Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce J'ai des doutes
Théâtre du Rond-Point  (Paris)  décembre 2018

Spectacle conçu et inteprété par François Morel d'après des sketches de Raymond Devos accompagné par le musicien Romain Lemire (ou Antoine Sahler).

Si l'on excepte les émissions d'humour qui rediffusent leurs sketches - et encore souvent seulement des extraits -, les grands comiques disparus n'ont pas une vraie postérité.

Si l'on se souvient de l'expérience malheureuse de Jean Rochefort qui avait, il y a quelques années, interprété sur scène des sketches de Fernand Raynaud, on se dit que souvent les textes des comiques portent tellement leur marque de fabrique qu'il est impossible, à la différence des chansons, que d'autres essaient de les réinterpréter.

C'est donc une sacrée gageure que François Morel s'est imposé en voulant, avec "J'ai des doutes", consacrer un spectacle à Raymond Devos, d'autant plus que celui-ci jouait de son corps (au fond des bois, aurait-il ajouté), un corps de clown hors normes, volumineux, accompagné d'une voix et d'un phrasé tonitruants.

Et si l'on regarde bien le physique de Morel et sa voix peu portée aux emportements et aux outrances, on ne voit guère de rapports immédiats entre les deux artistes... C'est pour cela que François Morel a tout de suite introduit une espèce de guillemet musical, puisque son pianiste, Romain Lemire (en alternance avec son musicien Antoine Sahler) entame le spectacle en jouant sur un piano d'enfant, "Le clown" de Gianni Esposito. A la fin du spectacle, il referma logiquement ce guillemet, toujours au piano (mais un vrai), refermant ce spectacle-parenthèse.

Il a bien raison de dire tout de suite qu'il ne sera pas Devos, mais qu'il le servira. Pour bien planter le décor, il passera aussi par la cas paradis, histoire de voir là-haut si Devos y est et quels sont ses rapports avec Dieu ou son absence.

Revenu sur la Terre, Morel n'interprète pas directement un sketch, mais profite de la présence de son accompagnateur musical, son parfait alter ego et cette fois à la guitare, pour chantonner un texte de Devos que l'on connaissait justement sous la forme d'un sketch.

L'astuce de François Morel pour ne pas rendre indigeste son hommage à Devos est donc de varier les formes : parfois il sera seul, parfois il sera accompagné ; parfois il chantera parfois il interprètera. En tout cas, jamais il ne se risquera à l'épreuve d'un sketch intégral. "J'ai des doutes" est en fait une évocation de Devos avec des bouts de textes. Et la formule n'est pas choquante. Au contraire. François Morel a cherché et trouvé des morceaux de Devos qui lui conviennent et qu'il peut ainsi valoriser.

La sanction du public est immédiate : il rit et pratiquement sans discontinuer. Peut-être qu'on pourra noter une petite faiblesse question rires quand il reprend "Est-ce que vous m'aimez...", le sketch que Devos joue dans "Pierrot le fou". Mais François Morel, indécrottable cinéphile, tenait sans doute à cette parenthèse godardienne.

Pour le reste, c'est un sans faute. François Morel a conçu un spectacle rythmé, sans temps morts, à la fois varié et très près de son sujet. Le normand redonne vraiment une seconde jeunesse à l'humoriste franco-belge. Comme on le suggérait tout à l'heure, s'il s'en était tenu à une interprétation littérale des sketches de Devos, on aurait pu penser que ceux-ci avaient vieilli, ce qui est bien normal puisqu'ils remontent parfois aux années 1950-1960.

Tant mieux si cet hommage enjolive la mémoire de ce monstre sacré qui ne méritait pas ce très long purgatoire dont François Morel, au sommet de son art, le tire avec une aisance diabolique pour compliquer encore les choses. Mais ne considérait-on pas Devos comme un comique métaphysique qui jonglait avec les mots et la mort.

