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puce Le Jeu de l'Amour et du Hasard
Théâtre de l'Aquarium  (Paris)  septembre 2018

Comédie de Marivaux, mise en scène de Benoît Lambert, avec Robert Angebaud, Rosalie Comby, Etienne Grebot, Edith Mailaender, Malo Martin et Martin Sève (en alternance) et Antoine Vincenot.

Dans "Le Jeu de l'Amour et du Hasard", Marivaux use d'un motif récurrent de la comédie classique, celui du mariage arrangé, qu'il décline toutefois de manière singulière en plaçant l'intrigue sous le signe d'un paternalisme libéral goguenard et du travestissement.

Car ledit mariage entre gens de condition à une proposition laissée à l'appréciation des intéressés qui, méfiants, décident chacun d'interchanger leur situation avec celle de leur domestique chargé de leur représentation officielle.

Deux sentences proverbiales et une locution shakespearienne - "L'habit ne fait pas le moine", "Qui se ressemble s'assemble" et "Tout est bien qui finit bien" - résument les postulats et le dénouement d'une partition avec laquelle Marivaux joue un double, sinon un triple jeu.

Outre la satire sociale, le divertissement, sous couvert de progressisme, conforte l'ordre social établi en illustrant le déterminisme de classe et le caractère illusoire de l'ascension sociale, en son temps, et par le mariage, de ce qui deviendra une pratique bourgeoise au 19ème siècle.

De surcroît, Marivaux, fin stratège, pipe les dés au soutien de sa démonstration avec un double travestissement qui met donc en présence des duos socialement appariés ce qui laisse augurer d'un dénouement dans lequel le hasard n'existe que dans le titre de l'opus.

Dans la proposition de Benoît Lambert, l'accoutrement et les manières des valets travestis s'avèrent peu susceptibles de conforter l’inversion des rôles, cependant soutenue par le langage que l'auteur leur prête, ce qui nove la comédie en farce sous réserve de considérer fidèle la charge caricaturale au point de générer la méprise générale.

Sous sa direction, les comédiens officient en costumes, confectionnés par Violaine L.Chartier, placés sous le signe du "mix and match" - austère livrée noire pour les faux serviteurs, pourpoints d'époque pour les maîtres de maison et tenues contemporaines clinquantes pour les faux maîtres arborant le maquillage visage blanc-pommettes pastillées de rose du 17ème siècle - dans un vrai décor de théâtre n'ayant d'autre fonction qu'illustrative.

Antoine Franchet a conçu de manière brillante un chromo de fastueuse demeure péri-urbaine d'un maître de maison de belles naissance et fortune de surcroît esprit éclairé, façon "dehors-dedans" et de plain-pied avec la salle, avec côté jardin, naturellement, un parc boisé avec une folie en fond de scène et même un daim qui vient s'y aventurer, et, côté cour, sans transition architecturale autre qu'un banc, une collection de tables de salle à manger vintage qui se susbtituent aux vitrines des cabinets de curiosités.

Au jeu, des comédiens chevronnés, Robert Angebaud en pater familias goguenard et Etienne Grebot en inquiétant frère presque sadien, et de jeunes pousses issues de la promotion 2017 de l’École régionale d’Acteurs de Cannes et Marseille : Rosalie Comby en Lisette gourde, Malo Martin en Arlequin commedia dell'arte, Edith Mailaender en Sylvia frénétique et Antoine Vincenot en placide Dorante.

 

MM         
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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
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Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
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"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
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Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
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des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
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"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
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"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
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Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
"Balzac & Granville, une fantaisie mordante" à la Maison de Balzac

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
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et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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