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Théâtre de Belleville  (Paris)  septembre 2018

Dystopie théâtrâle d'après le roman éponyme de Stanislas Lem, adaptation de Rémi Prin et Thibault Truffert, mise en scène de Rémi Prin, avec Thibault Truffert, Louise Emma Morel, Quentin Voinot et Gabriel Laborde.

Le théâtre et la science-fiction peuvent-ils faire bon ménage ? Et d'abord quelle science-fiction ? Car, évidemment, sur scène il est difficile de reconstituer l'univers de George Lucas, même si le pari mériterait d'être relevé ou le sera sans doute un jour.

Reste ainsi à s'intéresser à une SF plus cérébrale où les questions philosophiques remplacent les batailles galactiques. On arrive rapidement à des œuvres comme "Solaris" de Stanislas Lem.

Considérée, jadis, comme la réponse du bloc soviétique au "2001, odyssée de l'espace" d'Arthur C. Clarke, la rivalité s'est polarisée sur leurs adaptations cinématographiques dans un duel Kubrick-Tarkovski.

Aujourd'hui, devant la proposition de Rémi Prin et de Thibault Truffert, adaptateurs du roman au théâtre, et respectivement metteur en scène et acteur de la pièce, on pourrait avant tout s'interroger sur sa nécessité. Et la résolution des deux co-adaptateurs aura été la meilleure possible : revenir à une SF bien antérieure à celle de Lem.

Costumes kitschs de Célia Bardoux et Marion Gesbert, station spatiale presque vernienne de Benjamin Gabrié et Suzanne Barbaud, importance capitale des sons (genre bruit de lavabos) de Léo Grise et enfin et surtout travail sur la lumière de Rémi Prin avec filtres de couleur basiques, voilà tout ce qu'il faut pour créer un plateau SF...

Sans oublier de la fumée, beaucoup de fumée... et des acteurs capables de jouer les terriens naïfs confrontés aux dangers de l'exploration des planètes comme Solaris...

On ne s'ennuie jamais dans ce récit plus proche de la bédé que de la philosophie fumeuse de Lem, qu'on a connu plus inspiré quand il ajoutait de l'humour à ses utopies galactiques.

Rémi Prin a bien fait de faire jouer ses acteurs au "premier degré". Il suffit de voir les trois explorateurs (Thibault Truffert, Quentin Voinot et Gabriel Laborde) confrontés à des êtres fantasmés comme Emma Morel pour comprendre qu'il a fait le bon choix.

Ce qui aurait pu être ridicule devient un vrai mélo dans l'espace sidéral et l'on saisit très vite tous les enjeux de ce drame spatial. Au passage, on n'est pas loin de l'ambiance du plus grand film de SF des années 1950, "Planète interdite". Manque à l'appel seulement Robby le Robot, mais, du coup, grâce à Rémi Prin, on découvre que "Solaris" de Lem a beaucoup emprunté à "Planète interdite"

Quant à cette version modeste et anti-moderne de "Solaris", elle est cohérente dans ses parti-pris et se suit, on le répète, sans aucun déplaisir et même avec quelques larmes puisqu'il y a drame dans cette histoire. On soulignera aussi les risques pris en montant cette œuvre connotée "science-fiction".

On espère que l'originalité du projet et sa réussite formelle inciteront les spectateurs réticents à vaincre leur appréhension. Ils ne risquent qu'une chose : découvrir un spectacle plaisant, peu commun et mené rondement par tous les protagonistes. 

 
 

Philippe Person         
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