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Interview  (Paris)  septembre 2005

Benoît de Villeneuve nous reçoit pour un entretien sympathique pour parler de son premier album à sortir fin octobre intitulé First Date.

Entretien qui se transforme en conversation passionnée autour de la musique, colonne vertébrale de Villeneuve, le groupe autant que l'homme qui nous parle de ses influences, des Beach Boys à l'lectro de Morr Music...

"Villeneuve" c'est qui quoi comment et pourquoi

Villeneuve : Mon nom est Benoît de Villeneuve. J'ai fait de la musique au sein de plusieurs groupes puis en solo et j'ai cherché des noms sans vraiment trouver le bon. Le moment étant venu de diffuser des démos, il a fallu en trouver un, un peu dans l'urgence. Du coup, j'ai gardé mon nom. Les gens trouvent que cela sonne bien. A la limite cela fait un peu french touch.

Le prénom et la particule ont néanmoins sauté.

Villeneuve : Oui, je voulais également que cela ne fasse pas trop personnel. Villeneuve peut être le nom d'un groupe.

La communication pour cet album insiste sur le côté électro, même s'il est précisé électro-pop et je ne trouve pas que cela sonne électro

Villeneuve : Effectivement. C'est d'abord de la pop.

Y a-t-il néanmoins eu des influences électro de la french touch justement ?

Villeneuve : L'électro qui m'a marqué c'est plutôt celle de Warp, des labels un peu barrés, plutôt que la french house qui est essentiellement de la house filtrée que ne je n'aime pas. Cela ne me touche pas. Par contre, Daft Punk, oui ; j'y suis arrivé sur le tard parce que j'étais vraiment très indie pop. Il y a également l'album de Mirwais que je trouve vraiment beau. Donc l'électro c'est plutôt Boards of Canada et je suis un gros fan du label Morr Music parce qu'il y a une grosse base mélodique avec l'outil électronique derrière.

Vous avez des relations aussi avec M83 ?

Villeneuve : Oui, nous nous sommes connus ici et nous nous sommes appréciés. Nous avons fait un morceau ensemble qui était sur une compil et j'ai également bossé sur leur album où j'ai fait les mélodies de voix et des arrangements de chœur. Cela s'est passé naturellement.

Votre l'album sonne plutôt pop-rock limité psyché-électronqiue qui lorgne du côté de My Bloody Valentine de manière flagrante par exemple avec le titre "Alone, not alone", et flirte parfois avec Sigur Ros. Dans votre bio, il est indiqué que l'album résulte d'une perversion de morceaux originaux.

Villeneuve : Au départ, les chansons sont composées très simplement à la guitare ou au clavier avec une structure très basique en acoustique. Ensuite, les arrangements sont faits de manière très pop dans mon home studio où je fais l'essentiel. Pour le reste, je l'ai fait avec Cédric Leroux, un ami de Marseille, qui jouait dans des groupes de noisy pop et qui n'a aucune culture électro qui n'est pas son truc. Et il est très ancré dans le son des années 60 et c'est ce que je voulais car je suis également fan de la chaleur de cette époque.

Nous avons donc fait l'enregistrement en rajoutant des synthés, des nappes, en déconstruisant les morceaux tout en gardant la base chanson et en y injectant des sons qui m'ont marqué, du relief, qui personnalisent les morceaux. Je ne me fixe pas de barrières par rapport à un projet qui serait par exemple de faire de la pop-rock. Il n'y a pas de préméditation, je travaille plutôt de manière intuitive sans me donner de limite.

Dans la langue également ?

Villeneuve : Il y avait plusieurs morceaux en français au départ mais cela nuisait à la cohérence de l'album. J'en ai donc laissé qu'un qui donne un effet un peu clin d'œil sans perturber l'ensemble. Surtout que l'album est déjà un peu perturbant parce qu'il part dans toutes les directions au niveau du style.

Tout ce "triturage" au niveau du son veut-il dire, comme le précise également votre bio, que vous êtes davantage intéressé par la production ?

Villeneuve : Il est vrai que je m'intéresse beaucoup au son et pas uniquement à l'écriture. Contrairement aux artistes qui se consacrent uniquement à la composition et font appel ensuite à un ingénieur du son, je fais les 2 et je reste maître de mon son. Par ailleurs, j'ai également d'autres projets. En revanche, je ne veux pas être étiqueté "producteur" car avant tout je fais des mélodies.

