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Interview  (Paris)  14 octobre 2005

Vanessa Defasque et Valérie Théodore, sont, sous la houlette du metteur en scène Philippe Eretzian, les deux soeurs roumaines dont Anca Visdei nous raconte le destin sous la dictature de Ceaucescu dans la pièce "Toujours ensemble" à l'affiche du Guichet Montparnasse.

Comédiennes prometteuses, elles prennent leur métier à bras le corps.

Comme vous êtes encore toutes jeunes, faisons un petit flash back sur les circonstances qui vont amenées à devenir comédienne.

Vanessa Defasque : Comme Obélix je suis tombée dedans à l'âge de 9 ans quand mes parents m'ont inscrite dans un conservatoire de musique et de théâtre de quartier. J'ai participé à différents ateliers car j'ai tout de suite été intéressée par ça. Comme j'étais un peu timide j'avais sans doute besoin de cela pour m'extérioriser. Et j'ai continué à faire des ateliers dans mon quartier, dans ma ville et puis j'ai commencé à faire de spectacles. Et quand on a commencé on ne s'arrête plus. Même s'il y a eu une petite parenthèse après mon bac quand j'ai fais des études de tourisme.

A Paris, j'ai découvert un peu par hasard les Cours Simon et je suis revenue au théâtre. J'y ai fais un an en amateur et un en professionnel et une année et demie au Conservatoire du 10 ème arrondissement. J'ai arrêté de prendre des cours un peu parce qu'on nous y attribue très vite un emploi, et pour moi, en l'occurrence, celui des bonnes de Molière et les prostituées. Non par parce que l'emploi ne me plaisait ou ne me convenait mais je trouvais cela très réducteur. Dès que l'on essaie autre chose, on nous rappelle que ce n'est pas notre emploi.

Or, pour moi, l'intérêt des cours est d'avoir l'opportunité de travailler des rôles très différents et surtout ceux que peut être on ne nous proposera pas en raison de cet "emploi" parce que le métier est ainsi. Et j'ai monté ma compagnie. Spécialement pour le spectacle Toujours ensemble que nous jouons actuellement.

Valérie Théodore : J'ai eu un parcours sinueux car je me suis un peu cherchée. J'ai fait des études supérieures d'économie mais pas de théâtre. Car j'en avais envie et en même temps je ne voulais pas m'avouer que je désirais être comédienne. Donc j'ai commencé à 22 ans, ce qui est déjà tard. J'ai tâtonné en essayant plusieurs cours comme les ateliers du soir de Chaillot. Et puis j'ai trouvé ce qui me convenait avec l'Ecole du Studio Théâtre à Asnières que dirige Martin Barbaz. Et ce fût une vraie révélation car c'était ce que je cherchais et ce qui me convenais.

L'Ecole est très généraliste parce qu'elle propose des cours de tragédie, de danse, de chant, d ‘escrime, etc… et comme cette école dispose d'un théâtre on est amené très vite à travailler les ateliers sur la scène d'un théâtre. Après un an d'école je suis rentrée dans la compagnie du Studio de l'école avec laquelle on commence à faire nos premiers spectacles professionnels. Cela a été très formateur pour moi. J'ai commencé avec "La cuisine" mis en scène par Jean Louis Martin Barbaz, puis "Les maxibules" de Marcel Aymé monté par Philippe Meyer et d'autres spectacles chantés. Je suis sortie de cette compagnie l'année dernière au bout des 3 années de formation.

Comment s'est passée votre rencontre ?

Vanessa Defasque : Le projet a démarré en 2003 avec une autre comédienne qui était une de mes amies. Nous avons beaucoup lu de pièces et nous avons retenu celui d'Anca ViceiXXX. Nous l'avons adapté à un format plus court puisque le texte durait à l'origine 2 heures et demie. Nous avons soumis notre adaptation à l'auteur qui a donné son accord. Nous avons ensuite passé une annonce pour trouver un metteur en scène car nous ne nous sentions pas à même d'assurer la mise en scène qui n'est pas notre métier. C'est ainsi que nous "auditionné" en quelque sorte des metteurs en scène et retenu Philippe Eretzian, ce que nous ne regrettons pas.

Voilà qui n'est pas banal car en général c'est le processus inverse.

Vanessa Defasque : Oui effectivement. Nous avons joué cette pièce un mois au Thé Théâtre te nous n'avions pas envie d'arrêter. Mais cette comédienne est partie à l'étranger et Philippe et moi avons cherché un autre théâtre et une autre comédienne et nous avons choisi Valérie parmi la trentaine de candidates.

Ce qui est singulier est le fait que vous ayez choisi cette pièce structurée d'après des écrits épistolaires sur un sujet grave et émouvant alors que les jeunes comédiens qui montent un projet se cantonnent généralement à un one-man-show ou à une comédie légère.

