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Erik Poppe  décembre 2018

Réalisé par Erik Poppe. Norvège. Drame. 1h33 (Sortie 12 décembre 2018). Avec Andrea Berntzen, Müller Osbourne, Aleksander Holmen, Brede Fristad, Sorosh Sadat, Daniel Sang Tran et Mariann Gjerdsbakk.

Personne n'a oublié ce qui s'est passé en Norvège, le 22 juillet 2011. Dans l'île d'Utoya a lieu un camp de jeunes militants du parti travailliste. Ils sont 500 dans cette petite île pas très loin d'Oslo quand, à 17 h 22, retentissent des coups de feu.

Anders Behring Breivik donne le départ de ce qui sera l'un des plus grands massacres de tous les temps perpétré par un seul homme. Pour la première fois, l'Europe connaît l'un de ces drames qui endeuillent régulièrement les États-Unis.

"Utoya 22 juillet" d'Erik Poppe raconte le plus fidèlement possible ce qui s'est passé. Mais il a choisi la forme de la fiction et suit quasiment en temps réel une jeune fille et son entourage pris dans la fusillade.

De prime abord, on pourrait se demander quel est l'intérêt de reconstituer un "fait-divers" dont on connaît tous les tenants et les aboutissants. Comment peut-on "fictionner" une histoire forcément banale dans son déroulement et, ô combien, morbide ?

Erik Poppe a trouvé le bon angle d'attaque : on ne verra jamais l'assassin. Son film est une constante fuite éperdue des personnages qui ne savent pas d'où vient le danger. Paniqués, les uns et les autres se croisent, tentent de se cacher, de trouver un endroit idéal pour échapper à la mort.

Ils entendent des bruits mais ignorent d'où ils proviennent. Alors certains se jettent dans la gueule du loup", d'autres se protègent momentanément mais l'invisible et diabolique Breivik peut, à tout moment, changer de route et les abattre.

Quelque part, "Utoya 22 juillet" d'Erik Poppe rappelle "The Blair Witch Project". C'est un film d'horreur diffuse avec un suspense très bien menée. La caméra pourrait être totalement subjective et être les yeux de la jeune adolescente que le cinéaste suit constamment. On ressent ses peurs, ses battements de cœur plus rapides, ses moments de relâchement et ces instants d'extrême tension.

Qui plus est, on ne sait pas quel sera son sort final. Si l'on raisonne en se souvenant que Breivik a tué 69 personnes et en a blessé encore plus, on se dit qu'elle a eu un peu plus d'une chance sur deux d'en sortir indemne.

Bien entendu, on ne révèlera pas la fin du film qui s'avère haletant de bout en bout. Jamais voyeuriste ni larmoyant, il donne une vision "objective" de ce qui a dû vraiment arriver pendant ces longues minutes d'angoisse pour ces très jeunes gens. Pour parvenir à ce résultat, le réalisateur s'est entouré de rescapés qui lui ont permis de bien restituer les faits et l'état dans lequel ils se trouvaient.

"Utoya 22 juillet" d'Erik Poppe est une réussite, un vrai moment de cinéma et un hommage pudique à ses jeunes immolés sur l'autel du fanatisme.

En prenant des non-professionnels pour incarner les victimes de Breivik, le réalisateur a certainement fait le bon choix car on a l'impression qu'ils auraient pu être parmi les victimes et leur effroi et leur désarroi ne paraissent pas jouer.

En sortant de la salle, on a une pensée pour tous ceux qui sont morts figés dans l'incompréhension de ce destin absurde qu'a scellé pour eux Anders Behring Breivik.

 

Philippe Person         
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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