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puce Grayson Perry - Vanité, Identité, Sexualité
Monnaie de Paris  (Paris)  Du 19 octobre 2018 au 3 février 2019

La Monnaie de Paris présente en partenariat avec le Musée Kiasma d’Helsinki et le soutien de la Galerie Victoria Miro de Londres la première exposition monographique de l'artiste britannique Grayson Perry à la notoriété tant nationale - il a notamment reçu le prestigieux Turner Price en 2003 et a été intronisé en 2012 au rang des membres de la Royal Academy of Arts - qu'internationale.

Ironiquement intitulée "Vanité, Identité, Sexualité" sur le mode de la devise républicaine française et conçue sous le commmissariat de Lucia Pesapane, commissaire d’exposition à la Monnaie de Paris, elle se décline dans un parcours thématique en dix sections qui synthétise le champ d'exploration et de réalisation personnelle d'un créateur atypique qui se positionne en trublion anticonformiste* qui correspond à a conception de l'artiste.

Grayson Perry behind the mirror

Grayson Perry se présente comme un artiste-travesti, soit, indique-t-il, un homme qui porte une robe, ce qui toutefois ne doit pas être considéré comme un performance, et intervient, précise-t-il, en tant que "intellectuel organique" au sens défini par le philosophe italien Antonio Gramsci, comme investi de la mission de "développer de façon critique l'activité intellectuelle" non dans le champ formel privilégie par l'art contemporain, dont notamment celui de ses compatriotes générationnels des British Young Artists dont il se démarque mais dans l'expérimentation sociale et politique.**

Usant des médiums traditionnels, de la poterie à la tapisserie, et d'un humour typiquement british qu'il applique même à l'égard de Sa Très Gracieuse Majesté ("Queen's bitter", "Comfort blanket"), il dresse des chroniques sans concession du monde moderne et épingle les phénomènes de société contemporains.

Mais cette approche est largement conditionnée par un ancrage autobiographique, patent et assumé, lié à sa naissance dans un milieu populaire, son enfance dysfonctionnelle et son appétence pour le travestissement qui ont déterminé, sur le mode de l'expression "Me, Myself and I", une trinité quasi mystique "Me, Claire and Ale" qui chapeaute sa cosmogonie, avec des cartes au graphisme des siècles passés dont une carte des affects inspirée de la Carte du Tendre ("Map of nowhere", "A Map of Days") et ses mythologies personnelles.

Grayson Perry, qui se représente également en odalisque transgenre ("Recycling artist"), se travestit en femme mais d'une manière très particulière car après avoir usé de l'apparence de femme au foyer de la middle class ("Claire as the Mother of all the battles", "Claire at the Tate Gallery", "Claire with X92"), qui évoque les métamorphoses de la photographe Cindy Sherman, il a ensuite opté pour le "costplay" avec des tenues de petite fille modèle du style "kawaï" revisitées dans un genre pop-trash.

Ainsi apparaît-il sur l'affiche de l'exposition qui, au demeurant, commence par une sélection de la garde-robe de son avatar féminin prénommée Claire qui constitue un véhicule haut en couleurs pour explorer les problématiques de la question du genre.

La seconde figure majeure est celle de Alan Measles, son doudou transitionnel qui tout en conservant son apparence de teddy bear en peluche est érigé en figure héroîque et déique ("Vote Alan Measles for God", "Wise Alan", "Prehistoric Gold Pubic Alan Dogu", "Alan Measles on horseback") et accompagne souvent Claire dans ses pérégrinations ("Alan and Claire visit the Trust belt").

Ce qui induit un de deux grands axes de sa réflexion artistique, celui sur l'identité individuelle pour esquisser des alternatives à la sexuation de la société qu'il décline en questionnement de l'idéal masculin, en remise en cause du modèle conventionnel de virilité, et en revendication de reconnaissance de la part féminine qui existe en chaque homme pour élaborer une nouvelle masculinité ("Women of Ideas", "Precious Boys", "I Am a Man", "Good and Bad taste").<

Le second axe est celui du questionnement sociétal et de l'approche politique du collectif. Grayson Perry épingle les dérives sociétales tels le consumérisme et le snobisme social, avec la stigmatisation de la société de l'image et des modes ("The Ultimate Consumer Durable", "Style Riot"), la xénophobie à l'égard des migrants "Comfort Blanket"), le repliement autarcique avec le Breixit ("Matching Pair", "Battle of Britain"),le clivage social et la violence urbaine ("The Agony in the car park").

Au plan formel et stylistique, Grayson Perry se situe dans la pratique du "recycling art" qui consiste à revisiter les traditions artistiques de toutes les époques ainsi que les médiums et iconographies traditionnels voire académiques pour les décliner sur des sujets contemporains et ce par voie syncrétique.

Ainsi sont présentées deux sculptures ("Our Mother", "Our Father") qui évoquent les bronzes africains et de nombreux vases en céramique émaillée, dont les formes s'inspirent de celles des poteries antiques, dont la quasi intégralité de la surface est recouverte de dessins en creux effectués par la technique du sgraffite auxquels s'ajoutent, et entre autres, textes manuscrits, calligraphies, pochoirs et transferts photographiques.

