Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Jude - Kaki King
La Cigale  (Paris)  9 octobre 2005

Ce soir l'Amérique fait le grand écart et nous envoie un représentant de chacune de ses côtes. C'est l'Est ouvre le bal avec Kaki King from New-York, puis on traversera le pays pour arriver sur la côte Ouest , à Los Angeles avec Jude.

Kaki King : La jeune femme de 25 ans se retrouve seule assise au milieu de la scène, entourée de multiples pédales. Pour dire vrai, on ne sait pas trop à quoi s'attendre.

La new-yorkaise va enchaîner les instrumentaux. Avec sa guitare pour seul instrument elle enregistre et superpose des pistes produisant rythme, accompagnement, scratch, sons bizarres et solos.

Dans un registre folk, elle va démontrer avec simplicité et facilité la large étendue de ses capacités techniques. Impressionnante musicienne elle nous gratifie tour à tour de fingerpicking, taping, en réussissant le tour de force de rester mélodique.

Noyée au milieu de machines, elle se trompe, s'excuse en se qualifiant de "Stupid !" et reprend, mais on est sous le charme et prêt à tout lui pardonner tant sa simplicité s'expose à nous. Puis elle change d'instrument pour la steel guitar, et fait glisser son bottleneck avec aisance et agilité sur le manche, emportée dans un rythme frénétique.

Pour son premier concert à Paris, Kaki King a vraiment réussit à bluffer le public.

Le public trépigne pendant l'entracte, il faut dire que son dernier concert en tête d'affiche remonte à 1999, lors de la sortie de son premier album No One is really beautiful. Depuis, ses seules prestations furent un concert privé avec une radio, la première partie de Dido et dernièrement la tournée partagée avec John Buttler trio et Tété. Autant dire que le public de connaisseurs est en manque certain.

La Cigale est pleine, l'ambiance feutrée. Un seul regret, les sièges disposés dans la fosse qui laissent peu de place à d'éventuels exultations trop prononcées du public.

Le groupe s'avance sous les clameurs du public impatient de retrouver le chanteur. Le costume de rigueur pour les musiciens donne un aspect visuel tendance dancing, avec un charme un peu désuet.

La configuration de groupe est minimaliste. Jude est uniquement accompagné d'un bassiste/contrebassiste et d'un batteur. Pas de guitare électrique en vue, ni de synthétiseur. Le piano à queue, lui, est bien là et trône à l'extrémité de la scène, à portée de doigts.

Le concert débute sous les clameurs du public par "Indian Lover", une des chansons rescapées de l'album King of Yesterday. La voix de Jude atteint rapidement des hauteurs et un lyrisme qui sont sa marque de fabrique.

Puis il enchaîne sur une de ses spécialités, la chanson pop-folk. Avec "I'm sorry now" Jude donne la tendance du concert. Ce sera enchaînement de chansons mélancoliques et de perles pop mélodiques aux refrains entêtants.

La musique est minimaliste, on est loin des superpositions de voix des albums, de la production léchée et autres effets. Et il faut avouer que les guitares électriques de King of Yesterday, nous trottent dans l'oreille et nous manquent un peu.

Tandis que le démon du funk prend le groupe pour interpréter "Rick James", sur "I know", la contrebasse donne une saveur intimiste se mêlant à la voix de tête de Jude. Sur "Perfect Plank", un oubli de textes le poussera à improviser  ce qui ne l'empêchera pas d'enchaîner sur "I do" chanson autobiographique s'il en est.

Et lorsqu'il se positionne derrière le piano pour entamer "Asshole song", chanson incontournable de son répertoire avec son rythme ternaire et ses paroles intimistes, c'est pour mieux encore nous faire partager ses histoires. Pas moins de huit nouvelles chansons seront testées pendant le concert, allant du morceau rockabilly à la chanson pop folk inimitablement "Judienne".

Le concert se termine par "Eveything's Alright" sur laquelle Jude demande au public de faire les ch?urs remplaçant ainsi les cuivres de la version originale. La musicalité et la justesse y perdent sans doute mais le lien est irrévocablement établit entre le public et l'artiste.

Le public est debout et il en redemande. Jude revient seul pour interpréter "Madonna", la chanson qui ouvre son dernier album Sarah. L'émotion est à son comble, la voix de Jude se promène dans les couches supérieures de l'atmosphère.

Le deuxième rappel permet à Jude d'interpréter se sa chanson fétiche ("Cuba"). Mais avant, il ne se prive d'un pamphlet à l'encontre de son ancienne maison de disque Maverick qui lui a "brisé le c?ur et violé son âme".

Suit "On the dance floor", sa chanson piano à deux doigts, qui enflamme chacun de ses concerts. La Cigale où, malheureusement, les fauteuils limitent la liberté de mouvement subit quand même le même sort et est prise de mouvements incontrôlés de la part du public, qui se masse devant la scène. Sa guitare, en bandoulière, fait les frais de cette effervescence et finit projetée à terre.

