Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Bérénice Paysages
Théâtre de Belleville  (Paris)  décembre 2018

Monologue dramatique d'après l'oeuvre de Jean Racine interprété par Mathieu Montanier dans une mise en scène de Frédéric Fisbach.

Quoi de plus intime que la loge d’un artiste ? Cet endroit où le comédien quitte rôle et costume pour redevenir individu ? C’est dans cette intimité que débute et emmène "Bérénice Paysages".

Le choix du metteur en scène de présenter un comédien, Mathieu Montanier, répétant son texte sur plateau script en mains avant qu’il ne l’abandonne, la matière inerte du texte prenant bientôt une substance bouleversante par le corps, marque la beauté inédite de cette création.

Appuyée par des jeux de lumières de Léa Maris accompagnants le parcours du comédien à travers le texte, la scénographie moderne de Charles Chauvet sert une compréhension résolument contemporaine de la poésie tragique de "Bérénice".

Vingt ans après avoir monté "Bérénice", le metteur en scène Frédéric Fisbach retourne à cette tragédie de Racine par "amour de cette langue". Dans cette mise en abyme du comédien au travail sur scène perché sur une table d’où il se démaquille, se lave, se change, le texte de Racine est d’abord murmuré et parfois hésitant sur fond de musique classique. Le murmure s’amplifie alors que le personnage/comédien intègre les mots et le sens des tirades qu’il récite avant que son corps ne s’anime à mesure qu’il les vit.

Alternant des tirades de Titus, Bérénice et Antiochus, les choix d’extraits du "Bérénice" original concentrent l’intention de cette création sur la souffrance créée par la séparation d’êtres qui s’aiment. Là réside le tragique universel de cette pièce de Racine qu’expose cette création ; dans ce déchirement dont la douleur nous parvient ici d’une seule voix.

Les personnages se confondent alors que le comédien semble de plus en plus possédé par les émotions terribles, les tourments physiques qu’expriment, dans le texte, ceux qu’il incarne tour à tour.

"Everybody wants to be loved". Cette musique, choix qui accompagne avec pertinence "Bérénice Paysages", ramène aux fondamentaux humains exprimés dans le texte remanié de Racine, autant que dans la richesse du jeu de Mathieu Montanier.

Tout le monde veut être aimé, c’est cette vérité qui heurte le sensible. Quand le texte incarné prend toute son ampleur dans la compréhension viscérale du comédien des mots qu’il déclame, leur portée n’en est que plus forte pour le public qui vie avec lui la violence et la douleur de ce que ces mots transportent, animés par une voix humaine.

La symbiose finale des trois personnages dans le corps seul du comédien renvoie à l’humanité universelle contenue dans cette tragédie racinienne. Face au public dans un halo de lumière ne découvrant que son visage, la beauté terrible de la langue dont les émotions sont réellement vécues par le personnage/comédien nous sont livrées dans une sobriété totale. Une dernière confession où les yeux et la voix seules concentrent, dans une tension fulgurante avec le public, les transports si humains des personnages de Racine.

Une expérience artistique mémorable dans cette création où le sens et le tragique de "Bérénice" parviennent dans une limpidité inédite. La poésie de Racine et son universalité n’ont jamais été aussi intelligibles.

J. Wattel

 

        
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 23 juin 2019 : Un festival de festivals

On vous parle bientôt du Hellfest, on vous parle déjà du Magnifique Society, on va partir au festival de Beauregard... bref, c'est l'été, la saison des festivals et on va vous tenir compagnie tout l'été, histoire de vous rafraichir les idées pendant que votre corps suera à grandes eaux sous le soleil caniculaire. Voici le programme de la semaine.

Du côté de la musique :

"Une clairère" de Jérôme Minière
"Cheval fou" de Marie Claire Buzy
"Le pas de côté" de Matthieu Malon
"Trust in the Lifeforce of the Deep Mystery" de The Comet Is Coming
"Years to burn" de Calexio & Iron and Wine
"Tutto va vene" de Alex Rossi
"The coffin train" de Diamond Head
"Black Haze" de Lloyd
Compte rendu du Magnifique Society à Reims :
- Vendredi avec Delgrès, Franz Ferdinand, The Fat White Family...
- Samedi avec Pond, Bagarre, Sebastian etc.

et toujours :
"Frescobaldi : Toccate e partite d'intavolatura di cimbalo, libro primo" de Christophe Rousset
"Ravel l'exotique" de Ensemble Musica Nigella & Takénori Némoto & Marie Lenormand & Iris Torrosian & Pablo Schatzman
"Rouen dreams" de Jean-Emmanuel Deluxe & Friends
"Antonio Salieri : Tarare" de Les Talens Lyriques & Christophe Rousset
"N'obéir qu'à la terre" de Louise Thiolon
"... Ni précieuse" de Malakit
"Différent" de Monsieur
"Women's legacy" de Sarah Lenka
"At the end of the year" de Thomas Howard Memorial
"Génération guerre sainte" de Torquemada

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Why ?" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Les Evaporés" au Théâtre de la Tempête
"Elle voit des nains partout !" au Café de la Gare
"Nous deux et personne d'autre" au Lavoir Moderne Parisien
"Roger, Roger et Roger" au Café de la Gare
"Olympicorama - Epreuve n°2 : Le disque" à la Grande Halle de La Villette
"Comment épouser un milliardaire" à la Nouvelle Seine
et la chronique des spectacles à l'affiche en juin

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour "Rouge - Art et Utopie au pays des Soviets" au Grand Palais

Cinéma :

les films de la semaine :
"Natan, le fantôme de la rue Francoeur" de Francis Gendron
Oldies but Goodies avec "L'Age d'or" de Luis Bunuel
et la chronique des films à l'affiche en juin

Lecture avec :

"Avis de décès" de Zhou Haohui
"L'évasion du siècle" de Brendan Kemmet
"La lame" de Frédéric Mars
"La solitude Caravage" de Yannick Haenel
"Malamorte" de Antoine Albertini
et toujours :
"Au péril de la mer" de Dominique Fortier
"Etre soldat de Hitler" de Benoit Rondeau
"La nation armée" de André Kaspi
"Le karaté est un état d'esprit" de Harry Crews
"Le rêve de la baleine" de Ben Hobson
"Les deux vies de Sofia" de Ronaldo Wrobel

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=