Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Singin in the rain (Chantons sous la pluie)
Stanley Donen et Gene Kelly  septembre 1953

Réalisé par Stanley Donen et Gene Kelly.Etats Unis. Comédie musicale. 1h42 (Sortie le 11 septembre 1953). Avec Gene Kelly, Donald O'Connor, Debbie Reynolds, Cyd Charisse, Jean Hagen, Millard Mitchell, Rita Moreno et Dawwn Adams.

"Ce film est dédié à Gene Kelly pour avoir empli nos cœurs de joie". C'est sur ces mots que s'ouvre "Le Sixième jour "de Youssef Chahine, une dédicace que tous les spectateurs de "Singin' in the rain" ne manqueront pas de reprendre à leur compte.

Le film apporte une joie immense, celle qui nous fait ignorer les vicissitudes du monde extérieur. Non, il ne pleut pas. Là où je suis, le soleil irradie, dit le personnage de Gene Kelly en regardant amoureusement la femme qu'il aime. Et nous aussi, on se moque de la pluie.

La trame de la comédie musicale hollywoodienne est en général fort simple : un homme rencontre une femme. Elle lui plaît, elle le repousse (sans doute parce qu'elle a un préjugé à son encontre). Et puis, ils se mettent à danser, et quelque chose de nouveau s'instaure entre eux, car on ne peut pas danser ainsi, dans une si belle union, sans être, au fond, destinés l'un à l'autre.

Il y aura encore des malentendus, ou des obstacles à surmonter. Mais tant qu'on peut enfiler ses chaussures de claquettes, faire quelques pas à deux dans un parc ou un vallon plein de bruyères, on sait que les choses finiront par aller bien.

L'art de la comédie musicale repose en grande partie sur la manière de raconter cette histoire en y incluant, de la manière la plus convaincante possible, les numéros de danse et de chant requis

Dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, "Singin' in the rain" est un modèle. Tout commence à Hollywood, où le célèbre acteur Don Lockwood (Gene Kelly), accompagné de son fidèle ami Cosmo (Donald O'Connor), vient présenter avec sa partenaire Lina Lamont (Jean Hagen) leur dernier succès.

Les deux acteurs sont des stars du cinéma muet, un couple glamour que les magazines people ne cessent de vouloir marier. Sauf que ce soir-là, Don va faire la connaissance de Kathy (Debbie Reynolds), une jeune danseuse qui lui explique qu'elle ne s'intéresse pas aux films : "Quand on en a vu un, on les a tous vus." Alors, bien sûr, Don va en tomber éperdument amoureux.

"Singin' in the rain" est l'une des mises en abyme les plus connues de l'histoire du cinéma. Le film fourmille d'autres films, de fantasmes, d'existences parallèles. On entrevoit, pour notre plus grande joie, les films tournés par le duo Lockwood-Lamont. Il y a surtout une fameuse parenthèse dansée de dix minutes, un film dans le film : cet hommage au film noir ("Scarface" est explicitement cité) est l'occasion d'une rencontre entre Gene Kelly et une Cyd Charisse filmée comme une apparition.

Ce sont des pas de deux extraordinaires, tout en sensualité (les jambes de Cyd Charisse qui entourent le corps de Gene Kelly) et en grâce (un long voile blanc entoure le couple). Ce numéro de danse, comme tous dans le film, est admirablement filmé par Stanley Donen, en collaboration étroite avec son danseur. Des mouvements tout en fluidité, jamais ostensibles, qui épousent au mieux la chorégraphie, allant jusqu'à faire oublier la présence de la caméra.

La représentation des studios est un délice : au cours d'une discussion, Don parcourt le plateau, passant devant des indigènes et des cow-boys ; c'est un monde fou, où mille histoires sont en train de se construire les unes à côté des autres.

Si le film tourne en dérision le côté un peu démodé de certaines de ces productions (voir l'hilarante parodie de film muet où les acteurs roulent des yeux à qui mieux mieux), il est aussi tendre pour ce monde qui se trouve au bord de la disparition, ce monde où les destins se sont faits et se défont l'espace d'un instant. Il raconte l'époque où l'on tournait à tout va, où l'on criait d'un bout à l'autre des plateaux, où l'on inventait en permanence des histoires.

Le parlant arrive, et avec lui tout une kyrielle de nouveaux problèmes. Encore une fois, c'est sur le mode comique que cet élément perturbateur est traité : la projection du dernier film de Lamont-Lockwood, sonorisé et parlant, est un moment savoureux. Tous les sons s'y répercutent avec une puissance effrayante, les voix sont catastrophiques, et toute la salle la vraie et celle représentée dans le film - est hilare.

On ne dira jamais assez combien "Singin' in the rain" est aussi une comédie particulièrement réussie, où règne un équilibre parfait entre la danse et le rire ("Make 'em laugh", chante Cosmo, merveilleux complice dont les saillies viennent en permanence dédramatiser toutes les situations).

Voici donc pour le rire. Et pour la danse ?

Il est particulièrement difficile de décrire une danse, de dire ce qu'elle suscite en nous, ce qui nous plaît en elle. Dans "Singin' in the rain", la danse naît naturellement. C'est un prolongement des mots, une manière de signifier autrement. Don a du mal à se déclarer à Kathy. Il lui faut le bon éclairage, le bon décor.

