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Double Negative  (Sub Pop / PIAS)  septembre 2018

Chère Mimi, cher Alan,

Longtemps restera en moi gravé ce soir d’été 2018 où pour la première fois, j’entendis les premiers titres de Double Negative. Ce triptyque sombre, fragile et bouleversant qui lançait sans compromis, sans détour, le fil conducteur de votre nouvel album.

Je vous ai aimé durant de longues années et puis, ces derniers temps, mon désamour pour votre musique récente s’était lentement installé. Ce n’était pas mauvais, mais le frisson n’était plus garanti, ou par épisodes, par instants.

Et puis, j’ai écouté votre Double Negative. Je suis resté bouche bée, béat, et béant d’un manque tout à coup comblé. La première écoute fut une décharge électrique. J’ai eu du mal à en croire mes oreilles. L’inconfort de cette découverte s’estompa en quelques minutes et j’ai trouvé en votre nouveau paysage, l’ensemble des éléments qui compose mon pays intérieur. Qu’est-ce que c’était beau ! Tout ce soleil noir et brûlant, cette fin du monde éteint sous les cendres, cette chambre frigorifique où la lumière du jour peine à percer, s’étiraient devant moi comme une mer de poussière, une tempête de mer en pleine accalmie. Pardon, je perds le fil…

Il faut dire qu’à malmener mon sens giratoire à grands renforts d’envolées, de chamades sous l’épiderme, d’ossatures écartelées, j’ai fini par sentir ma tête tourner. Derrière vos chansons les plus bouleversantes depuis au moins quinze ans se cache une forêt d’effets qui posent une chape de plomb sur la lumière. Excessive et débordante, elle est rapidement devenue pour moi l’évidente composante essentielle à votre respiration au long souffle. Vous m’avez coupé ce souffle, d’abord par cette sensation indescriptible d’être en apnée durant 48 minutes, alors que chaque morceau chahute l’autre en lui rentrant dedans, puis cette expiration qui vous offre une délivrance salutaire. Vous avez créé ce poumon artificiel et addictif qui est pour moi vital lorsque j’écoute une musique. Vous avez rempli ce besoin primaire de me sentir aspiré lorsque j’écoute un disque.

Et puis, en cette fin d’été, je pose enfin le disque sur la platine, et là, c’est tout mon être qui déraisonne. Vous adjoindre les services de BJ BURTON est sans doute la plus belle idée du disque car cette production excessive, qui dévore la peau d’âme dès que l’on s’en approche, vous immerge jusqu’à la gorge pour la nouer un peu plus fort à chaque écoute. Oui, vous m’avez pris par surprise, là où tous les sons se sont mis à danser partout autour de moi, comme à 360 degrés, comme posant vos bras autour de moi pour m’accabler et me réconforter à la fois. Jamais vous ne m’êtes apparus si puissants, si miraculeux, mais aussi si glaciaux et lucides sur le monde qui nous entoure.

Car il n’est finalement question que de cela. Une description au scalpel de notre monde en déliquescence. Depuis tout ce temps que je vous suis, j’ai tout de même posé un genou à terre, comme lors d’un retour de flammes éternelles qui jaillissent d’on ne sait où, à cet instant précis où l’on n'attendait plus rien. Sans doute allez-vous diviser, entre ceux qui vont aimer, ceux qui vont trouver votre nouvel album insupportable de manière et de production, mais le point névralgique où se croisent les bruits blancs, les silences frôlant les cieux ou les drones tendus, les voix fragiles ou déstructurées, les batteries concassées et les guitares éthérées comme jamais, est un axe qui m’est paru évident puisque regroupant plus ou moins tout ce que j’aime en musique.

A l’image de l’être que l’on chérit le plus et qui vous offre, par surprise et sans raison, le cadeau dont vous auriez rêvé toute votre vie. Chère Mimi, cher Alan, merci d’avoir décidé de quitter définitivement les terres largement cultivées du Slowcore pour éclore au grand jour sous cette lumière embrasée et d’avoir donné naissance à ce qui sera sans doute à jamais pour moi, votre plus belle œuvre.

