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puce Festival Rockomotives #26 (édition 2018) - Vendredi
Thomas Poli - Gablé - Mister Milano - BRNS - Trois - Surma - Daniel Blumberg - Joasinho - One Sentence. Supervisor - Puts Marie - Random Recipe - Matthieu Malon - Eddy de Pretto - C.A.R. - Aaron Cohen  (Vendôme)  du 20 au 27 octobre 2018

Vendredi 26 octobre

J'arrive à Vendôme le vendredi 23 octobre avec le regret d'avoir manqué Thomas Poli, Gablé, Mister Milano et BRNS qui jouaient au milieu de la semaine. Enfin dégagée des contraintes familiales et professionnelles, je rejoins dès 13h LE point de ralliement du festival : le Central Bar. Le lieu (un petit troquet qui ne paie pas de mine), à deux pas du Minotaure et des différents lieux qui accueillent le festival, fédère la petite famille des Rockos. Ici se croisent et se parlent (oui oui) artistes et festivaliers dans une ambiance chaleureuse et détendue. Le Central Bar accueille aussi dans sa petite salle du fond le plateau où Radio Béton 93.6, Radio Zef, Radio Campus Orléans et Radio Campus Paris diffusent en direct depuis la veille actus du festival et interviews des groupes. À l'heure de l'apéro, c'est ici que débute la programmation de ce vendredi.

C'est donc au Central Bar que commence véritablement pour moi le festival avec Trois. Trois, comme son nom ne l'indique pas, joue tout seul, fort et bien une électro décalée qui secoue la place Vendômoise, réveille le marché finissant et surtout démontre qu'il ne suffit pas de faire tourner des disques sur une platine pour faire bouger les corps. D'ailleurs des disques il n'en a pas, son truc à lui c'est tourner les boutons de ses machines, une sorte de DJ sans vinyles à la musique énergique et entêtante, parfaite pour se mettre dans le bain de la fête et des Rockomotives.

Deux bières plus tard et après cette excellente entrée en matière, je me mets en route pour la chapelle Saint Jacques pour les concerts de l'après-midi, où sont attendus à 15h Surma puis Daniel Blumberg. S'il devient de plus en plus courant de voir des concerts organisés dans des lieux tels qu'églises et chapelles, la rencontre d'univers a priori très différents (l'architecture gothique flamboyante et les musiques actuelles) reste très émouvante et l'on est étonné de constater à quel point les deux vont bien ensemble.

Mon enthousiasme à l'idée de voir Surma était loin d'être délirant. Consciencieusement j'avais écouté son disque, Antwerpen, à deux ou trois reprises, sans réussir à y adhérer un poil. Une bonne surprise toutefois que ce concert, car j'ai découvert sur scène une jeune femme énergique et généreuse, qui a réussi à me faire changer d'avis sur sa proposition. Seule, une valise en guise de percussions, des clochettes et des machines accompagnant son joli brin de voix, Surma joue de la musique comme elle est respire, avec joie et avec son corps (oui, j'ai cru un instant que l'homme-orchestre, ou plutôt la femme-orchestre, venait de s'incarner sous mes yeux). Un bon moment finalement, qui me permet de rappeler à quel point il est intéressant de se déplacer pour voir les artistes jouer, sans se contenter d'écouter un disque qui, seul, donne rarement l'entière mesure de la création.

Deux bières plus tard (non je blague), c'est Daniel Blumberg qui entre en scène, mais j'ai à peine le temps de l'écouter (enfin, de les écouter car ils sont deux) que je dois prendre le chemin du Central Bar où avec mes collègues de Radio Zef, Radio Campus Orléans et Radio Campus Paris, je dois prendre le micro pour animer l'émission diffusée en direct. Énorme regret de n'avoir pu voir Daniel Blumberg, de l'avis de celles et ceux qui ont eu la chance d'assister à ce moment, "c'était fort" et je n'en doute pas un instant.

Toujours prise par mon activité radiophonique, je n'ai pu voir en fin d'après-midi Joasinho qui jouait sur le terrain de padel de la ville, là aussi je regrette mais heureusement, le concert a été filmé par What Comes Around Goes Around (dans Google, tapez Joasinho / Rockomotives Festival 2018 et hop ! Vous verrez que c'est pas mal du tout et même très très bien).

À 19h ouvrent les portes du Minotaure, quelques imprévoyants tentent sans succès d'obtenir un billet : la soirée affiche complet ! Le responsable de cette affluence, c'est Eddy de Pretto, son public est présent en masse et s'est précipité pour "tenir" les premiers rangs. Il va devoir patienter jusqu'à 23h10 ce public, composé d'adolescents mais pas que. À sa mine déconfite, on comprend que la patience et la fréquentation des festivals ne sont pas dans ses habitudes.

J'ai réussi à m'approcher de la scène juste à temps pour le début des concerts. La soirée commence avec One Sentence. Supervisor, groupe suisse de quatre musiciens. Le premier mot qui me vient pour qualifier leur dernière production est "fusion". Un morceau de leur dernier disque m'obsède depuis quelques semaines : "Onomatopoeia", composé à la suite de la rencontre du groupe avec Bahur Ghazi, fabuleux joueur de oud Syrien. J'attendais avec impatience d'entendre et de voir jouer sur scène ce morceau, je n'ai pas été déçue. Le oud apporte évidemment une sonorité orientale, mais le génie de ces cinq-là c'est de parvenir à aller bien au-delà : les sons krauts, pops et orientaux ne font plus qu'un et composent quelque chose de véritablement unique : aucun son ne prime sur les autres, de même aucun musicien ne prime sur les autres, chacun semble attaché à laisser toute sa place à l'autre. Sur scène, One Sentence. Supervisor c'est de la musique, puissante, mais c'est aussi un esprit. Dommage que le public d'Eddy de Pretto n'ait pas eu l'air de s'apercevoir qu'il se passait quelque chose sous ses yeux et dans ses oreilles...

