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Interview  (Rouen)  juin 2018

De NORD à Foray

Sorti de l’ombre il y a environ 3 ans avec la parution de singles efficaces et entêtants ("Drunk", "L’amour s’en va"), le rouennais Xavier Feugray alias NORD se préparait à sortir son premier album dans la foulée chez Sony / Columbia… mais comme la vie n’est pas un long fleuve tranquille, un autre nord, dépositaire du nom, mit son grain de sel dans la happy story qui se dessinait… implacable et peu arrangeant, l’inconnu petit nord contraint le futur ex-NORD à trouver un nouvel alias, Foray… et recommencer à se faire connaître du public et des medias… aidé par son magnifique "Elle voudrait", il a pris le temps de composer et peaufiner son premier album Grand Turn Over qui sort ce 14 juin. Froggy’s Delight a rencontré Foray à quelques jours de son grand tournant.

En septembre 2016, on s’était dit "rdv pour la sortie de l’album". On se dit quoi aujourd’hui ? On en est encore là, on en est toujours là, on en est enfin là ?

Xavier Feugray : Enfin là ! A l’époque, je ne savais pas que le temps allait être aussi long... J’ai vraiment hâte que l’album sorte. On a passé toute l’année 2017 dessus. Enregistrement et finalisation jusqu’en juin, masterisation en juillet. Il aurait dû sortir fin septembre début octobre mais cette histoire de nom a fait traîner les choses et pour le report de la sortie en janvier, la situation n’était pas encore claire, si on avait sorti le disque sous le nom NORD, on aurait certainement eu des procès...

J’ai été obligé de changer de nom, le gars qui s’appelait déjà NORD ne s’est pas montré très conciliant, il m’a directement envoyé ses avocats, du coup il a fallu que je me trouve un nouveau nom de scène, ce qui fait qu’on a repoussé la sortie pour mettre tout ça au clean et préparer la promo.

Le morceau "Garde le ton nom" est une forme de clin d’œil ?

Xavier Feugray : C’est un morceau avec plusieurs lectures, elle peut marcher sans que l’on connaisse l’histoire. Un divorce où la nana pourrait dire "garde le ton nom connard", ou un gamin qui grandirait et serait viré de chez lui et répondrait "allez changement d’identité, on zappe la vie passée…", mais aussi, bien évidemment l’aventure qui m’est arrivée…

Question rituelle, à quelques semaines de la sortie de l’album, dans quel état d’esprit te sens-tu ?

Xavier Feugray : Je suis très content de l’album et du travail qui a été fait dessus. Les chansons qui ont été retenues sont celles qui me parlent le plus. Après tous ces moments d’attente, j’ai très hâte, et je suis impatient de commencer la promo et les concerts qui vont avec, mais j’ai surtout très envie de trouver une tournée assez rapidement, à la rentrée, le défendre à fond et voir la réaction du public, voir comment l’album va être pris, reçu… Les premiers retours sont très encourageants. Je joue gros, peut-être la suite de ma carrière, c’est mon premier album, s’il fonctionne bien j’aurais certainement l’opportunité d’enregistrer les petits frères du "Grand Turn Over", c’est aussi cela qui commence à faire monter la pression.

Pendant cette attente entre les premiers EP et la sortie de l’album, en as-tu profité pour peaufiner ton style, tes morceaux, tes textes…

Xavier Feugray : Oui, tout d’abord parce que je n’ai pas travaillé avec les mêmes personnes. Pour les premiers EP, j’avais bossé avec Sylvain Carpentier (collaborateur de Saez) mon pote de lycée, avec lequel nous avons enregistré le EP de Damfortune, il m’a beaucoup appris sur le son et m’a fait vraiment progresser… La rencontre avec Thierry Minot m’a permis de trouver d’autres chemins, plus électro... On s’est aperçu qu’on avait la même vision et on a envisagé de travailler l’album ensemble comme ça. Columbia nous a laissé carte blanche, prendre les directions qu’on voulait…

Les ambiances musicales sont toujours multiples, tu varies de la synth-pop, aux ballades, avec parfois des tempos clubbing.