 

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# 14 octobe 2018 : L'Eclectisme n'est pas un gros mot

Du joyeux, du triste, du beau, du sombre, du symphonique, du dépouillement, de l'épique, de l'intimiste... Encore une semaine chargée en actualité et pleine d'éclectisme dans notre sélection culturelle à découvrir sans plus attendre.

Du côté de la musique :

"Wanderer" de Cat Power
"I Am As You Are" de Sol Seppy
"Dag Wiren : Sinfonietta in C major, Serenade, Synphony N3 & Divertimento" de Rumon Gamba & Iceland Symphony Orchestra
"Une issue" de Samuel Cajal
"Comme un ours" de Alexis HK
"Antilles méchant bateau" par divers artistes
"Blow" de Donny McCaslin
Rencontre avec Gontard! et son nouveau clip "Arcade Fire" à découvrir
"Weapons of mass percussion" des Tambours du Bronx
"Houdini" de San Carol
"Vendredi soir EP" de Céline Tolosa
et toujours :
"La fragilité" de Dominique A
"Il Francese" de Jean Louis Murat
"Pink air" de Elysian Fields
Qu'en Pense Gertrude ? en interview accompagnée d'une session acoustique dans une cave à vins
"Certaine ruines" de Cyril Cyril
"Northern chaos gods" de Immortal
"Feel" Invigo
"La gueule de l'emploi" de Lénine Renaud
"Si c'était à refaire" de Septembre
"Voodoo magic" de Spiral Deluxe
"Midnight in an moonless dream" de The Buttertones

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Le Banquet" au Théâtre du Rond-Point
"Le Pouvoir" au Théâtre de Ménilmontant
"La Nostalgie du futur" au Théâtre national de Bordeaux
"La Cantate à trois voix" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Queen Mary" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Laïka" au Théâtre du Rond-Point
"Oscar et la Dame rose" à la Comédie Bastille
"Jean-François Derec - Le jour où j'ai appris que j'étais juif" au Théâtre L'Archipel
les reprises :
"Tous mes rêves partent de la gare d'Austerlitz" au Théâtre 13/Seine
"Camille contre Claudel" au Théâtre du Roi René
"Deux mensonges et une vérité" au Théâtre Rive-Gauche
"Le Potentiel érotique de ma femme" au Théâtre des Mathurins
"Ma cantate à Barbara" au Théâtre des Variétés
"K Surprise" au Théâtre Les Déchargeurs
"Clouée au sol" au Théâtre Les Déchargeurs
"La Gloire de mon père" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"J'ai mangé du Jacques" au Théâtre Les Déchargeurs
et la chronique des autres spectacles d'octobre

Exposition avec :

"Caravage à Rome - Amis et Ennemis" au Musée Jacquemart-André
"Giacometti - Entre Tradition et Avant-garde" au Musée Maillol

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Guantanamera" de omas Gutierrez Alea et Juan Carlos Tabio
"Wine Calling" de Bruno Sauvard
Ciné en bref avec :
"A Star is born" de Bradley Cooper
"Climax" de Gaspar Noé
"L'Ombre d'Emily" de Paul Feig
"Frères ennemis" de David Oelhoffen
"The Little stranger" de Lenny Abrahamson
"Voyez comme on danse" de Michel Blanc
la chronique des films de septembre
et la chronique des autres sorties d'octobre

Lecture avec :

"Bandidos" de Marc Fernandez
"Commode, l'empereur gladiateur" de Eric Teyssier
"La mort selon Turner" de Tim Willocks
"La riposte" de Philippe Meirieu
"Reporter criminel" de James Ellroy
"Un gentleman à Moscou" de Amor Towles
et toujours :
"Sympathie pour le démon" de Bernardo Carvalho
"Réelle" de Guillaume Sire
"Personne n'est obligé de me croire" de Juan Pablo Villalobos
"Les illusions" de Jane Robins
"Les exilés meurent aussi d'amour" de Abnousse Shalmani
"L'autre siècle" de Xavier Delacroix

Froggeek's Delight :

"Shadow of the Tomb Raider" sur PS4, XBOXONE et PC
"Kingdom Come : Delivrance" sur PC, PS4 et XBOX

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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