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Théâtre L'Etoide du Nord  (Paris)  novembre 2018

Drame de August Strindberg, mis en scène par Julie Brochen, avec Anna Mouglalis, Xavier Legrand et Julie Brochen.

S'il fallait qualifier d'un mot cette version de "Mademoiselle Julie" mise en scène par Julie Brochen, qui joue par ailleurs Kristin la cuisinière, ce mot serait "limpide".

En pleine nuit de la Saint-Jean, qui selon les croyances nordiques, est la nuit où les amours se révèlent ou s'éteignent, Mademoiselle Julie (Anna Mouglalis), une jeune aristocrate présentée comme originale voire à moitié folle, vient traîner du côté de la cuisine où Jean (Xavier Legrand), le valet, est en train de cirer les bottes du Comte, le père Mademoiselle Julie. Sans doute un peu ivre, elle provoque le valet. Débute alors un jeu à deux, ou même à trois puisque Kristin est présente et est la fiancée officielle de Jean.

Ce huis clos écrit en 1889 par Auguste Strindberg n'a rien perdu de sa force. On y comprend ce qu'est la lutte des classes, ce qu'elle était à cette époque et ce qu'elle demeure aujourd'hui.

On y perçoit la lutte des sexes et on peut voir en Mademoiselle Julie un personnage féminin tentant de s'émanciper. Mais l'interaction du conflit social et du conflit sexuel est un peu trop pour une femme qui cherche à se libérer de ses deux tutelles à l'orée du 20ème siècle.

On soulignera la composition d'Anna Mouglalis qui propose une Mademoiselle Julie à la fois terrienne et aérienne. Déterminée, elle sait ce qu'elle veut mais ne peut trouver la force de l'obtenir qu'en étant dans un état second.

Paradoxale, elle est lucide jusqu'à la mort sur ce qu'elle peut obtenir, mais pourtant rêve - peut-être sous l'effet magique de la Saint-Jean - que les préjugés et les mesquineries s'effaceront devant la puissance de l'amour.

Avec sa voix rauque, sa grande silhouette rehaussée de bottines, elle tangue vers l'inéluctable. Elle s'approprie Mademoiselle Julie de toute sa rage, de tout son appétit. Juliette Binoche, dans la version de Frédéric Fisbach, minaudait ou intellectualisait, Anna Mouglalis, dans celle de Julie Brochen, est concrète, ose la vulgarité et le verbe haut. On la sent aussi constamment aux bords des larmes.

Xavier Legrand est lui aussi très convaincant. On comprend qu'il accepte de ne pas se mettre à la hauteur de sa partenaire, qu'il est un ambitieux aussi veule que manipulateur et qu'il ne s'en sortira socialement que si Mademoiselle Julie fonce tête baissée vers sa perte. On sent que sa servilité est sa seule chance justement de devenir, un jour, le maître.

Le résultat de ce combat finalement très violent ressemble bien à ce qu'est la passion amoureuse quand elle est sans issue. Le public d'aujourd'hui ne s'y trompe pas : il adhère à la vision de Julie Brochen que l'on remercie d'avoir montré à tant de jeunes gens ce qu'un authentique chef-d'oeuvre comme celui d'Auguste Strindberg peut générer en matière d'émotion et de réflexion.

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

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et toujours :
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Tom Mascaro et The Daggys au M'art in the street de St Symphorien s/ Coise
Les Eurockéennes de Belfort #31 : Interpol, Fontaines DC, Idles, Mass Hysteria...

Au théâtre :

"Iceberg" au Théâtre de la Reine Blanche
la chronique des spectacles à l'affiche parisienne en juillet
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Expositions avec :

"Back Side/Dos à la mode" au Musée Bourdelle

Cinéma :

la chronique des sorties de juillet

Lecture avec :

"Benalla, la vraie histoire" de Sophie Coignard
"Floride" de Laurent Groff
"Whitman" de Barlen Pyamootoo
et toujours :
"L'enfer du commissaire Ricciardi" de Maurizio de Giovanni
"La traque du Bismarck" de François-Emmanuel Brézet
"La villa de verre" de Cynthia Swanson
"Le fossé" de Herman Koch
"Les apprentis de l'Elysée" de Jérémy Marot & Pauline Théveniaud

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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