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puce Jean-Christophe Aplincourt, directeur du 106 Rouen
Interview  (Le 106, Rouen)  vendredi 28 septembre 2018

L’équipe froggy’s avait rencontré Jean-Christophe Aplincourt en mai 2007, quelques mois avant qu’il ne prenne la direction de la future SMAC rouennaise, le 106. Désormais installé à la tête de ce projet et entouré d’une équipe de professionnels engagés et passionnés, rencontre avec ce fan de musique quelques heures avant une double affiche réunissant les rouennais survivants (dixit Xavier Boyer) de Tahiti 80 et la nouvelle pépite locale, Foray.

Jean Christophe, peux-tu te présenter ?

Jean-Christophe Aplincourt : Je suis directeur et programmateur du 106 à Rouen, depuis son ouverture en 2010, le 106 existe donc depuis huit ans. Une centaine de concerts annuels sont organisés dans ce lieu. Auparavant, j’étais responsable de l’abordage et du festival "Le rock dans tous ses états" à Evreux.

Comment s’articulent tes choix de programmation ?

Jean-Christophe Aplincourt : Les SMAC ont vu le jour, et j’ai milité dans ce sens de très nombreuses années, afin de promouvoir des artistes et des musiques qui avaient trop peu de représentations dans le panel de l’offre culturelle française. L’ouverture des SMAC doit permettre de prolonger l’esprit qui leur a permis d’être créées. Le rêve imaginé autour de l’essence des SMAC doit être celui appliqué.

Je ne veux pas reproduire le modèle du refus que l’on subissait auparavant. Dans ma conception, les SMAC se doivent d’être des lieux d’ouvertures, porter des projets de société, pouvant être comme une forme de matrice sociétale. Cela se retrouve au niveau de la diffusion mais aussi dans le fait que l’on s’occupe des amateurs, avec nos studios de répétitions par exemple, le but étant de considérer que le public peut être à la fois récepteur mais aussi émetteur ou artiste potentiel.

Notre action culturelle est dans la même optique, avec des expos, des conférences, des ateliers avec des publics spécifiques comme les détenus. Provoquer aussi des évolutions, attirer les gens vers des musiques singulières, à parité avec les zones de confort, élargir le champ des possibles aux musiques d’autres continents. La planète est universelle, et se focaliser sur les styles ou frontières habituels serait mal rendre compte de la diversité culturelle de la société française.

Arrive-t-il parmi tes choix de programmation, de faire des choix "plaisirs personnels" ?

Jean-Christophe Aplincourt : Dans le semestre, on va recevoir Don Bryant et Beechwood, deux styles très différents que j’adore, la soul et le garage, ce soir-là je serai un peu groupie. Je ne fais rien à contrecœur et ce qui ne nous paraît pas acceptable, on ne le fait pas. Il faut aussi savoir que l’on a une obligation de louer les salles, on a été co-financé par le centre national des variétés, qui a des producteurs privés qui veulent avoir un peu de droit d’entrée sur la salle, donc là on n'a pas toujours des artistes de nos choix.

Dans l’ensemble, il n’y a pas grand-chose qui me heurte, ma grande satisfaction est de voir les gens prendre du plaisir au 106.

Programmer et promouvoir la scène locale, c’est un crédo ?

Jean-Christophe Aplincourt : C’est important. Il me semble essentiel de développer une fierté locale. Construire des parcours artistiques réussis est un travail de longue haleine, ce n’est pas instantané. Devenir un artiste intéressant et accompli est un labeur de leur part, notre rôle est de leur créer un contexte favorable. C’est un investissement, on est toujours dans la perception émetteur / récepteur... une ville qui ne reçoit que des artistes, c’est un peu triste... De plus, ça provoque une émulation saine, un entraînement, une valeur d’exemple. C’est ce travail à long terme qui permet la montée en puissance d’un territoire, ça permet l’émergence de nouveaux artistes qui bénéficient de l’aide et du capital engrangés par les techniciens, les intermittents qui sont souvent eux-mêmes d’anciens artistes. La programmation du jour en est l’exemple, outre la sortie respective de leurs albums, ce sont des artistes que nous suivons depuis longtemps. Tahiti 80 et Foray sont des artistes singuliers, avec de vraies personnalités, de belles écritures, c’était impossible de passer à côté d’eux !

Quel est ton meilleur souvenir de concert ?

Jean-Christophe Aplincourt : Un concert de RL Burnside, bluesman du Mississipi, l’état le plus pauvre des USA, sorti de l’ombre par Jon Spencer Blues Explosion. Un trésor caché, bouleversant, un son de vaudou à la limite de la transe et ce, malgré son âge bien avancé. La culture des pauvres n’est pas une culture plus pauvre, une belle leçon de vie...