Vanessa Defasque : A aucun moment quand nous avons monté cette compagnie nous avons pensé à l'aspect commercial du spectacle alors que cela est important quand on monte une compagnie de la faire vivre. Il est certain que monter un Feydeau permet d'avoir plus d'audience. Mais la pièce "Toujours ensemble" même si elle traite un sujet grave comporte de nombreux moments où on rie et sourie. Et c'est ce qui est intéressant dans ce texte.

Nous avons gardé l'essence du texte mais nous avons choisi certains passages en éliminant ceux par exemple qui parle de Puck, qui donne le titre original à la pièce qui était Puck en Roumanie, parce qu'il y avait une véritable mise en abyme avec "Le songe d'une nuit d'été" de Shakespeare et l'histoire des 2 sœurs qui rendait la pièce moins accessible. Mais nous avons dû faire un choix, la mort dans l'âme. Chaque lecture, chaque répétition nous a permis de découvrir la richesse du texte et notamment de son aspect souvent drôle.

La pièce "Puck en Roumanie"est d'ailleurs actuellement à l'affiche au théâtre du Proscénium.

Vanessa Defasque : Oui. C'est sous ce titre que nous l'avons joué en 2003. Mais Anca Visdei a apporté quelques modifications au texte original qui a été donc réédité d'où le titre "Toujours ensemble". Mais les deux titres existent encore.

Etes-vous allées le voir?

Vanessa Defasque : Non pas encore. D'abord parce que nous jouons. Nous irons sans doute quand nous aurons fini de manière à ne pas être influencées. D'autant que nous avons des partis pris très forts.

En quoi consistent ces partis pris ?

Vanessa Defasque : Je crois que Philippe Eretzian vous en parlera mieux que nous. Mais cela tient surtout à toucher ce qu'est l'esprit roumain et au burlesque, au clownesque, qui n'est pas entre le rire et les larmes mais le rire dans les larmes ou les larmes dans le rire qui est un trait très roumain.

Que vous a apporté Philippe Eretzian ?

Vanessa Defasque : Nous l'avons choisi parce qu'au bout de 4 heures de répétition nous avons compris ce qu'il nous disait et il écoutait ce que nous lui disions. Il s'est instauré un vrai dialogue au niveau du travail. Il sait expliquer ce qu'il attend de nous et comment y parvenir. C'est en fait un très bon directeur d'acteur.

Valérie Théodore : De plus il procède avec douceur et tact ce qui est important. On se sentait en sécurité.

Comment s'est faite la distribution des rôles ?

Vanessa Defasque : Lorsque nous avons monté le projet avec mon amie nous avons lu et relu le texte maintes fois et quand nous nous sommes demandés quel rôle nous intéressait, il s'est trouvé que nous n'avions pas choisi le même personnage. Quand nous avons repris le projet, nous avons abordé le sujet de la distribution avec Philippe Eretzian pour savoir si je reprenais le même rôle. En changer aurait pu être un défi intéressant mais cela comprenait aussi un gros risque donc j'ai repris le même rôle au bout duquel d'ailleurs je n'étais pas encore allé au bout d'un mois de représentation.

Parlez nous un peu de votre compagnie.

Vanessa Defasque : Mes parents sont à la tête de cette compagnie et c'est très important d'être soutenue et aidée par ma famille surtout dans un métier aussi difFicile. C'est une très petite structure qui a pour but de créer des spectacles vivants.

Cette compagnie a-t-elle pour but de créer votre propre travail dansun métier où il est souvent difficile pour les jeunes de démarrer ?

Vanessa Defasque : Effectivement. Et cela permet aussi de se professionnaliser. Cela permet aussi d'initier des projets qui nous tiennent à cœur même si parallèlement on est contraint à faire des choix "alimentaires". La compagnie a été créée à l'occasion du projet "Toujours ensemble" mais elle en aura d'autres.

Justement à propos de projets….

Vanessa Defasque : Actuellement nous essayons bien sûr de contacter des programmateurs pour que reprendre le spectacle dans d'autres lieux et voire même une tournée. Nous aimerions jouer dans des salles ayant un plateau un peu plus grand pour faire un vrai travail sur la lumière et le son et de bénéficier d'un créneau horaire un peu plus large pour avoir plus de respirations dans le texte et peut être même d'y réinsérer certaines coupes que nous avons fait avec regret. Quand je dis une salle plus grande, il est évident qu'il s'agit d'un spectacle plutôt intimiste qui ne s'accommoderait pas d'une très grande salle. Nous aimerions bien la reprendre en janvier par exemple.

Et puis, comme autres projets, j'ai écrit une pièce, une comédie pour 4 personnages, avec Nicolas Ronceux dont nous commencerons les répétitions après la fin des représentations de "Toujours ensemble". Nous irons également à la recherche d'une salle mais là le spectacle est plus "commercial".

Si on peut dire et je pense qu'il pourra intéresser les cafés-théâtres. Pour le moment, il s'agit d'une mise en scène collective mais nous allons envoyer le texte à des professionnels connus. J'ai aussi un projet de one-man-show mais qui est à plus long terme car cela demande un long travail d'écriture.