Xavier Feugray : J’aime à la fois les trucs très folk et acoustiques, je viens de cet univers. C’est le fait de me retrouver seul à bosser sur des logiciels comme fruity loop ou live, essentiellement avec Thierry, qui m’a mis un pied dans l’électro à triturer des sons, les bidouiller…

Tu as conservé ta manière d’écrire ? On a le sentiment qu’il y a beaucoup plus de vécu sur tes nouveaux morceaux.

Xavier Feugray : Je m’inspire toujours du vécu et des bribes entendues à droite, à gauche… Pour les nouveaux morceaux, j’ai essayé de me distancier un peu plus du vécu, la chanson "On viendra nous chercher" est inspirée d’une lecture de Yasmina Khadra ("L’équation africaine"), l’histoire d’un homme sur son bateau au large de la Somalie, capturé par des pirates et revendu à des bandes mafieuses, son seul espoir est de se dire "un jour on viendra nous chercher". Ce texte m’a permis de me décentrer du moi et mes sentiments.

Il y aussi beaucoup d’ambivalences dans tes textes, espoir / désespoir, doute / certitude, rêve / réalité,  "Elle voudrait" en est l’exemple.

Xavier Feugray : "Elle voudrait" a été perçue comme légère alors qu’en réalité, elle fait partie des plus politiques. J’ai l’impression que l’on vit dans une époque qui retourne un peu trop en arrière, les droits des femmes, etc. J’avais en tête cette phrase de Platon qui dit que "le seul rêve d’une femme c’est d’être un homme", et peut-être que finalement "Elle voudrait" autre chose… Le climat social m’affecte beaucoup…

Tu dessines, tu chantes, tu écris ("Mon cher journal" sur Facebook), Foray artiste  à facettes ?

Xavier Feugray : Le dessin c’était avant la musique, je voulais devenir peintre, j’ai fait les Beaux-Arts du Havre, et quand j’ai eu mon diplôme en 4ème année, j’ai commencé à faire des chansons, à faire de la musique et à laisser tomber la peinture. Quand j’ai retrouvé les carnets sur lesquels j’écris mes chansons, tout raturés et dessinés, j’ai eu l’idée d’en faire des dessins et des toiles qui seront exposés dans une galerie (galerie "Le collectif d’en face" à Rouen) pour la promo du "Grand Turn Over". J’aimerais bien sortir un livre, j’y travaille en ce moment, ce sera un de mes projets pour l’an prochain, c’est une éditrice rencontrée aux francos qui m’y a un peu poussé, l’idée c’est d’explorer la poésie, mais c’est difficile, l’écriture d’un livre c’est un autre univers…

Pour le "Grand Turn Over", tu es entouré de la même équipe, Ludwig Brosch et Thierry Minot.

Xavier Feugray : Au départ, ils étaient mes compagnons de scène, et l’entente a tellement été bonne qu’on a continué ensemble sur les EP et l’album.

Sur scène, l’émotion et l’intensité sont autant palpables chez eux que chez toi, Foray est toujours un projet solo ou un groupe ?

Xavier Feugray : C’est devenu une famille, on a vécu beaucoup d’émotions ensemble qui nous ont vraiment soudés. Heureusement qu’ils étaient là quand j’étais bien down ces derniers temps. Sur scène, il y a une vraie osmose, une vraie complémentarité, quand je flippe ils restent zen, ils me conseillent, ils sont capables de dépasser leurs émotions et assurent le job…

Tes écoutes du moment ?