En tant que programmateur, c’est plus compliqué de faire un choix, surtout après trente années d’organisation de concerts... Récemment, j’ai revu Mister Airplane Man, j’ai trouvé ce duo de filles de Boston formidable.

L’équipe de Froggy’s Delight tient à remercier chaleureusement toute l’équipe du 106 pour sa bienveillance, et le bel accueil réservé en ce jour particulier.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

L'interview de Jean-Christophe Aplincourt (mai 2007)

En savoir plus :
Le site officiel du 106
Le Facebook du 106

Crédits photos : Sébastien Dupressoir


Sébastien Dupressoir & sy!         
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# 14 octobe 2018 : L'Eclectisme n'est pas un gros mot

Du joyeux, du triste, du beau, du sombre, du symphonique, du dépouillement, de l'épique, de l'intimiste... Encore une semaine chargée en actualité et pleine d'éclectisme dans notre sélection culturelle à découvrir sans plus attendre.

Du côté de la musique :

"Wanderer" de Cat Power
"I Am As You Are" de Sol Seppy
"Dag Wiren : Sinfonietta in C major, Serenade, Synphony N3 & Divertimento" de Rumon Gamba & Iceland Symphony Orchestra
"Une issue" de Samuel Cajal
"Comme un ours" de Alexis HK
"Antilles méchant bateau" par divers artistes
"Blow" de Donny McCaslin
Rencontre avec Gontard! et son nouveau clip "Arcade Fire" à découvrir
"Weapons of mass percussion" des Tambours du Bronx
"Houdini" de San Carol
"Vendredi soir EP" de Céline Tolosa
et toujours :
"La fragilité" de Dominique A
"Il Francese" de Jean Louis Murat
"Pink air" de Elysian Fields
Qu'en Pense Gertrude ? en interview accompagnée d'une session acoustique dans une cave à vins
"Certaine ruines" de Cyril Cyril
"Northern chaos gods" de Immortal
"Feel" Invigo
"La gueule de l'emploi" de Lénine Renaud
"Si c'était à refaire" de Septembre
"Voodoo magic" de Spiral Deluxe
"Midnight in an moonless dream" de The Buttertones

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Le Banquet" au Théâtre du Rond-Point
"Le Pouvoir" au Théâtre de Ménilmontant
"La Nostalgie du futur" au Théâtre national de Bordeaux
"La Cantate à trois voix" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Queen Mary" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Laïka" au Théâtre du Rond-Point
"Oscar et la Dame rose" à la Comédie Bastille
"Jean-François Derec - Le jour où j'ai appris que j'étais juif" au Théâtre L'Archipel
les reprises :
"Tous mes rêves partent de la gare d'Austerlitz" au Théâtre 13/Seine
"Camille contre Claudel" au Théâtre du Roi René
"Deux mensonges et une vérité" au Théâtre Rive-Gauche
"Le Potentiel érotique de ma femme" au Théâtre des Mathurins
"Ma cantate à Barbara" au Théâtre des Variétés
"K Surprise" au Théâtre Les Déchargeurs
"Clouée au sol" au Théâtre Les Déchargeurs
"La Gloire de mon père" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"J'ai mangé du Jacques" au Théâtre Les Déchargeurs
et la chronique des autres spectacles d'octobre

Exposition avec :

"Caravage à Rome - Amis et Ennemis" au Musée Jacquemart-André
"Giacometti - Entre Tradition et Avant-garde" au Musée Maillol

Cinéma avec :

les films de la semaine :
"Guantanamera" de omas Gutierrez Alea et Juan Carlos Tabio
"Wine Calling" de Bruno Sauvard
Ciné en bref avec :
"A Star is born" de Bradley Cooper
"Climax" de Gaspar Noé
"L'Ombre d'Emily" de Paul Feig
"Frères ennemis" de David Oelhoffen
"The Little stranger" de Lenny Abrahamson
"Voyez comme on danse" de Michel Blanc
la chronique des films de septembre
et la chronique des autres sorties d'octobre

Lecture avec :

"Bandidos" de Marc Fernandez
"Commode, l'empereur gladiateur" de Eric Teyssier
"La mort selon Turner" de Tim Willocks
"La riposte" de Philippe Meirieu
"Reporter criminel" de James Ellroy
"Un gentleman à Moscou" de Amor Towles
et toujours :
"Sympathie pour le démon" de Bernardo Carvalho
"Réelle" de Guillaume Sire
"Personne n'est obligé de me croire" de Juan Pablo Villalobos
"Les illusions" de Jane Robins
"Les exilés meurent aussi d'amour" de Abnousse Shalmani
"L'autre siècle" de Xavier Delacroix

Froggeek's Delight :

"Shadow of the Tomb Raider" sur PS4, XBOXONE et PC
"Kingdom Come : Delivrance" sur PC, PS4 et XBOX

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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