Cette hantise du vide et ce fossonnement décoratif se retrouve de manière encore plus évidente sur les tapisseries monumentales qui, par le dessin naïf et la palette chromatique pop de couleurs saturées, entrent en résonance notamment avec les oeuvres de Joe Coleman, figure de l'art outsider, les dessins du bédéiste Robert Crumb.

Grayson Perry à un "recyclage" significatif dès lors qu'il utilise l'art ancien de la tapisserie murale destinée aux grandes représentations classiques de la peinture d'histoire, les scènes mythologiques, bibliques et religieuses et la célébration des batailles historiques en leur substituant les drames ordinaires du commun des mortels.

Ainsi les six pièces de la série "The Vanity of Small Differences" qui sont présentées ("The Adoration of the Cage Fighters", "The Agony in the Car Park", "Expulsion from Number 8 Eden Close", "The Annunciation of the Virgin Deal", "The Upper Class at Bay" et "Lamentation".

A voir également la maquette du "Temple for Everyone" construit dans le comté natal de Grayson Perry, celui d'Esssex, dont il a dessiné les plans et réalisé les ornements conçu comme un santuaire dédié à Julie Cope un personnage imaginaire symbole des femmes ordinaires qui sont, et demeurent, l'avenir de l'Homme.

Et à ne pas rater dans la section Historicité consacrée aux médailles anglaises, la médaille d'artiste en forme de pendentif créée par Grayson Perry à l'occasion de cette exposition car elle symbolise sa trinité avec la figure sanctifiée de Alan Measles représenté en tenue militaire bardé de médailles comme un général de république bananière avec Claire couronnée en médaillon et tenant dans la main la plume et le pinceau emblèmes de l'artiste avec pour devise "Imagination Différence Courage Effort".

 
* "There will always be somebody who sees it as their duty to rebel. That's what artists do: we're contrarians". Grayson Perry lors de la Summer Exhibition 2018 de la Royal Academy
** "Mon but est de noter les choses que les autres ne notent pas et d'amener ces choses dans la clarté de la conscience. Mon ambition est d'accroître l'intérêt des gens pour l'art sans abâtardir celui-ci"

En savoir plus :

Le site officiel de la Monnaie de Paris

Crédits photos : MM avec l'aimable autorisation de la Monnaie de Paris


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# 2 août 2020 : Une petite pause s'impose

Le mois d'août arrive. Sans les festivals, l'actualité culturelle sera plus calme mais nous serons toujours là pour vous tenir compagnie chaque semaine notamment sur Twitch. Commençons par le replay de la Mare Aux Grenouilles #8 (la prochaine sera le 29 août) et bien entendu le sommaire habituel.

Du côté de la musique :

"Pain olympics" de Crack Cloud
"Waiting room" de We Hate You Please Die
"Surprends-moi" de Cheyenne
"Nina Simone 1/2" le mix numéro 20 de Listen in Bed
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet

Au théâtre :

chez soi avec des comédies blockbusters at home :
"Lady Oscar" de Guillaume Mélanie
"La vie de chantier" de Dany Boon
"Post-it" de Carole Greep
"Mon meilleur copain" de Eric Assous
"L'ex-femme de ma vie" de Josiane Balasko
"Un point c'est tout" de Laurent Baffie
et de l'eclectisme lyrique avec :
"L'Ange de feu" de Serge Prokofiev revisité par Mariusz Trelinski
les antipodes stylistiques avec "L'Enfant et les Sortilèges" de Maurice Ravel par James Bonas et "Dracula, l'amour plus fort que la mort" de Kamel Ouali
et le concert Hip-Hop Symphonique avec des figures du rap et l'Orchestre Philharmonique de Radio France

Expositions :

en virtuel :
"Warhol" à la Tate Modern de Londres Exhibition Tour avec l'exhibition tour par les commissaires et et 12 focus
"Plein air - De Corot à Monet" au Musée des impressionnismes de Giverny
avec l'audioguide illustré ainsi qu'une approche en douze focus
en real life :
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
du vintage avec la version restaurée de "Quelle joie de vivre" de René Clément
un documentaire "Dawson City : le temps suspendu" de Bill Morrison
des films récents dans son salon :
"Hauts les coeurs !" de Solveig Anspach
"La Famille Wolberg" de Axelle Ropert
"Pieds nus sur des limaces" de Fabienne Berthaud
"Le Voyage aux Pyrénées" de Jean-Marie Larrieu et Arnaud Larrieu
"Dans Paris" de Christophe Honoré
"La promesse" de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Lecture avec :

"Nous avons les mains rouges" de Jean Meckert
"Il était deux fois" de Franck Thilliez
"La goûteue d'Hitler" de Rosella Postorino
et toujours :
Interview de Bruno Piszczorowicz autour de son livre "L'ère Metal"
"Fleishman a des ennuis" de Taffy Brodesser-Akner
"Summer mélodie" de David Nicholls
"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
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