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Interview  (Paris)  vendredi 21 septembre 2018

Que ce soit avec les Yachines, Discover ou en solo, cela fait plus de vingt ans qu'Olivier Brion évolue en artisan de la pop indé dans la langue de Molière. Correspondant français fantasmé des Beatles ou de Brian Wilson, dans les années 90 et 2000, il nous envoyait régulièrement des cartes postales aux lettres joliment dessinées. C'est parfois des années plus tard qu'on redécouvrait ces petits trésors mélodiques auxquels nous n'avions pas porté assez d'attention à l'époque.

C'est en mai dernier, par le site Microcultures, qu'on apprenait le retour aux affaires de ce pop boy, dix ans après sa première production solo "Hôtel d'Angleterre". Nous l'avons donc rencontré pour qu'il nous parle de ce nouvel album, The Mellow Sound Of Gentleman Jim, sur la pochette duquel il apparaît barbu, en chemise de bûcheron, un bonnet enfoncé sur les oreilles, et la guitare entre les mains.

Tu sors ton second album solo après dix années de silence. Te sens-tu attendu au tournant ou, au contraire, as-tu l'impression de devoir tout reprendre à zéro ?

Olivier Brion : Je ne me sens pas du tout attendu au tournant. Au contraire, je prends ça très cool puisque personne ne m'attend vraiment. J'aurais plus l'impression de reprendre à zéro, mais dans le sens où chaque nouveau projet est un nouveau départ. Mon but, avec ce disque, a d'abord été de me faire plaisir.

Tu as quand même mis beaucoup de temps avant de te refaire plaisir.

Olivier Brion : C'est vrai. Mais il s'est passé des choses pendant ces dix dernières années. J'ai travaillé avec un groupe qui s'appelait Ohio, signé chez Chrysalis à l'époque. On est parti à New York, on a joué là-bas, on a enregistré là-bas. On a sorti un EP 4-titres "Spring / Summer Collection". On passait en promo sur des radios. Ça a duré quelques années. Ça commençait à prendre.

Puis Chrysalis a été racheté par BMG. La chanteuse est partie à l'étranger pour son travail, tandis que moi je continuais à travailler pour eux comme auteur. C'était un peu compliqué de continuer ce projet qui a quand même duré de 2010 à 2014. Ça a été une parenthèse de plusieurs années sur cette décennie où je ne suis pas resté totalement inactif. En fait, je suis comme Laurent Voulzy, je suis très lent. Je prends mon temps, je reviens sur les chansons. C'est étrange mais 10 ans, ça me paraît très court.

Ne te demandes-tu pas parfois quelle est ta place dans ce milieu où tu chantes en français sur des musiques plutôt anglo-saxonnes ?

Olivier Brion : Je crois que j'ai ma place, même si c'est une place que je me suis créée. Je ne me prenais plus la tête. Je faisais d'abord de la musique de manière égoïste, pour moi. Ensuite, je partageais ma musique par les réseaux sociaux. Même si je ne faisais plaisir qu'à 10 personnes, j'avais l'impression d'avoir atteint mon but. Mon expérience avec Ohio fait que je suis plus présent et actif sur des sites américains que français. Ainsi j'ai deux ou trois mails par jour de fans, appelons-les comme ça, essentiellement des américaines, qui trouvent génial que je chante en français. Lorsqu'on a joué à New York, ils trouvaient très sexy le fait de chanter en français. En fait, j'aurais dû aller vivre aux États-Unis. Pour moi, la musique a d'abord été une histoire de rencontres, et un peu de chance aussi.

À propos du visuel dans ton dernier disque, il y a un changement assez radical de look par rapport à il y a 10 ans.

Olivier Brion : Mes cheveux ont poussé, ma barbe aussi. Cette photo est un instantané du moment qui correspondait bien à l'idée que je me faisais de ce disque, un peu folk en français. C'est Pascal Blua qui a pris ce cliché. Depuis, je me suis un peu coupé les cheveux et taillé la barbe.

Cela correspond-il à l'évolution du projet par rapport à ce moment-là ?

Olivier Brion : Justement, le projet a évolué. Maintenant j'envisage de sortir deux disques. Le premier sera folk tel qu'il a été conçu à l'origine. Et tout à fait par hasard, j'ai fait des versions électroniques des titres. J'ai retravaillé les chansons sur des trames beaucoup plus électro et dansantes.

C'est presque malgré moi que le projet a évolué. Du temps s'est écoulé entre le moment où j'ai enregistré et la sortie prévue du disque. Tous les matins, je me lève et je fais un peu de musique. J'ai retrouvé de vieux synthés chez moi. Je me suis amusé à retravailler les nouvelles chansons en version électro, et elles me plaisaient aussi sous cette forme. J'ai commencé à les mettre sur Soundcloud. Certaines chansons existeront donc dans une version électro, mais aussi à la guitare, dans un format plus traditionnel pour moi.