En tout cas pour moi, comme pour beaucoup de spectateurs, la soirée a sacrément bien commencé et se poursuit de la meilleure façon car c'est au tour de Puts Marie, qui s'empare de la scène avec la fureur qu'on espérait. Pour l'anecdote, dans l'après-midi j'ai eu la chance de papoter un peu avec le groupe pendant le direct radio, je sentais bien qu'il y avait quelque chose autour de ce chanteur d'un peu énigmatique, d'un peu fantastique mais impossible de dire quoi exactement. Un truc un peu mystérieux semblait émaner de lui sans qu'il en paraisse conscient. C'est en le voyant sur scène que j'ai compris : ce mec est un extra-terrestre ! Un charisme de dingue, un flow hypnotique, une présence électrique (oui, j'ai failli tomber amoureuse). Cette personnalité ne doit pas masquer le talent de tous les autres membres du groupe, et l'énergie rock qu'ils transmettent dans des morceaux qui sont tout simplement époustouflants. Leur dernier album Catching bad temper porte bien son nom : il faut courir voir Puts Marie et se laisser emmener par sa colère salvatrice.

Après tant d'émotions et de tensions (de la bonne tension hein), Random Recipe a quelque peu allégé l'atmosphère à coup d'envolées hip-hop et soul, portées par l'énergie d'artistes militantes étonnantes ! Comme chez elles sur le festival, accompagnées d'une basse et d'une batterie, les québécoises ont mis le feu au Minotaure. Toute cette belle énergie m'a quelque peu fatiguée et j'ai profité de ce moment de fièvre collective pour aller me poser un peu avec Matthieu Malon aux stands offerts par les Rockomotives aux labels indépendants Monopsone, Another Record, Ideal Crash, Un Je Ne Sais Quoi et Disques Normal.

Il est 23h15 quand Eddy de Pretto vient enfin soulager son public. Est-il essentiel de dire que j'ai eu un mal fou à accéder au 5ème rang et qu'il m'a fallu ténacité et courage pour ne pas me laisser impressionner par l'hostilité d'une partie de ce public, agressif et insultant envers les spectateurs qui tentaient de s'approcher de la scène ? Cela n'est sans doute pas essentiel dans ce type de report. Pourtant, de tels comportements illustrent la diversité des genres et donc des clients de cette soirée. D'un côté les amateurs de "musiques actuelles", habitués des festivals et des salles de concerts, de l'autre un public de fans, en l'occurrence fans d'un personnage arrivé au sommet (tout est relatif mais quand même) à coup de matraquages médiatiques (on aimerait tant que d'autres artistes puissent bénéficier d'un peu plus d'exposition médiatique)... Un public qui, dès les dernières notes de son idole, a quitté la salle très très vite, non sans faire quelques détours au merchandising de l'artiste qui ressemblait ce soir à un stand de foire. Que dire sur la prestation d'Eddy de Pretto ? Qu'elle est carrée, certes. Qu'elle manque d'émotions et d'authenticité. Que j'avais vraiment envie de découvrir quelque chose de plus intime du personnage. Mais je ne m'y suis pas retrouvée.

Là où je me suis bien retrouvée par contre, c'est autour de C.A.R. autrement dit de Chloé Raunet autrement dit de la fée de cette soirée et de ce festival (la première fée, car il y en a une autre mais je vous en parlerai à l'occasion du report de la deuxième journée). Chloé Raunet est C.A.R. donc. Un projet musical dont on dit qu'il est new wave ou cold pop ou les deux ensemble. Moi je dis que c'est MA grande découverte de ces Rockomotives, que Chloé Raunet est une vraie diva disco pop, que sa musique est ultra vivante et dansante, et merveilleusement chaleureuse. On y sent de la mélancolie, c'est vrai, mais surtout une certaine urgence à être, tout simplement.

Après C.A.R. il y avait Aaron Cohen, un rappeur qui, comme beaucoup d'autres rappeurs, s'est donné comme objectif de conquérir le monde. Moi il ne m'a fait ni chaud ni froid et j'ai rapidement mis les voiles après une première journée de festival globalement enthousiasmante.

 
##Thomas Poli##\r\n##Gablé##\r\n##Mister Milano##\r\n##BRNS##\r\n##Trois##\r\n##Surma##\r\n##Daniel Blumberg##\r\n##Joasinho##\r\n##One Sentence. Supervisor##\r\n##Puts Marie##\r\n##Random Recipe##\r\n##Matthieu Malon##\r\n##Eddy de Pretto##\r\n##C.A.R.##\r\n##Aaron Cohen##\r\n

En savoir plus :
\r\n Le site officiel du Festival Rockomotives
\r\n Le Facebook du Festival Rockomotives


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# 9 décembre 2018 : l'empire d'essence

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Du côté de la musique :

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"C'est la vie" de Phosphorescent
"Oak leaf" de Raoul Vignal
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"City walk" de Adrien Chicot
"Tribute to an imaginary folk band" de Bedmakers
Rencontre avec Emma Solal, accompagnée d'une session acoustique aux couleurs de l'Italie
"Valdevaqueros" de Fred Nevché
"Chapitres V et VI" de La Pietà
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"Bérénice Paysages" au Théâtre de Belleville
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