Revenu pour un troisième rappel, Jude interprète alors "I will not die" dans une version solo et désaccordée ! Il s'excusera en disant que sur le coup, jeter sa guitare par terre semblait être une bonne idée !

Un fois les lumières rallumées, l'émotion du concert reste vive.

On est touché par la sincérité du personnage et envoûté par le lyrisme de ses chansons, les mélodies ne sont pas prêtes de quitter notre tête.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Sarah de Jude
La chronique de l'album No one is really beautiful de Jude
La chronique de l'album King of yesterday de Jude
La chronique de l'album Redemption de Jude
L'interview de Jude (octobre 2005)
L'interview de Jude (29 septembre 2006)
Kaki King en concert au Festival Les Femmes S'en Mêlent #16 (25, 26 et 27 mars 2013)

En savoir plus :

Le site officiel de Jude

Crédits photos : Thomy Keat (plus de photos sur Taste of indie)

 


Big Ben         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 15 septembre 2019 : Life in Vain

Cette semaine Daniel Johnston nous a quitté, mais aussi Philippe Pascal de Marquis de Sade. Merci à eux pour tout ce qu'ils ont apporté à la musique mondiale pour l'un et hexagonale pour l'autre.
Pour ce qui est du reste de l'actualité culturelle de la semaine, c'est parti pour le sommaire :

Du côté de la musique :

"Schlagenheim" de Black Midi
"Tokyo dreams" de Dpt Store
"Terry Riley : Sun rising" de Kronos Quartet
"Diabolique" de l'Epée
"Mer(s) : Elgar, Chausson & Joncières" de Marie-Nicole Lemieux
"Like in 1968" de Moddi
"Voodoo queen" de One Rusty Band
"Moon" de Violet Arnold
et toujours :
"L'horizon" de Manu
"Twelve nudes" de Ezra Furman
"Spleen 1" de Fleur du Mal, chronique assortie d'un entretien
Rencontre avec Le Flegmatic autour de son nouvel album "Ruine nouvelles" Le Flegmatic
"Echoplain Ep" de Echoplain
"Michel on my mind - Tribute to Michel Petrucciani" de Laurent Coulondre

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Pompiers" au Théâtre du Rond-Point
"La Vie de Galilée" à La Scala
"Suite française" au Théâtre La Bruyère
"The ways she dies" au Théâtre de la Bastille
"La Fin de l'Homme rouge" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Pour un oui ou pour un non" à la Manufacture des Abbesses
"Louise au parapluie" au Théâtre du Petit Gymnase
"La Réunification des deux Corées" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Ecoutez leur silence" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Les Naufragés" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Vive Bouchon !" au Théâtre du Splendid
"Marie-Antoinette" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Tempête en juin" au Théâtre La Bruyère
"Aux rats des paquerettes" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Pas vue, Ni connue" au Théâtre Essaion
des reprises
"L'homme à tête de chou" au Théâtre du Rond-Point
"Fables" au Studio Hébertot
"Le Défunt" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Dom Juan ou les limbes de la mémoire" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Une leçon d'Histoire de France - De l'An mil à Jeanne d'Arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France - De 1515 au Roi-Soleil " au Théâtre de Poche-Montparnasse
"L'Ingénu" au Théâtre Le Lucernaire
"Karine Dubernet - Souris pas !" au Point Virgule
"Sandra Colombo - Instagrammable et cervelée" à la Comédie des Trois Bornes
"Marion Mezadorian - Pépites" à la Nouvelle Seine
"Carla Bianchi -Migrando" à la Nouvelle Seine
"Giorgia Sinicorni - Comment épouser un milliardaire" à la Nouvelle Seine
et la chronique des spectacles à l'affiche en septembre

Expositions avec :

"Le Monde selon Roger Ballen" à la Halle Saint-Pierre

Cinéma avec :

"Les Fleurs amères" de Olivier Meys
Oldies but Goodies avec "Les Idoles" de Marc'O
et la chronique des films à l'affiche en septembre

Lecture avec :

"Ici seulement nous sommes uniques" de Christine Avel
"Les altruistes" de Andrew Ridker
"Les yeux fumés" de Nathalie Sauvagnac
"Un autre tambour" de William Melvin Kelley
"Un mariage américain" de Tayari Jones
"Week end à New York" de Benjamin Markovits
et toujours :
"Autoportrait d'une vie heureuse" de Ingo Schulze
"Conversations entre amis" de Sally Rooney
"Le dernier grenadier du monde" de Bakhtiar Ali
"Le siècle des dictateurs" Sous la direction d'Olivier Guez
"Les opérations extraordinaires de la seconde guerre mondiale" de Claude Quétel
"Les réfugiés" de Viet Thanh Nguyen

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=