La chanson finale dit que le clown est mort et qu'il faut applaudir son effort. On ne mégotera pas sur les applaudissements et on les adressera conjointement à François et à Raymond.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 13 janvier 2019 : La Culture n'est pas en solde

Au sommaire cette semaine, du live, du livre, des films, des disques, des découvertes et des oeuvres de légendes et des spectacles à foison. C'est parti pour le sommaire de la semaine.

Du côté de la musique :

"Origami harvest" de Ambrose Akinmusire
"La fille de l'air" de Evelyne Gallet
"Egdes" de F/LOR
"Chemin vert" de Joseph Fisher
"Lignes parallèles : Haydn, Lipatti, Mozart" de Julien Libeer et les Métamorphoses et Raphael Feye
"Bien avant que le soleil se lève" de Screamming Kids
"Transparence" de TOOOD (That Obscure Object Of Desire) à retrouver également en interview ici même mais aussi pour une superbe session électrique de 4 titres à prolonger par leur passage dans l'émission Trifazé de Radio Campus à réécouter ici
"The white album" de The Beatles
"Scenario" de Ysé Sauvage
et toujours :
"Maté / Vallancien" de Philippe Maté et Daniel Vallancien
"Princess Thailand" de Princess Thailand
"Peninsular II (The bridge)" de Robin Foster
"Zoot suite Vol 2" de Zoot Octet
"Punk rock academy" de Les Rois de la Suède
"4 A M" de Bryan's Magic Tears
"C'est un joli nom camarade", l'Empreinte de Ferrat
et toujours :

Au théâtre :

les premiers spectacles de l'année :
"Ervart" au Théâtre du Rond-Point
"Naufragé(s)" au Théâtre du Rond-Point
"Samo, a Tribute to Basquiat" au Théâtre de la Tempête
"Portrait de Ludmilla en Nina Simone" à l'Espace Cardin
"Pavillon noir" au Centquatre
"King Lear Remix" au Théâtre de Belleville
"Roi et Reine" au Théâtre de Belleville
"Paulina" à la Manufacture des Abesses
"Ma Chanson de Roland" au Théâtre Les Déchargeurs
"Les Soliloques du pauvre" au Théâtre Les Déchargeurs
"Comme disait mon père..." au Théâtre Les Déchargeurs
"Le Journal d'un fou" au Théâtre Les Déchargeurs
"Un Coeur sauvage" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
et les reprises:
"Et si on ne se mentait plus ?" au Théâtre Tristan Bernard
"Sulki et Sulku ont des conversations intelligentes" au Théâtre du Petit Saint Martin
"L'Ingénu" au Théâtre Essaion
"La vie devant soi" au Théâtre de Sartrouville
"Monsieur Fraize" à l'Européen
et les autres spectacles à l'affiche en janvier

Expositions avec :

avec la dernière ligne droite pour :
"Artistes à Montmartre, lieux et ateliers mythiques" au Musée de Montmartre

les films de la semaine :
Oldies but goodies avec :
"La Garçonnière" de Billy Wilder
et "Les Nuits de la pleine lune" de Eric Rohmer dans le cadre des rétrospectives à la Cinémathèque française
et la chronique des sorties de janvier

Lecture avec :

"Des hommes couleur de ciel" de Anais Llobet
"La femme de marbre" de Louisa May Alcott
"La transparence du temps" de Leonardo Padura
"Les couleurs de Fosco" de Paola Cereda
"Oiseau de nuit" de Robert Bryndza
"Philo & co : A la poursuite de la sagesse" de Michael F Patton et Kevin Cannon
"Vesoul, le 7 janvier 2015" de Quentin Mouron
"Vigile" de Hyam Zaytoun"
et toujours :
"Avalanche hôtel" de Niko Tackian
"Dans l'ombre du brasier" de Hervé le Corre
"Le vieil homme et son chat, tome 1" de Nekomaki
"On dirait que je suis morte" de Jen Beagin
"Pygmalion" de Sandrive Revel
"Tête de tambour" de Sol Elias
"Un bref désir d'éternité" de Didier Le Pêcheur
"Un cadenas sur le coeur" de Laurence Teper

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=