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Kendrick Lamar / N.E.R.D.  (divers)  juillet 2018

Série d'articles sur les albums No One Ever Really Dies de N.E.R.D. et Damn. de Kendrick Lamar. Episode 3.

Un jour, il faudra retrouver et remercier le batteur de la Mount Olive Baptist Church, l’église où sont allés Timbaland et Pharrell Williams dans leur enfance (non seulement faisaient-ils partie de la même congrégation, mais ils sont cousins.

Une habitante de ce quartier de Virginia Beach se souvient que, petit, Pharrell jouait de la batterie sur tout ce qu’il trouvait. Quand on sait cela, on comprend quelque chose de crucial sur la musique qu’il écrit depuis 1991 - l’époque où il partageait avec Timbaland et Magoo le groupe Surrounded by Idiots : Pharrell est avant tout un batteur.

Il y a des compositeurs mélodistes, dont on ne pourrait pas tirer l’essence des chansons sans un piano ou une guitare. Ce sont probablement les plus nombreux, et donc statistiquement les plus chiants. Il y a les bassistes, comme Michael Jackson (comme le montre entre autres cet enregistrement où il explique comment il procède pour écrire). Faites le test : réduites à leur plus simple expression, que sont "Billie Jean" (tum-tum-tum-tum-dumdumdumdum), "Beat it" (daa-dada da daa, twamp dada daa) et même "Thriller" (du-dum du du du dup) ? Des lignes de basse.

Et puis, il y a les compositeurs batteurs. Pharrell est leur maître à tous (et Timbaland est de la même trempe - merci, le batteur de la Mount Olive).

Les chansons de Pharrell, ontologiquement, sont des rythmes. Ça n’empêche évidemment pas de belles harmonies, comme "Lighting Fire Magic Prayer", l’un des sommets de No One Ever Really Dies. Mais leur substantifique moelle, le sillon ("groove", en anglais) que Pharrell creuse avec Chad Hugo depuis le premier album de N.E.R.D. en 2001, c’est le rythme.

Le Dieu de tous les compositeurs-batteurs est James Brown. Sa grande invention, c’est "The One" : l’importance du premier temps dans le décompte "one, two, three, four". Pharrell sait lui aussi qu’en insistant suffisamment sur l’ouverture de la mesure, l’entrée de la maison, il peut agencer le reste comme bon lui semble sans dénaturer la chanson : c’est du feng-shui musical.

L’une des leçons qu’il en tire est une idée géniale : sur No One Ever Really Dies, chacune des chansons (vraiment chacune d’entre elles) compte au moins un passage où le rythme est divisé ou multiplié par deux.

Rien de révolutionnaire en soi, bien sûr : le principe de nombre de morceaux hip-hop est de sampler un morceau de jazz rapide et d’y ajouter un rythme deux fois plus lent en jouant sur une ambiguïté irrésistible : le côté dansant, aérien des croches et le martèlement terrien du beat (deux exemples parmi tant d’autres : Mr Scruff qui sample Fats Waller, Soul Coughing qui sample Raymond Scott).

En revanche, le fait de créer tout un album avec ce système est nouveau, et rapproche Pharrell Williams de Raymond Queneau : non seulement No One Ever Really Dies est un album extraordinaire en soi, mais il relève de l’écriture sous contrainte, comme si Pharrell avait lui aussi, en parfait oulipien de la musique, besoin de contraintes pour accéder à plus de liberté.

 

En savoir plus :
Le site officiel de Kendrick Lamar
Le Soundcloud de Kendrick Lamar
Le Facebook de Kendrick Lamar
Le site officiel de N.E.R.D.
Le Soundcloud de N.E.R.D.
Le Facebook de N.E.R.D.


Mickaël Mottet         
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# 11 novembre 2018 : En route pour l'hiver

Quoi de plus triste qu'un jour férié un dimanche pluvieux ? Pas grand chose mais il est temps de se remonter le moral avec le sommaire de notre petite sélection culturelle hebdomadaire.

Du côté de la musique :

Rencontre avec Olivier Brion, complétée par une session 5 titres
"Au dessus" de Au Dessus
"Terrain à mire. Une maison rétive. Contrainte par le toit" de Bégayer
"Rojo vivo" de Borja Flames
"Alaska" de Eryk.E
"Envol" de Joulik
"La boîte de pandore" de Karin Clercq
"Pur sang EP" de Pur Sang
"Grazyna Bacewicz : The Two Piano Quintets - Quartet for four violins - Quartet for four cellos" de Silesian Quartet and Friends
"Songs for a city" de Victoire Oberkampf
et toujours :
"Tempérance #2" de Dominique Dalcan

"Thomas Pesquet : 16 levers de soleil, BOF" de Guillaume Perret
"In the street" de Laurent Fickelson
"Buenos Aires 72" de Marina Cedro
"Caribbean stories" de Samy Thiébault
"Black honey" de Black Honey
"Nulle part" de Daisy Driver
"Ancient majesty" de Portier Dean
"Chimie vivante" de Féloche

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Love" aux Ateliers Berthier
"Ivanov" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Demi-Véronique" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Stück Plastik, une pièce en plastque" à la Manufacture des Oeillets
"La Vie devant soi" au Théâtre Jean Arp à Clamart
"L'Avalée des Avalés" au Théâtre Les Déchargeurs
"Les Filles du Trois et demi" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Les Fourberies de Scapin" au Théâtre Le Lucernaire
"L'Autre fille" au Théâtre Les Déchargeurs
"La Magie lente" au Théâtre de La Reine Blanche
"Pauline Cariou - Chroniques d'une vie décalée" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"My Ex-step-in-law" au Théâtre Dunois
"Les Louvres and/or Kicking the dead" au Centquatre
"Retour à Lemberg" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
les reprises :
"Berlin Kabarett" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Ex-Anima" au Théâtre Zingaro
"Le Joueur d'échecs" au Théâtre de l'Epée de Bois
"En couple" à La Folie Théâtre
"Les Divalala - Femme, Femme, Femme" au Palais des Glaces
et la chronique des autres spectacles de novembre

Expositions avec :

"Grayson Perry - Vanité - Identité - Sexualité" à la Monnaie de Paris
"Jômon - Naissance de l'art dans le Japon préhistorique" à la Maison de la Culture du Japon

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Carmen & Lola" de Arantxa Etchevarria
"High Life" de Claire Denis
"Un amour impossible" de Catherine Corsini
Oldies but Goodies avec "L'Adieu aux armes" de Frank Borzage en version restaurée
et la chronique des sorties d'octobre

Lecture avec :

"Prisonniers de la géographie" de Tim Marshall
"Le peuple contre la démocratie" de Yascha Mounk
"Le complexe d'Hoffman" de Colas Gutman
"La croisière charnwood" de Robert Goddard
"Haute société / Frank et Billy" de Vita Sackville / Laurie Colwin

et toujours :
"Ce qui t'appartient" de Garth Greenwell
"Et j'abattrai l'arrogance des tyrans" de Marie-Fleur Albecker
"Infirmière" de Christie Watson
"Le camp de la goutte d'eau" de Baniel Bililian
"Qaanaaq" de No Malo
"Treize jours" de Arni Thorarinsson

Froggeek's Delight :

"Assassin's Creed : Odyssey" sur PS4, XBOXONE, PC Windows

et toujours :
"Astrobot rescue mission" jeu en réalité virtuelle sur PS4
"Marvel's Spider-Man" en exclusivité sur PS4
"Shadow of the Tomb Raider" sur PS4, XBOXONE et PC
"Kingdom Come : Delivrance" sur PC, PS4 et XBOX

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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