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puce Festival Hop Pop Hop #3 (édition 2018) - vendredi 14
Sonny & the Sunsets - One sentence. Supervisor - Mister Milano - Laake - Baloji - Malik Djoudi - Aaron Cohen - Oktober Lieber - Ctrl-Z  (Orléans)  14 & 15 septembre 2018

L’été se termine en pente douce, on a rangé les maillots, plié les serviettes, les têtes blondes ont repris le chemin de l’école et les parents ont enfin retrouvé quelques heures de liberté chaque jour - pour aller bosser ou pour traverser la rue - bref, c’est le moment que les orléanais attendent comme les parisiens attendent Rock En Seine (enfin, je crois, en tout cas ils l’attendent) : Hop Pop Hop ! En seulement deux éditions, le festival s’est imposé comme l’évènement culturel de la rentrée grâce à une programmation intelligente et orientée vers les artistes émergents, une vraie proposition qui fait réagir le public.

Me voilà donc reparti à courir les rue pour aller du Jardin de l’Évêché au Centre Chorégraphique avant de filer à la scène nationale, à la salle de l’Institut ou au 108, et de refaire le chemin dans l’autre sens. Il va en falloir des barquettes de frites et du houblon pour compenser cette perte de calories.

Sonny & the Sunsets ouvrent la grande scène du Jardin de l’Évêché, une tâche difficile à 18h30 un vendredi. Le festival sera vite plein (et même plein à craquer le samedi), mais pour l’instant, l’assistance est clairsemée. Le groupe américain (San Francisco) propose une pop de surfeur jouée dans un garage, un son pas si clairement californien que ça mais franchement cool pour entrer en matière. Une bonne façon de prolonger l’été en se projetant les cheveux blonds dans le vent à l’arrière d’un pick-up. J’espère avoir l’occasion de les revoir un soir un peu plus tard, un peu plus chaud et un peu plus rempli pour mieux goûter l’énergie de leur musique.

Je file un peu avant la fin pour aller voir One sentence. Supervisor. Des suisses de Baden qui plantent un parasol sur scène, ça passe ou ça casse. Et là ça passe et ça passe même très haut. Si la jeunesse laisse encore transparaître quelques petits défauts (une voix qui prendra vite de l’assurance), leur plaisir d’envoyer de grosses guitares chargées d’effets est forcément communicatif.

Ils enchaînent les longues plages instrumentales, les envolées saturées, c’est du lourd mais ça décolle avec une facilité déconcertante. On en prend plein les oreilles et on en redemande. Du Madchester au bon chocolat des Alpes, c’est clairement la première sensation du cru 2018 (et je suis très fier d’avoir réussi à parler d’eux sans dire ni shoegaze ni kraut-rock).

C’est le premier jour et j’ai envie de tout voir, je pars donc un peu avant la fin pour profiter d’un trou entre 20h15 et 20h15. Mister Milano se produit à la Scène Nationale, en courant vite, j’arriverai bien à y passer 15 minutes. Ambiance tripante, synthés élégants, instrumentaux qui prennent à la tête et aux tripes, chorus qui passent d’un clavier à un autre, on sent une belle et forte complicité entre ces musiciens suisses (oui encore, mais italiens cette fois). Un peu de vintage à la mode, ou soupçon de kitsch pour lier le tout, superbe.

Et je repars en courant pour voir un petit bout de Laake qui remplace au pied levé Phœnician Drive, le groupe belge ayant déclaré forfait pour raison de santé. Un de mes regrets de ce week-end. Entre piano et machines, le producteur français fabrique des ambiances, avec classe et maîtrise. Je ne suis pas assez touché pour rester plus longtemps, mais les amateurs du genre se feront plaisir.

Je vais donc passer voir Baloji en attendant un des artistes que j’attends le plus. Première bonne surprise. J’aime tellement me faire embarquer par un groupe que je ne pensais pas aller voir. Baloji, son groupe c’est une énorme présence, un groove de folie, une grosse ambiance et une générosité incroyable. La chanteur fait le show et son style mélangeant musique africaine, rap, soul, funk, jazz, chanson saupoudré d’un zest d’électro fait mouche. Tout le monde danse, rit et rêve secrètement de se trouver une petite place dans leurs valises pour filer avec eux.

Mais le moment approche et je ne veux pas manquer le début : Malik Djoudi. Le nom tourne depuis quelques temps et le repérage dans l’antre de la Souterraine. Cette voix souvent haut perchée posée sur une musique électronique chaleureuse, sa mise à nue, l’émotion toujours à fleur de peau, une sincérité touchante, tout ici donne envie de hurler que nous aussi on est fragiles, que nous aussi on est prêt à assumer nos jolies faiblesses et même à danser dessus. Mais c’est quand même plus facile à faire quand on est porté par la musique de Malik Djoudi. Si vous n’avez pas encore écouté Un ou si vous n’avez pas encore pu le voir sur scène, foncez.

Parfois, la vie nous met face à des ruptures un peu violentes. J’avais très envie d’aller voir Aaron Cohen, mais je doute. Je file tout de même à la scène Nationale et comme je le redoutais, il va me falloir un peu de temps pour passer de l’univers onirique de Djoudi au rap sombre de l’américain. Une fois dedans, il est trop tard pour reculer, on est pris comme dans un tourbillon, un flow de mots qu’on prend en pleine gueule. Ça balance, ça retourne, difficile de lutter.

Et me voilà traînant hagard dans les rues d’Orléans, des rues qui ne voient pas souvent trainer des gens hagards. A la recherche d’une boisson fraîche, je rentre au 108 où Oktober Lieber va bientôt commencer. J’avais décidé de faire l’impasse sur ce concert, mais maintenant que je suis là… Je ne comprends pas tout de suite ce qui m’arrive. Un son monte, a-t-il un maître ? Il en a deux. Deux françaises qui soufflent une vague froide électronique, une lame de fond. Elles semblent dialoguer avec leurs machines au point qu’on ne sait pas toujours quelle part de liberté ont ces dernières. Deuxième bonne surprise inattendue.

Que j’aime ce festival. Je me laisse couler dans cette ambiance semi-apocalyptique d’une ère post-industrielle où on vivrait tous sous assistance respiratoire avec des lunettes de réalité virtuelle fabriquées par Monsanto et vendues au marché noir par des horticulteurs incapables de traverser une rue, au point d’oublier que j’avais prévu d’aller voir Ctrl-Z. Je pars en courant mais il est déjà trop tard. La queue bloque la rue et je renonce à essayer de traverser. Le remord me rend lourd, je préfère jeter l’éponge. Clap de fin pour cette première journée, j’ai 300 photos à dérusher, et probablement 293 photos à jeter. Au boulot !

PS : Merci à Jack Torrance pour la photo de Sonny & the Sunsets.

 

En savoir plus :
Le site officiel du Festival Hop Pop Hop
Le Facebook du Festival Hop Pop Hop

Crédits photos : Alex BBH


Alex BBH         
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et la chronique des films à l'affiche en novembre

Lecture avec :

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"Feel good" de Thomas Gunzig
"Histoire mondiale de la guerre froide (1890-1991)" de Odd Arne Westad
"L'avenir de la planète commence dans notre assiette" de Jonathan Safran Foer
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