Et puis les mots viennent, et c'est une chanson, et puis ça devient une danse, parce qu'elle l'aime aussi. C'est tout simple et enivrant. Le musical arrive, dans la lignée des événements quotidiens. Une petite phrase, soudain chantée par Kathy, sans musique, dit la proximité entre parole et chanson. Un entraînement de diction se transforme en une prosodie entêtante, une remarque fait naître une danse à trois...

Quant à la fameuse chanson sous la pluie, dont le petit "dou-dou-dou" liminaire fait déjà venir le sourire aux lèvres, on croit toujours la voir pour la première fois. Elle naît comme ça, presque sans qu'on s'en rende compte, avec un pas un peu différent du précédent, un geste à peine plus marqué. Les flaques, la pluie qui tombent deviennent des instruments sous les pieds bondissants de Gene Kelly, le clapotis de l'eau est une chanson qui l'accompagne.

La danse est virtuose, merveilleuse, et en même temps, elle repose sur des éléments de décors si simples : un trottoir, qu'on monte et qu'on descend, un lampadaire qui semble attendre quelqu'un. La film culmine dans une explosion de joie pure, alors que Gene Kelly saute à pieds joints dans les flaques, comme un enfant.

Une vision qu'on emporte précieusement avec soi, tandis qu'on fredonne un petit air, qui commence par "dou-dou-dou".

 

Anne Sivan         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 28 juin 2020 : Nouvelle Vague ?

Le premier tour des élections municipales fut le signe du début du confinement. Espérons que ce second tour ne sera pas l'appel à un second confinement. Quoi qu'il en soit : Soyez prudents, soyez heureux et cultivez vous ! c'est parti pour le sommaire en commençant par le replay de la Mare Aux Grenouilles #4 (eh oui déjà !)

Du côté de la musique :

"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa
et toujours :
"As found" de Fugu
"Désordres" de Austyn
"Anda Lutz" de Cie Guillaume Lopez
"A l'instinct A l'instant" de Daniel Jea
"Cérébro dancing" de Epilexique
"Cobra" de François Club
"Coquette" de Hailey Tuck
"Springtime with no harm" épisode 18 des mixes de Listen In Bed
"Fanfare XP, volume 2" de Magic Malik
"Avec son frère" de Volo
"Safeplace" de Yadam

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"Démons" par Lorraine de Sagazan
"Misery" de William Goldman
"L'obéissance de la femme du berger "de Sergio Martínez Vila
"Migraaaants" de Matéi Visniec
"Le Remplaçant" d'Agnès Desarthe
"Portrait d'Amakoé de Souza - Salade Tomate Oignon" de et par Jean-Christophe Folly

"La Chose Commune" de David Lescot et Emmanuel Bex
de la comédie de boulevard :
"Hier est un autre jour "de Sylvain Meyniac et Jean-François Cros
"Madame Doubtfire" de Jaja Fiastri
"Le Clan des divorcées" de Alil Vardar
"A gauche en sortant de l'ascenseur" de Gérard Lauzier
du côté des humoristes :
"Mimie Mathy - J'adore papoter avec vous"
"Denis Maréchal - J'dis franchement"
dans le répertoire classique :
"Le Jeu de l'amour et du hasard" par Catherine Hiegel
"Roméo et Juliette" par Eric Ruf
Shakeaspeare :
à l'anglaise au Globe Teater : "Macbeth"
et en comédie musicale "Roméo et Juliette, de la haine à l'amour" de Gérard Presgurvic
et de l'Opéra revisité :
"La Traviata" de Verdi par Simon Stone
"Cendrillon" de Jules Massenet par David Hermann

Expositions :

en "real life" avec la réouverture progressive des musées :
"Pompéi" au Grand Palais
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières
"La Force du dessin - Chefs-d'oeuvre de la Collection Prat" au Petit Palais
"Esprit es-tu là ? Les peintres et les voix de l'au-delà" au Musée Maillol
"Le dessin sans réserve. Collections du Musée des Arts Décoratifs" au Musée des Arts Décoratifs
et en passant par la Lorraine, découvrir la Villa Majorelle œuvre de style Art nouveau.

Cinéma at home avec :

"Riens du tout" de Cédric Klapisch
"Noïse" de Henry Bean
"Sous surveillance" de Robert Redford
"La romancière" de John McKay
au Ciné-Club les années 50 :
"Un drôle de Dimanche" de Marc Allégret
"La vie à deux" de Clément Duhour
"L'homme au million ("The Million Pound Note") de Ronald Neame
des incontournables japonais :
des figures tutélaires :
"Tokyo drifter" de Seijun Suzuki
"A blind woman" de Teruo Ishii
et des plus jeunes :
"Mr Long" de Sabu
"Ichi, la femme samouraï" de Fumihiko Sori
et des raretés avec une sélection "Court metrage" :
"Le Chant du styrène" de Alain Resnais
"La chambre" de Chantal Akerman
"Pauline" de Céline Sciamma
"La traversée de l'Atlantique à la rame" de Jean-François Laguionie

Lecture avec :

"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin
et toujours :
"Le jour où Kennedy n'est pas mort" de R.J. Ellory
"Mauvaise graine" de Nicolas Jaillet
"Une immense sensation de calme" de Laurine Roux

Froggeek's Delight :

Toute la semaine des directs jeux vidéo, talk show culturel, concerts en direct sur la FROGGY'S TV

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=