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Théâtre de Belleville  (Paris)  novembre 2018

Comédie dramatique de Gilles Granouillet, mise en scène de Magali Léris, avec Nanou Garcia, Eric Petitjean, Paul-Frédéric, Manolis et Carole Maurice.

Un père rend visite à son fils qui travaille sur les éoliennes au bord d'une falaise devant la mer. Le père immigré lui raconte comment, jeune, il escaladait la falaise à mains nus et enfumait l'essaim d'abeilles avant de récupérer le miel qui s'y trouvait.

Tout bascule quand il lui annonce la raison de sa visite : pour l'anniversaire des 15 ans de la fille, son frère veut lui offrir un portable dernier cri . Le père lui demande de ne pas le faire, ne voulant pas se sentir "humilié" parce que sa femme et lui n'en ont pas les moyens.

Comme le fils refuse, le père se jette sur lui et ils commencent à se battre. On ne reverra plus le fils. Qu'est-il devenu? Hantés par son absence, chacun verra plus tard son fantôme lui apparaître en rêve.

Avec "Abeilles", d'une langue précise et acérée, Gilles Granouillet a construit un drame moderne montrant de l'intérieur l'éclatement de la cellule familiale.

Deux générations s'opposent : l'immigré de la deuxième génération dont le maître mot est la discrétion et l'envie de revanche sur son enfance, son fils qui n'a de compte à rendre à personne et se trouve fier de l'argent qu'il gagne. Chacun laisse entrevoir ses doutes et ses failles dans une pièce haletante dont la tension ne faiblit pas.

Au centre, un carré fait d'une dizaine de tapis élimés assemblés sur lequel est disposé un mobilier usé figure le salon. Rien d'ostentatoire chez ces gens simples. Les costumes réalistes de Marielle Viallard, la lumière précise d'Anne-Marie Guerrero et la bande-son aussi judicieuse qu'angoissante de Bernard Vallery sont fins et se complètent parfaitement. Scène après scène, grandit lentement une tension sourde qui bourdonne comme un essaim d'abeilles.

Le quatuor d'interprètes est sensationnel, il est dirigé de façon admirable par Magali Leiris avec juste le bon dosage. Le fils est campé de façon très sobre et très vraie par Paul-Frédéric Manolis. Eric Petitjean compose le père, tour à tour inquiétant et touchant ; sa maladresse et ses emportements témoignant de sa honte et de son désarroi.

Carole Maurice, d'un grand naturel, est une adolescente dont la détresse est infiniment palpable. Elle est bouleversante. Enfin, Nanou Garcia incarne la mère à la fois pathétique et digne dont on voit toute l'humanité transparaître grâce à de multiples nuances dans un jeu muet d'une grande expressivité.

Tous, dans une simplicité et une sincérité de tous les instants font de ce spectacle, à mi-chemin entre réalisme et onirisme, d'une grande justesse et d'une puissance souterraine, une très grande réussite.

 

Nicolas Arnstam         
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"Roses" au Théâtre de la Bastille
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Lecture avec :

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"Sa majesté des ombres" de Ghislain Gilberti
"Travelling" de Christian Garcin & Tanguy Viel
et toujours :
"A jeter sans ouvrir" de Viv Albertine
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"Le sauvage" de Guillermo Arriaga
"Les carnets de guerre de Louis Barthas 1914-1918" de Fredman
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