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puce Jean-Louis Murat
Il Francese  (PIAS)  septembre 2018

Achtung baby !

C’est par ces mots que commence le nouveau Murat, ce qui pour un album estampillé chanson française™ ® © par un chanteur français est pour le moins étonnant. En fait, voilà bien une des vraies bonnes questions que pose ce disque, est-ce que Jean-Louis Murat fait encore de la chanson française ?

Alors que Dominique A sort un album principalement guitare-voix, ce qui est on ne peut plus Chanson Française, ici on retrouve des codes qui ne font pas Chanson Française, boucle, electro, vocoder, à peine une guitare en riffs et un piano. Oui c’est chanté en français, oui le disque s’appelle Il Francese (Le Français), c’est bien écrit avec un style plutôt soutenu, ampoulé pour les béotiens qui n’aiment pas ça, avec en plus des références à Marguerite de Valois, à Napoléon et à Kendrick Lamar (ça ça passe en fait) mais ça ne ressemble pas, plus vraiment à de la chanson française™ ® ©. Oui mais vous savez ce que c’est, il faut des étiquettes, alors que depuis que j’écris pour ce site, je me tue à vous dire que les étiquettes c’est fait pour indiquer des prix de vente, pas pour qualifier de la musique et encore moins des artistes mais personne n’écoute. Concernant les étiquettes, en poser je préfèrerai ne pas.

Alors que le précèdent disque très expérimental était censé s’écouter d’une traite comme un long morceau, ici on retrouve le format chanson, heu pardon piste enfin je veux dire track, oui je suis moderne moi aussi, donc pour vous pitcher le disque je dirai que les tracks ont un sound design totalement trendy, fait par un maker certes senior mais totalement culte et encore dans le game avec ces sons.

Concrètement, on retrouve les expérimentations trip pop de Travaux sur la N89 mais en les adaptant, sans les pousser plus loin mais au contraire en les utilisant mieux, c’est-à-dire aller vers plus de simplicité et moins vers un millefeuille de sons. Il a gardé les idées de boucles, les gimmicks percutants, les phrases entêtantes, en laissant un peu tombé les effets de ruptures, en tout cas il en abuse moins. On en retrouve à la fin de "Gazoline" par exemple où, surgissant de nulle part, une fanfare "cirquesque", ou sur "Silvana", chanson en deux parties. On retrouve également une habitude de Murat, celle de mettre ici ou là, des sons de films, des extraits de dialogues, pris on ne sait où mais aussi des sons plus organiques, des oiseaux, la nature, ce qui conforte l’impression d’un album non seulement ouvert sur l’extérieur mais aussi sur le monde.

Qu’est-ce que tu viens nous chanter là ? Ce n’est pas moi qui pose la question mais lui-même, et ça se pose effectivement comme question également sur ce disque quasiment pas de référence à l’Auvergne. On ne passe pas par la Godivelle, on est plus à L.A. ou à Naples, à peine un "Ciné Vox" (très grande chanson du disque) en écho "Au Mont Sans-souci", plus de chevaux, plus de Bourboule, mais toujours de l’Amérique fantasmée, des maréchaux Napoléoniens, comment autant d’anciennes vies, d’autres vies et évidemment des idées de mort et un peu d’amour.

Et toutes ces histoires, ces chansons sonnent d’emblée, comme évidentes, et en plus elles supportent parfaitement une écoute compulsive et multiple, jamais lassant et ennuyeux. Murat abandonne un peu son "univers" qui nécessitait de "rentrer dedans", le premier extrait par exemple "Hold up" est percutant et accrocheur, au texte plus profond qu’il n’y paraît sur les relations amoureuses et leur limite, ou alors peut-être est-ce la peur maladive des hommes de l’engagement, de même que "Je Me Souviens" toute en simplicité musicale qui clôt magistralement l’album. Evidemment, comme souvent la poésie muratienne peut sembler obscure alors qu’elle n’a jamais été aussi simple et belle.