En quoi consiste ces autres projets ?

Villeneuve : Je prépare l'album solo de chanson française pour Mélanie Pain qui chante sur mon album. Pour le moment, les démos sonnent plutôt folk américana, pop et des textes en français avec des mélodies simples.

Vous faites la musique et les textes ?

Villeneuve : Mélanie est essentiellement interprète. J'écris les musiques et les textes sont principalement écrits par Pap Deziel auteur de sa chanson en français.

Villeneuve se présente donc un peu comme une sorte d'entité qui pourrait se décliner différemment selon les projets ?

Villeneuve : Oui. Parce que j'écris des choses très différentes. J'ai également envie depuis un an de faire un album ambient. J'aimerai bien me lâcher de ce côté-là.

Pour vous retrouver sur une compilation Costes ? (sourire)

Villeneuve : rires. Non, surtout pas. Et puis je ne pense pas que je ferai de l'ambient à la Costes.

Cela veut-il dire que vous voudriez être un bon faiseur à la Benjamin Biolay ?

Rires

Vos goûts affichés pour la musique des 60's et Sonic Youth, Keith Richard proviennent de la discothèque de vos parents ?

Villeneuve : En fait, je suis tombé assez jeune dans les Stones après avoir vu un clip à la télé. Mes parents n'écoutaient pas de musique donc pas d'influence de ce côté là. Je suis un boulimique de musique et je suis très curieux. Donc je lis la presse musicale, je vais sur des sites comme "allmusic guide" qui est une bible en la matière.

Pour en revenir à votre album, si on écarte une première écoute un peu dilettante qui peut le qualifier de musique d'ambiance, il s'avère relativement plus complexe et en tout cas pas dans la tendance actuelle du revival du rock garage. Cela ne comporte-t-il pas un risque ?

Villeneuve : Je ne sais pas car il n'y a pas de calcul de ma part. Du rock j'en ai fais il y a 10 ans. Mais je n'ai plus envie d'en faire aujourd'hui. Ce n'est d'ailleurs par un rock très frais ; il y a beaucoup de recyclage.

Il n'y a plus de découvertes en rock ?

Villeneuve : Si. Ceux qui écrivent de bonnes chansons. Le son ou l'attitude ne suffisent pas.

Avec la sortie d'un album, la finalité est de vous consacrer uniquement à la musique et à en vivre ?

Villeneuve : J'aimerai bien vivre de ma musique car cela demande beaucoup d'investissement personnel. Mais je reste réaliste. J'essaie de faire ce que j'ai envie de faire et aussi je multiplie les projets mais toujours dans cette optique.

Votre choix pour la pochette ?

Villeneuve : Il s'agit d'un tableau qui devait servir pour l'affiche d'un film des années 70 qui n'est jamais sorti et qui a été peint par Mario Berardinis, le père d'une amie, qui faisait des affiches de films pour les films spaghetti et les polars italiens. Je l'ai trouvé super beau.

Et le choix du titre de l'album "First date" ?

Villeneuve : Je suis très mauvais pour le choix des titres et c'est un enfer. A un moment je voulais l'appeler 55.55, pour un album qui durerait 55 minutes et 55 secondes, qui s'afficherait quand on mettrait l'album. Bon, cela faisait un peu gadget et n'avait pas vraiment de sens. En réalité, c'est le titre de la version anglaise du morceau "Plus vite que le temps" qui colle bien finalement avec la tonalité de l'album.

Quels sont les projets en terme de concert et de tournée ?

Villeneuve : Il y a le premier concert à la Cigale le 19 novembre en première partie de Sébastien Schuller qui va être chaud. Cédric sera à la guitare, Mélanie à la voix et moi à la seconde guitare, à la programmation et à la voix. Il y aura un bassiste et un batteur également.

Il n'y a donc pas eu de live préalable ?

Villeneuve : Non, par sur ce projet. Mais j'ai fait du live avec mes groupes de pop-rock et de hardcore…quand j'étais jeune.

Villeneuve c'est la pop du 21 ème siècle ?

Villeneuve : rires… Restons modeste ! Disons que c'est de la pop moderne avec une pointe d'électro.