Valérie Théodore : Je fais des voix. Je travaille avec une nouvelle structure qui a pour but d'enregistrer des œuvres littéraires intégrales destinées à être mises en ligne sur internet pour les mal et non voyants et à terme sur cassettes. C'est un travail très intéressant. Je fais aussi de s voix de dessins animés qui est un autre exercice mais qui m'amuse beaucoup. Quand à mes projets, c'est la réalisation d'un court métrage que j'ai écrit.

Et d'autres projets ensemble ?

Vanessa Defasque : Nous en parlons depuis quelques temps avec également Philippe Eretzian, qui est aussi comédien. Car nous formons une équipe vraiment soudée. Ce qui est rare dans ce métier. Peut être pour trouver un nouveau texte mais aussi pour trouver des opportunités de jouer "Toujours ensemble" en le milieu scolaire ou universitaire compte tenu du thème historique abordé.

Et peut être aussi auprès de la communauté roumaine ?

Vanessa Defasque : Et bien c'est la première chose que nous avons faite lors du lancement du spectacle mais nous avons essuyé un rejet en bloc. Du fait qu'il s'agit d'une période encore trop récente et douloureuse de leur histoire. En revanche, ceux qui sont venus au théâtre ont été très émus et bouleversés.

Et Anca Visdei?

Vanessa Defasque : Elle est venue à la première au Théo Théâtre et à la première ici au Guichet Montparnasse ici. Elle a, je crois, bien apprécié notre travail et son évolution depuis deux ans. Elle doit également revenir avant la fin des représentations.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique du spectacle Toujours ensemble
Interview de Philippe Eretzian

En savoir plus :

Le site officiel de la Compagnie Vanessa Defasque



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# 5 février 2012 : Enfin l'hiver

Alors voilà, cela fait des mois que tout le monde s'étonne que le climat est plutôt clément en ce dernier hiver avant la fin du monde et puis d'un seul coup, quand il se met à faire un temps... d'hiver, c'est la panique, la télé sort ses reportages, l'instagrameur guette le moindre flocon et surtout tout le monde se plaint du froid. En attendant, on risque de se retrouver avec un album de Mallaury Nataf avec ces conneries. D'ici là, voici le programme de la semaine.

Du côté des platines :

"Violent hearts" de Shimmering Stars,
"The night visitor" de Anna Ternheim,
"Have som faith in magic" de Errors,
"Breakers" de Gem Club,
"Hall music" de Loney Dear,
"Future this" de The Big Pink, retrouvez aussi The Big Pink en interview et en images,
"Le temps qu'il faut" de Bertrand Betsch, ainsi que la deuxième partie de son interview qui fait logiquement suite à la première,
Watine en Froggy's Session, après la sortie de son disque "Still grounds for love",
Ibrahim Maalouf en concert au Fil de Saint-Etienne, Ibrahim Maalouf nous a également accordé une interview,
Shaka Ponk à l'Aéronef de Lille,

Au théâtre :
Les nouveautés de la semaine :
"Mystère Poe" au Théâtre L'Atalante
"S'envoler" au Nouveau Théâtre de Montreuil
"L'heure d'après" au Théâtre du Petit Hébertot
"Sortir du corps" à la Maison des Métallos
"Jacques et son maître" à la Pépinière Théâtre
"La trilogie degli occhiali" au Théâtre du Rond-Point
"Urbik/Orbik à la ville comme à l'univers" au Monfort Théâtre
"Sade 2.0" au Théâtre Les Déchargeurs
"Etty" au Théâtre de l'Ouest Parisien
"Copines d'avant" au Théâtre des Blancs Manteaux
"Amour, action ou vérité" au Théâtre des Blancs Manteaux
et un spectacle jeune public : "Lancelot, le chevalier de Merlin" au Théâtre de la Porte Saint Martin
Les reprises à ne pas rater :
"A toi pour toujours, ta Marie-Lou" au Théâtre Essaïon
"L'or" au Théâtre La Bruyère
"Même si tu m'aimes" au Théâtre Michel
Toujours à l'affiche :
"Simpatico" au Théâtre Marigny
"Le désert des Tartares"au Théâtre du Petit Hébertot
"Le bourgeois gentilhomme" au Théâtre de la Porte Saint Martin
"F-X" au Théâtre Le Lucernaire
"Le système de Ponzi" au Théâtre des Abbesses
"L'envers du décor" au Théâtre Le Ranelagh
"La scaphandrière" au Théâtre André Malraux à Chevilly-Larue
"La trilogie de la villégiature" à la Comédie Française
"Rose" à la Pépinière Théâtre
"Naples millionnaire" au Théâtre de la Tempête
"Les Roches Noires" au Vingtième Théâtre
"Sur le chemin" à l'Auguste Théâtre
"Dialogues de sourds" à l'Auguste Théâtre
"Lo Speziale" au Théâtre des Artistic Athévains
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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