec classe : "ils rêvaient d’un grand amour tragique pas d’une fable idyllique", rythmé d’une mélodie qui donne envie de sauter dans le vert des champs. Cela me paraît clair comme de l’eau, Alain Gibert ne plane pas et parle avec aplomb, du destin, des hommes et des femmes qui se croisent, des combats bruyant et même des silencieux, ne fait pas de cadeau mais nage sans agression et subtilité. "Le bouche à bouche quand t’as perdu connaissance, alibi !"

Génial. Des visions comme des photos. Simples, de celles qui aèrent et laissent place.  J’ai vu un salon de bal, des portraits silencieux au mur, de longs couloirs froids, des balcons vides, des lampions de circonstances, des femmes de loin, les détails qu’un observateur en tous paysages, ne ratent pas. Des notes qui réchauffent les coeurs et tempèrent le dramatique.

Un sobre voyageur ? Urbain et bien élevé ? Intemporel je dirais plutôt. Je me dis avec soupire que ce genre d’élégance traverse surement les siècles.  Ça m’a donné envie d’écouter Oldelaf, pour sautiller dans un style plus incisif, puis de revenir à son tact, de me dire que la chanson française est pleine et riche... ça m’a donné envie de rire ! Ce n’est pas du luxe, c’est comme la première gorgée de bière. Subtile. J’ai ajouté quelques chansons à ma playlist favorite "douce France".

T’es pas venu au concert ? Je te raconte, quelques lignes.

Comme une didascalie

Je marchais pile au milieu du quai. Filaient face à moi des flots éparses de sportifs aux rythmes effrénés, poumons ouverts, certains se redressant de leurs blessures sur le béton. Sur la rive, des culs assis au milieu des bières. Dans l’eau, les bateaux et leurs bedonnants qui flottent le nez en l’air. Un soir électrique d’un mai menaçant, le long de la seine. Je suis arrivée. Une tête blanche réclame des chaises. Le balcon sert à ça ici et ce soir il est ouvert. Des quarantenaires se demandent s’ils sont sur une vraie péniche ; "tu sens que ça bouge". La première partie avec Boule est attendrissante. J’en ai retenu deux phrases : "As-tu de l’amour jusqu’au bout des doigts ? Je veux te rejoindre avec l’appareil qui imite l’oiseau naturel".

Alain Gibert entre en scène

Il me donne l’impression d’un bon élève très sympathique qui ne criait peut-être pas beaucoup mais qui frappait juste. Une âme aux notes de rock pondéré, au fond de lui. Il semble avoir cette froideur sage qu’on envie au bout d’un moment à ceux qui trouvent leur voie tranquillement.  Et puis, c’est comme s’il connaissait les limites de son public d’enfants sages. Pas venus pour être transcendés, mais les bras croisés, je crois qu’ils apprécient tous ce moment. Pour beaucoup, ils sont invités. En face, ce mélange de rock et d’élégance à la française glisse et ne doute à aucun moment de lui. Prend même plaisir. Un trio complice qui vogue gentiment sur les accords. Moi là dedans, je suis venue goûter à la sobriété. Je n’ai pas lancé du pogo, par peur d’un flop monumental. Je n’en ai jamais lancé à vrai dire. (Sourire). Mais ici, on aurait voulu au moins un p’tit briquet un déhanché pudique. C’était à propos, amplement. Soudain, une voix timide réclame la dernière chanson dans le public "Alibi". Belle ironie. J’ai rigolé, un peu fort. S’adresse-t-il à des business man dont la fraîcheur a déserté la vie ? Ou enfilé un épais manteau… J’ai pourtant bien senti un savant mélange entre et vagues et âmes, piqué d’une envie de danser.

Notes de coulisses

C’était le concert de lancement de son nouvel album Canyon Alibi, au Flow, scène parisienne entre deux niveaux de vaguelettes. La guitariste n’est pas au courant des prochaines dates de concerts. Ce sera en 2019 maintenant.

On repousse jusqu’à quand la poésie ? Me dis-je. Dans ce grand bassin, on flotte, les espoirs avec.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Les marches de l’opéra EP de Alain Gibert
La chronique de l'album Sublime ordinaire de Alain Gibert
La chronique de l'album Canyon alibi de Alain Gibert

En savoir plus :
Le site officiel de Alain Gibert
Le Soundcloud de Alain Gibert
Le Facebook de Alain Gibert

Crédits photos : Cléa Mosaïque


Cléa Mosaique         
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# 24 juin 2018 : Voyage Voyage

Ce week end, l'équipe de Froggy's Delight est allée faire un tour en Normandie pour tourner 3 sessions à venir très bientôt... résultat des courses, une édition un peu plus light que d'habitude, mais on se rattrapera la semaine prochaine avec la session de Brisa Roché et plein d'autres choses, en attendant, voici le sommaire.

Du côté de la musique :

"Side stories" de Thomas Bramerie Trio
"Pied-tendre" deLucien Chéenne
"Love is dead" de CHVRCHES
"Macadamia" de Adam and the Madams
"Endorphine" de Daran
Rencontre avec Brisa Roché
autour de son album "Father"
"Hekatombeando" de Flor del Fango
Rencontre avec Foray
"Fortune EP" de Ghern
"Broken land" de Initiative H
"Matelot EP" de Laïn
"The iron age" de Nicolas Gardel et The Head Bangers
"F..k the jazz !" de Pascal Pistone et Delphine Lavergne au Petit théâtre du Bonheur
"Strangers" de The Ramona Flowers
"Banburismus" de Zonk't

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"La Double Inconstance" au Théâtre des Béliers Parisiens
"Table rase" à la Manufacture des Abbesses
"C'est maintenant que ça commence" au Théâtre Essaion
"I love Piaf" au Théâtre Le Lucernaire
"On monte Mae West !" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
le compte-rendu de la 2ème édition du Festival des Ecoles de l'Union avec les spectacles :
"La Condition Collective"
"Le cercueil est trop grand pour la fosse"
"Le Roi Lear"
"L'Album d'Agnès"
et "Le Mariage forcé - Le Médecin volant"
des reprises avec :
"Darius" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Dévaste-moi" à la Maison des Métallos
"Huis Clos" à la Comédie Saint-Michel
et les chroniques des autres spectacles de juin

Expositions avec :

"Zao Wou-Ki - L'espace est silence" au Musée d'art moderne
et dernière ligne droite pour : "Tintoret - Naissance d'un génie" au Musée du Luxembourg

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Ma Fille" de Laura Bispuri
"Un couteau dans le coeur" de Yann Gonzalez
et les chroniques des autres sorties de juin

Lecture avec :

"Dehors" de Yann Moix
"Divine vengeance" de Fransceso Muzzopappa
"Funambules" de Charlotte Erlih
"L'Afrique, nouvelle frontière du djihad ?" de Marc antoine Pérouse de Montclos
"Le coeur des amazones" de Christian Rossi et Géraldine Bindi
"Le Grraaou" de Etienne Beck et Jonvon Nias
"Mon autre famille" de Armistead Maupin
"Une femme infréquentable" de Chris Dolan
"Une seconde de trop" de Linda Green
et toujours :
"Ayacucho" de Alfredo Pita
"Ceinture, rétro, clignotant" de Dorthe Nors
"La nuit de l'usine" de Eduardo Sacheri

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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