L'album de votre discothèque que vous donneriez à un ami ?

Villeneuve : Pet sounds des Beach Boys sans hésiter ! On ne s'en lasse pas. Même si on n'entre pas dedans aisément, on trouve toujours une porte d'entrée et c'est le genre d'album qui vous accompagne longtemps.

Un peu comme Villeneuve ?

Villeneuve : Ah, ne me mettez pas la pression !

 

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La chronique de l'album First date de Villeneuve
La chronique de l'album Dry Marks of Memory de Villeneuve
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L'interview de Villeneuve (27 avril 2010)

En savoir plus :

Le site de Villeneuve


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# 26 janvier 2020 : Les rois des galettes

En cette fin de période de galettes à tout va, on vous parle surtout de celles en vinyles avec de la bonne musique dessus mais pas que : théâtre, littérature, cinéma, expos sont aussi au programme. C'est parti.

Du côté de la musique :

"Pesson, Abrahamsen & Strasnoy : Piano concertos" de Alexandre Tharaud
"Paris Beyrouth" de Cyril Mokaiesh
"Water is wet" de Theo Hakola
"Musique de chambre" de Le Noiseur
"Les identités remarquables" de Tristen
Interview avec No One Is Innocent à Saint Lô
Theo Lawrence et Mr Bosseigne au Fil
"La légende de Nacilia" de Nacilia
"C'est quoi ton nom ?" de Blankass
"Il est où le bonheur" 9ème émission de Listen in Bed
"Swin, A Benny Godman story" de Pierre Génisson, BBC concert Orchestra et Keith Lockhart
et toujours :
"Late night music" de Abel Orion
"Jaimalé" de Andriamad
"Everything else has gone wrong" de Bombay Bicycle Club
"Fire" de Burkingyouth
"Délie (Object de plus haute vertu d'après l'oeuvre de Maurice Scève)" de Emmanuel Tugny
"Dolci Affeti" de Ensemble Consonance & François Bazola
"Music is our mistress" de Grand Impérial Orchestra
"Vinyle, suite no 2" de Listen in Bed, émission numéro 8 à écouter
"Who are the girls ?" de Nova Twins
"When Oki meets Doki" de Okidoki

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Deux euros vingt" au Théâtre Rive Gauche
"Vive la Vie" au Théâtre Gaité-Montparnasse
"Mon Isménie" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"La Paix dans le monde" à la Manufacture des Abbesses
"Un Tramway nommé Désir" au Théâtre La Scène Parisienne
"Trop de jaune" au Studio Hébertot
"Oh ! Maman" au Théâtre La Scène Parisienne
"Le fantôme d'Aziyadé" au Théâtre Le Lucernaire
"Le hasard merveilleux" au Théâtre de la Contrescarpe
"Attention les Apaches !" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Norma Djinn" au Théâtre Montmartre-Galabru
"Blond and Blond and Blond - Hømåj à la chønson française" au Café de la Danse
les reprises :
"Tanguy Pastureau" au Théâtre de la Renaissance
"Close"
"Elisabeth Buffet - Obsolescence programmée" au Théâtre du Marais
"Le comte de Monte-Cristo" au Théâtre Essaion
"L'Analphabète" à l'Artistic Théâtre
"La Diva divague" au Théâtre de Dix heures
et la chronique des autres spectacles à l'affiche

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour "Kiki Smith à la Monnaie de Paris

Cinéma avec :

"Botero" de Don Millar
"Mission Yéti" de Pierre Gréco et Nancy Florence
et la chronique des films sortis en janvier

Lecture avec :

"Le ciel à bout portant" de Jorge Franco
"Le prix de la démocratie" de Julia Cagé
"Les champs de la Shoah" de Marie Moutier Bitan
"Les rues bleues" de Julien Thèves
"Trois jours d'amour et de colère" de Edward Docx
et toujours :
"De Gaulle, portrait d'un soldat en politique" de Jean Paul Cointet
"Et toujours les forêts" de Sandrine Collette
"Lake Success" de Gary Shteyngart
"Nul si découvert" de Valérian Guillaume
"Sauf que c'étaient des enfants" de Gabrielle Tuloup
"Sugar run" de Mesha Maren
"Victime 55" de James Delargy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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