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Alfredo Pita  (Editions Métailié)  mars 2018

Que de voyages lorsque l’on commence à parcourir la catalogue des éditions Métailié ! Après l’Islande d’Indriðason, pour un livre chroniqué récemment, l’heure est venue de prendre la direction de l’Amérique du Sud, plus précisément du Pérou, avec le livre Ayacucho, écrit par Alfredo Pita.

Alfredo Pita a été journaliste, correspondant à Ayacucho, ville du centre du Pérou dans les montagnes andines. Après le massacre d’Uchuraccay qui a vu dans les années 80 huit journalistes (dont certains étaient des collègues à lui) se faire assassiner, officiellement par des paysans, officieusement par le sentier lumineux (organisation maoïste dirigée par un prof de philo), il décide de fuir le Pérou pour aller s’installer à Paris.

Ayacucho, qui signifie ville de sang, est son troisième roman, celui que l’on désigne comme le grand roman de la violence péruvienne, de cette odeur de mort qui empoisonne encore l’air pur des montagnes d’Ayacucho. Ayacucho est aussi un livre qui rend hommage aux victimes du sentier lumineux en racontant la guerre sale menée à partir des années 80 par ce mouvement armé violent contre l’Etat péruvien.

L’auteur utilise un narrateur, son alter-égo, journaliste espagnol, Vicente Blanco qui va partir sur place pour tenter de rendre compte de la situation d’Ayacucho, à l’aide de deux enquêteurs locaux. A son arrivée dans la cité andine pour son enquête, il ne va pas voir grand-chose au départ. Tout semble paisible dans cette bourgade, trop paisible même. Les militaires paradent, l’archevêque joue au basket avec les paroissiens, les habitants s’expriment peu. Nulle trace de scènes tragiques, nulle trace de combat, tout juste quelques balles qu’on entend la nuit venue.

Assez vite, les trois enquêteurs vont découvrir l’horreur de cette guerre sourde et silencieuse qui prend en otage les populations, expliquant qu’elles préfèrent se taire. Ces populations se trouvent dans une situation extrêmement inconfortable. Elles ont le tort de se retrouver entre le sentier lumineux et les militaires du gouvernement qui, aidés par les autorités locales et l’Eglise n’hésitent pas à pratiquer des expéditions punitives. Pour ces populations, il était dangereux de choisir un camp ou l’autre mais il était encore plus dangereux de ne pas choisir de camps.

C’est cette guerre invisible que nous raconte le livre, une guerre sale où la compromission est partout, symbolisée par l’archevêque, le basketteur, qui n’a rien à envier aux pires inquisiteurs espagnols.

Alfredo Pita a dû effectuer un énorme travail de documentation et de recherches pour écrire son livre. On sent le passé journalistique de l’auteur dans ce livre. Ses écrits et son texte qui ont évidemment une posture journalistique, même si le livre se lit quand même comme un roman, possèdent une dimension dramatique de par certains passages durs et violents, d’un grand réalisme.

On apprend de nombreuses choses sur l’histoire du Pérou, sur le drame qui a touché Ayacucho et sur le sentier lumineux. On apprend aussi de nombreuses choses sur le gouvernement Péruvien qui dirigeait le pays à cette époque.

La plume soignée de l’auteur, un véritable écrivain pour le coup et pas seulement un journaliste, renforce le caractère bouleversant de nombreux passages du livre. Il nous permet de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de ce conflit entre l’Etat péruvien et le sentier lumineux. Il permet aussi de bien mettre le doigt sur les responsabilités de chacun des deux camps, y compris au plus haut sommet de l’Etat.

Ce livre, enfin, est un hommage vibrant au troisième camp, celui des victimes, que l’auteur n’oublie évidemment pas et qui eux, n’ont pas pu fuir le Pérou pour aller se réfugier en Europe. Ayacucho est pour l’auteur un livre salutaire et pour le lecteur un livre essentiel pour qui veut mieux comprendre le Pérou des années 80.

 

En savoir plus :
Le Facebook de Alfredo Pita


Jean-Louis Zuccolini         
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