Finalement, cela compose un recueil de très bonnes chansons totalement dans l’air du temps sans aucune concession à celui-ci mais avec une vraie sincérité, cela ne sonne jamais comme le vieux chanteur qui veut faire jeune, "découvrez Jean-Louis Murat qui reprend Kanye West", on sent qu’il a parfaitement compris et assimilé les codes sans rien sacrifier ni son style ni son écriture, ils en sortent au contraire grandis et enrichis, il restitue parfaitement le son de l’époque avec des chansons qui resteront des classiques longtemps. Et peu importe si c’est de la chanson française ou pas.

 

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L'interview de Jean-Louis Murat (20 septembre 2011)

En savoir plus :
Le site officiel de Jean-Louis Murat
Le Soundcloud de Jean-Louis Murat
Le Facebook de Jean-Louis Murat


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# 16 juin 2019 : C'est la fête !

Vendredi prochain, ce sera la Fête de la Musique, une raison supplémentaire pour en écouter de la bonne en vous baladant dans notre sélection culturelle de la semaine, avec également bien entendu du théâtre, du cinéma, des expos et de la littératures.

Du côté de la musique :

"Frescobaldi : Toccate e partite d'intavolatura di cimbalo, libro primo" de Christophe Rousset
"Ravel l'exotique" de Ensemble Musica Nigella & Takénori Némoto & Marie Lenormand & Iris Torrosian & Pablo Schatzman
"Rouen dreams" de Jean-Emmanuel Deluxe & Friends
"Antonio Salieri : Tarare" de Les Talens Lyriques & Christophe Rousset
"N'obéir qu'à la terre" de Louise Thiolon
"... Ni précieuse" de Malakit
"Différent" de Monsieur
"Women's legacy" de Sarah Lenka
"At the end of the year" de Thomas Howard Memorial
"Génération guerre sainte" de Torquemada
et toujours :
"Appareil volant imitant l'oiseau naturel" de Boule
"Hypersensible" de Cat Loris
"Strange creatures" de Drenge
Petit tour à Beauregard, qui approche, pour y parler des découvertes. Nous avions déjà évoqué le reste de la programmation
"Strome" de Martin Kohlstedt
"Arrivals & Departures" de The Leisure Society
"Attack of the giant purple lobsters" de Washington Dead Cats

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"L'étrange affaire Emilie Artois" au Théâtre de la Contrescarpe
"La Magie de l'argent" au Théâtre Aleph à Ivry
"Huckleberry Finn" au Théâtre de la Huchette
"Noire" au Théâtre du Rond-Point
"Homme encadré sur fond blanc" au Théâtre Tristan Bernard
"Un drôle de mariage pour tous" au Théâtre Daunou
"Guigue & Plo" au Théâtre du Marais
des reprises :
"Hiroshima, mon amour" aux Théâtre des Bouffes parisiens
"Matka" au Théâtre Elisabeth Czerczuk
"Dîner de famille" au Café de la Gare
"Hypo" au Théâtre du Marais
et la chronique des spectacles à l'affiche en juin

Expositions avec :

dernière ligne droite pour :
"Les Nabis et le décor" au Musée du Luxembourg
"Rouge - Art et Utopie au pays des Soviets" au Grand Palais

Cinéma :

les films de la semaine :
"Le choc du futur" de Marc Collin
"Bunuel après l'âge d'or" de Salvador Simo

Lecture avec :

"Au péril de la mer" de Dominique Fortier
"Etre soldat de Hitler" de Benoit Rondeau
"La nation armée" de André Kaspi
"Le karaté est un état d'esprit" de Harry Crews
"Le rêve de la baleine" de Ben Hobson
"Les deux vies de Sofia" de Ronaldo Wrobel
et toujours :
"Alice" de Heidi Perks
"J'ai cru qu'ils enlevaient toute trace de toi" de Yoan Smadja
"Présumé coupable" de Vincent Crase
"Une histoire de la Nouvelle France : Français et Amérindiens au XVI siècle" de Laurier Turgeon
"Vue pour la dernière fois" de Nina Laurin

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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