Xavier Feugray : Mes classiques Leonard Cohen, Timber Timbre, j’ai découvert les Ghospoet, j’aime vraiment beaucoup ce hip-hop joué. Et puis je laisse mes oreilles restées curieuses, je peux écouter du son touareg, des chants malgaches, me laisser envahir par des ambiances, des climats… Souvent mes chansons partent de ça, d’une ambiance ou d’un climat particulier, c’est le cas de "Drunk" par exemple.

"Grand Turn Over", c’est "le plus beau jour de ta vie" (un des titres de l’album) ?

Xavier Feugray : Le plus beau jour de ma vie ? Je suis vraiment content d’avoir fait tout ce chemin, mais le plus beau jour de sa vie, on ne sait jamais quand il arrive, il est peut-être même déjà passé… j’espère en vivre d’autres des plus beaux jours…

Et tes prochaines semaines ?

Xavier Feugray : L’album sort le 15 juin, concert release-party le 14 juin à Paris dans la salle des Etoiles, cet été je vais jouer au Québec, et j’ai quelques dates à la rentrée.

On s’était dit rendez-vous pour l’album, maintenant qu’il sort, on se dit quoi ?

Xavier Feugray : J’aimerais bien enchaîner assez rapidement sur un second album, j’ai quelques chansons de prêtes, travaillées avec des synthés et des boîtes à rythmes vintage, des mini-moog, des Roland TR-505, 808, 909 (le matériel emblématique de la french touch 90’s)… le résultat est étonnant…

 

En savoir plus :
Le site officiel de Foray
Le Facebook de Foray

Crédits photos : Bérengère Guillot


Sébastien Dupressoir         
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# 2 août 2020 : Une petite pause s'impose

Le mois d'août arrive. Sans les festivals, l'actualité culturelle sera plus calme mais nous serons toujours là pour vous tenir compagnie chaque semaine notamment sur Twitch. Commençons par le replay de la Mare Aux Grenouilles #8 (la prochaine sera le 29 août) et bien entendu le sommaire habituel.

Du côté de la musique :

"Pain olympics" de Crack Cloud
"Waiting room" de We Hate You Please Die
"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

chez soi avec des comédies blockbusters at home :
"Lady Oscar" de Guillaume Mélanie
"La vie de chantier" de Dany Boon
"Post-it" de Carole Greep
"Mon meilleur copain" de Eric Assous
"L'ex-femme de ma vie" de Josiane Balasko
"Un point c'est tout" de Laurent Baffie
et de l'eclectisme lyrique avec :
"L'Ange de feu" de Serge Prokofiev revisité par Mariusz Trelinski
les antipodes stylistiques avec "L'Enfant et les Sortilèges" de Maurice Ravel par James Bonas et "Dracula, l'amour plus fort que la mort" de Kamel Ouali
et le concert Hip-Hop Symphonique avec des figures du rap et l'Orchestre Philharmonique de Radio France

Expositions :

en virtuel :
"Warhol" à la Tate Modern de Londres Exhibition Tour avec l'exhibition tour par les commissaires et et 12 focus
"Plein air - De Corot à Monet" au Musée des impressionnismes de Giverny
avec l'audioguide illustré ainsi qu'une approche en douze focus
en real life :
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
du vintage avec la version restaurée de "Quelle joie de vivre" de René Clément
un documentaire "Dawson City : le temps suspendu" de Bill Morrison
des films récents dans son salon :
"Hauts les coeurs !" de Solveig Anspach
"La Famille Wolberg" de Axelle Ropert
"Pieds nus sur des limaces" de Fabienne Berthaud
"Le Voyage aux Pyrénées" de Jean-Marie Larrieu et Arnaud Larrieu
"Dans Paris" de Christophe Honoré
"La promesse" de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Lecture avec :

"Nous avons les mains rouges" de Jean Meckert
"Il était deux fois" de Franck Thilliez
"La goûteue d'Hitler" de Rosella Postorino
et toujours :
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Fleishman a des ennuis" de Taffy Brodesser-Akner
"Summer mélodie" de David Nicholls
"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson

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