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Interview  (Paris)  septembre 2005

Un mois avant la sortie de leur très réussi Feels, nous avions rencontré Avey Tare, un des membres de l'nclassable collectif new yorkais Animal Collective.

Il y a à peine un an sortait Sung Tongs, qui était principalement basé sur des compositions acoustiques. A l'écoute de Feels, il semble que vous ayez réussi à synthétiser tous les genres auxquels Animal Collective a touché : musique électronique, compositions acoustiques et pop psychédéliques. Tu es d'accord avec cette description ?

Avey Tare : Oui, tu as raison. La principale raison de ce changement est que nous avons à nouveau travailler à quatre sur ce disque, et je pense que Bryan (alias geologist) amène le côté électronique. On voulait aussi simplifier les choses. Quand nous avons sorti Here Comes The Indian (ndlr : sorti en 2003, nous avons fait une tournée marathon, pendant laquelle nous avons eu de nombreux soucis de matériel cassé et cela nous a causé pas mal de stress, donc pour Sung Tongs, nous voulions revenir à une formule plus basique, voix et guitare et expérimenter avec l'espace…

Est-ce que cela avait un rapport avec votre état d'esprit, car à l'époque, Panda Bear avait sorti son album, qui était une suite de morceaux acoustiques.

Avey Tare : Pas vraiment, car ces disques n'avaient pas été enregistrés à la même période, et puis cet album était triste car juste avant la tournée de Here Comes The Indian, Noah ( alias Panda Bear) avait perdu son père, donc cela nous a profondément affectés, donc il voulait prendre ses distances, faire le point.

A chaque fois que j'écoute vos disques, je me dis que ça ne doit pas être évident de construire une chanson d'Animal Collective, comment procédez-vous ? Vous vous lancez et avancez à tâtons ou vous composez avec une idée précise de ce que vous voulez faire ?

Avey Tare : En 2000, Moi et Bryan habitions dans un appartement à New York.. Donc nous passion la journée à jouer ensemble, principalement à improviser en enregistrant sur un enregistreur de mini discs. Je jouais de la guitare et Byan y greffait des motifs électroniques, nous utilisions également beaucoup ce que nous avions sous la main comme des verres. Mais nous faisions de véritables chansons. Cela ne se limitait pas à de simples "jam session". Nous commencions une mélodie et puis tout à coup nous changions radicalement de direction. Mais bon ce n'était pas de l'improvisation. Il faut être en confiance pour se lancer dans des improvisations. On ne pourrait pas improviser à 100 % pendant nos tournées, cela serait impossible.

De plus nous avons toujours été attirés par l'écriture de vraies chansons avec des mélodies. Mais nous aimons bien fondre ces mélodies dans des textures sonores, les étirer dans le temps. Nous sommes toujours en train de nous demander comment faire avancer le format chanson, en essayant de faire des choses jamais tentées auparavant. On aime bien l'idée de changer d'instrument, de jouer des instruments avec lesquels nous ne sommes pas du tout familiers. En général quelqu'un arrive avec une idée et on joue avec cette idée, un peu comme avec de la pâte à modeler.

Donc vous travaillez comme une véritable collectif ?

Avey Tare : Tout à fait, nous nous impliquons tous les quatre, je pense que c'est vraiment important.

Et comment procédez-vous pour la scène. Vous arrivez à rejouer les morceaux de vos albums "à la note près"?

Avey Tare : Non, nous ne faisons jamais cela. En live, nous jouons des morceaux qui figureront en général sur le disque suivant, ensuite nous les enregistrons et après on en parle plus. Mais avec Feels, nous avons un peu changé notre manière de faire. Nous jouons assez souvent les morceaux de l'album. On ne fait pas de drame s'il manque une note ou une partie de guitare. Dans la plupart des groupes, cette situation est vécue comme un drame. Nous, on profite de ces moments de flottements pour introduire une part d'improvisation. On part de ces petits accidents pour en faire quelque chose. Cependant nous arrivons toujours sur scène avec une liste de chansons à jouer. Une autre particularité est que nous faisons rarement de pauses entre les morceaux.

Donc on a peu de chances d'entendre de "vieux" morceaux d'Animal Collective en concert ?

Avey Tare : Parfois, ça peut arriver, mais c'est assez rare…On utilise beaucoup trop de types d'accordages différents, donc on devrait emporter beaucoup trop de guitares.