Tu parles de faire évoluer le projet selon tes envies, cela suppose une grande liberté en terme de structure.

Olivier Brion : Oui, c'est entièrement de l'autoproduction. Je n'ai jamais été une star, mais j'ai toujours eu la chance d'être dans une maison de disques. J'étais chez Chrysalis Média 7... Et avant, j'étais en édition chez BMG. Ça m'a permis de faire des musiques de films. J'ai même travaillé sur "La Mémoire dans la peau", le film avec Matt Damon. J'ai toujours été entouré, et j'ai pu vivre de ma musique. Là, pour "The Mellow Sound of Gentleman Jim", je suis seul. Je n'ai même pas cherché de label.

Durant tout le processus de création, c'est le plaisir qui m'a porté. Aujourd'hui, il est difficile de vendre des disques, mais c'est devenu très simple d'enregistrer. Lorsque j'ai débuté, avec Dorian Gray puis ensuite avec les Yachines, avant de trouver une maison de disques, il fallait commencer par enregistrer des maquettes en studio. Tout ça coûtait une blinde.

Aujourd'hui, tu as Pro Tools chez toi, une bonne guitare et un bon micro, tu peux faire ce que tu veux. Je trouve ça génial. Tu enregistres, tu mets tes compos sur YouTube, et tu peux avoir des milliers de vues. À condition, bien entendu, de pousser ton projet via les réseaux sociaux. Les musiciens d'aujourd'hui doivent être aussi des community managers, ce que moi je ne suis pas. Par rapport au monde de la musique, je n'ai aucune nostalgie. J'adorerais avoir 20 ans aujourd'hui.

Une fois le disque sorti, comment comptes-tu le faire vivre ?

Olivier Brion : Justement, je n'ai pas le temps de passer ma vie sur les réseaux sociaux. Par contre, j'ai encore quelques contacts dans ce métier, en particulier avec des labels indépendants aux États-Unis qui m'ont contacté. Je vais donc initier la sortie, et après on verra.

Retrouvez Olivier Brion
en Froggy's Session
pour 5 titres en cliquant ici !

 

En savoir plus :
Le Bandcamp de Olivier Brion
Le Soundcloud de Olivier Brion
Le Facebook de Olivier Brion

Crédits photos : Thomy Keat (retrouvez toute la série sur Taste Of Indie)


Laurent Coudol         
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Olivier Brion (21 septembre 2018)


# 2 août 2020 : Une petite pause s'impose

Le mois d'août arrive. Sans les festivals, l'actualité culturelle sera plus calme mais nous serons toujours là pour vous tenir compagnie chaque semaine notamment sur Twitch. Commençons par le replay de la Mare Aux Grenouilles #8 (la prochaine sera le 29 août) et bien entendu le sommaire habituel.

Du côté de la musique :

"Pain olympics" de Crack Cloud
"Waiting room" de We Hate You Please Die
"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

chez soi avec des comédies blockbusters at home :
"Lady Oscar" de Guillaume Mélanie
"La vie de chantier" de Dany Boon
"Post-it" de Carole Greep
"Mon meilleur copain" de Eric Assous
"L'ex-femme de ma vie" de Josiane Balasko
"Un point c'est tout" de Laurent Baffie
et de l'eclectisme lyrique avec :
"L'Ange de feu" de Serge Prokofiev revisité par Mariusz Trelinski
les antipodes stylistiques avec "L'Enfant et les Sortilèges" de Maurice Ravel par James Bonas et "Dracula, l'amour plus fort que la mort" de Kamel Ouali
et le concert Hip-Hop Symphonique avec des figures du rap et l'Orchestre Philharmonique de Radio France

Expositions :

en virtuel :
"Warhol" à la Tate Modern de Londres Exhibition Tour avec l'exhibition tour par les commissaires et et 12 focus
"Plein air - De Corot à Monet" au Musée des impressionnismes de Giverny
avec l'audioguide illustré ainsi qu'une approche en douze focus
en real life :
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
du vintage avec la version restaurée de "Quelle joie de vivre" de René Clément
un documentaire "Dawson City : le temps suspendu" de Bill Morrison
des films récents dans son salon :
"Hauts les coeurs !" de Solveig Anspach
"La Famille Wolberg" de Axelle Ropert
"Pieds nus sur des limaces" de Fabienne Berthaud
"Le Voyage aux Pyrénées" de Jean-Marie Larrieu et Arnaud Larrieu
"Dans Paris" de Christophe Honoré
"La promesse" de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Lecture avec :

"Nous avons les mains rouges" de Jean Meckert
"Il était deux fois" de Franck Thilliez
"La goûteue d'Hitler" de Rosella Postorino
et toujours :
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Fleishman a des ennuis" de Taffy Brodesser-Akner
"Summer mélodie" de David Nicholls
"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
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