Animal Collective fait partie de ces groupes très difficile à classer. Vous vous considérez comme un group pop ou plutôt comme un groupe d'avant-garde ?

Avey Tare : Je ne pense pas en terme de genre, je pense plutôt en terme d'écriture. Il y a beaucoup de magazine qui s'emploient à théoriser la musique expérimentale (ndlr : le magazine anglais Wire par exemple), et je pense que c'est une manière très prétentieuse de parler de la musique. Ce n'est pas la manière dont nous voyons les choses.

Quelles sont vos influences ?

Avey Tare : Elles sont diverses. J'ai toujours aimé la pop musique. Je suis venu à la musique grâce à mon frère qui était disc jockey dans une radio généraliste, donc il me faisait des cassettes. A la fac on a commencé à écouter des trucs plus sérieux, comme de la musique concrète. Mais nous n'avons jamais voulu intellectualiser ce genre de musique. Nous considérions qu'écouter ce type de musique favorisait l'imagination, nous étions fascinés par le travail sur les sons, les ambiances.

Et les paroles, elles ont un sens ou c'est juste une suite de sons ?

Avey Tare : Nous sommes de plus en plus attentifs aux paroles, surtout depuis Sung Tongs et Feels. Mais nous ne sommes pas des auteurs. Je suis plus intéressé par le travail sur les voix, les répétitions et la manière de les inclure dans des textures, d'incorporer la voix comme un instrument.

On parle souvent de musique tribale ou de chamanisme à votre sujet, es-tu d'accord ?

Avey Tare : Pas vraiment, on veut juste s'amuser, et créer de la musique intéressante pour les gens.

Où vous situez-vous dans la scène musicale new yorkaise ? Il y a un tas de groupes intéressants comme Black Dice par exemple.

Avey Tare : Nous avons fait notre temps à New York. Nous y sommes restés assez de temps pour voir défiler les différentes modes musicales, sans nous sentir proche de ces différentes tendances. Nous fréquentons des gens qui nous sont proche musicalement et artistiquement. Nous nous sentons proches d'un groupe comme Black Dice, il nous ont emmené en tournée avec eux. Mais je vois tellement de groupes qui disparaissent aussi vite qu'ils ne se sont formés. Je considère que nous avons de la chance, car cela fait plusieurs années que nous jouons ensemble. Mais je suis conscient que le fait d'être de New York nous a pas mal aidé.

Quel est le programme pour Animal Collective pour les prochains mois ?

Avey Tare : Déjà, pas mal de promo. Ensuite nous allons retourner sur New York, et on commencera à coucher les morceaux du prochain album. Mais on va se faire oublier un peu, on a pas mal entendu parler du groupe cette année. (ndlr : En effet, ils ont été prolixes !!!) Ensuite tournée…

 

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Julien P.         
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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
"Why me ? why not" de Liam Gallagher
"Les disques dans notre vide poche" le podcast #1 de Listen in Bed
"Drive" le premier mix de Listen in Bed
"Mademoiselle in New York" de Lucienne Renaudin Vary
"Still life : A tribute to Philip Glass" de Maud Geffray
"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
"De quoi je me mêle !" au Théâtre Athénée
"On est mal Macron, on est mal" au Théâtre des Deux Anes
"Looking for Beethoven" au Théâtre Le Ranelagh
des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
"Anna Karénine" au Théâtre de la Contrescarpe
"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
"La Convivialité" au Théâtre Tristan Bernard
"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"Une leçon d'Histoire de France : de l'An mil à Jeanne d'arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France : de 1515 au Roi Soleil" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Vipère au poing" au Théâtre du Gymnase
et la chronique des spectacles à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
"Balzac & Granville, une fantaisie mordante" à la Maison de Balzac

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
"Little Monsters" de Nicolas
"Les Chemins de la haute ville" de Nicolas
la chronique des films de septembre
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann
et toujours :
"Archives des enfants perdus" de Valeria Luiselli
"De pierre et d'os" de Bérengère Cournut
"L'accident de l'A35" de Graeme Macrae Burnet
"Le mystère Sammy Went" de Christian White
"Les furtifs" de Alain Damasio
"Lost man" de Jane Harper
"Vers une nouvelle guerre scolaire" de Philippe Champy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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