Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce La Dama Boba
Théâtre 13/Jardin  (Paris)  janvier 2019

Comédie de Felix Lope de Vega, mise en scène de Justine Heynemann, avec Sol Espeche, Stephan Godin, Corentin Hot, Rémy Laquittant, Pascal Neyron, Lisa Perrio, Roxanne Roux et Antoine Sarrazin.

Pour les Français, Lope de Vega est le dramaturge espagnol le plus prolifique du Siècle d'or. Il a écrit des centaines d'oeuvres et seulement quelques-unes d'entre elles ont été traduites dans la langue de Molière... qui s'en serait souvent inspiré.

"La Dama Boba", sous-titrée "Celle qu'on trouvait idiote" a été écrite en 1613 et pourrait bien avoir inspiré "Les Femmes Savantes" à Jean-Baptiste Poquelin.

Comme bien d'autres comédies légères de Lope de Vega, elle n'a jamais vraiment fait l'objet d'une traduction intégrale avant celle de Benjamin Penamaria pour la version mise en scène par Justine Heynemann qui s'était déjà intéressée à Lope de Vega en 2015 avec " La Discrète amoureuse" avec succès puisque son spectacle avait été nommé aux Molières.

C'est donc avec une grande curiosité que l'on attendait cette "Dama Boba", d'autant qu'entre temps, Justine Heynemann a mis brillamment en scène " Les Petites Reines" de Les Rois de la SuèdeLes Petites Reines", l'un des spectacles les plus originaux et réussis de 2018. Et le résultat est une fois encore probant. Avec une troupe de jeunes gens concernés et dynamiques, elle permet de découvrir un auteur du 17ème siècle qui anticipe avec beaucoup d'esprit les auteurs classiques français, et bien entendu le "divin Molière".

Dans cette comédie adaptée par Benjamin Penamaria et Justine Heynemann, on se doute qu'il y a à l'origine beaucoup plus de personnages et d'intrigues les liant qu'on en verra. Mais on sent vraiment que le travail d'adaptation n'est pas ici synonyme de trahison.

On saura déjà gréé aux adaptateurs de n'avoir pas situé la pièce à son époque, ne la guindant pas dans des costumes qui lui auraient donné un petit côté "Folie des grandeurs". On lui donnera aussi quitus de ne l'avoir pas totalement modernisé.

Pas question non plus de la jouer au "second degré", même si les chansons originales qui accompagnaient ce spectacle total de Lope de Vega ont été remplacées - entre autres - par des airs de Kiss ou de Britney Spears traduits en espagnol et par un final franco-espagnol signé Manu Chao.

Comme souvent dans le théâtre de l'époque, l'argument de "La Dama Boba" repose sur le mariage d'une héritière. Dans une famille aristocratique madrilène, celle du Seigneur Otavio (Stephan Godin), il y a deux filles.

L'aînée, Nise (Sol Espeche) est une jeune fille lettrée, sa petite sœur, Finéa (Roxane Roux), est considérée à tort ou à raison comme une sotte, une "Dama Boba". Or, celle qui va hériter sera Finéa et les prétendants qui se pressent pour l'obtenir vont devoir accepter sa bêtise ou feindre de l'accepter pour obtenir la fortune qu'elle représente... Mais c'est sans compter sur Laurencio (Antoine Sarrazin), poète et bon garçon, qui va attirer par les pesetas découvrent que la jeune fille est bien moins bête qu'elle en a l'air.

Comédie des apparences, pleines de personnages duplices pris entre appât du gain et appâts de l'amour, tel le sémillant Liséo (Rémy Laquittant) ou son alter ego Duerdo (Pascal Neyron), "La Dama Boba" donne une idée de ce qu'était le théâtre de Lope de Vega et prouve sa modernité.

Peut-être que le spectacle n'a pas encore atteint son maximum, notamment au niveau du rythme, mais il est déjà un très bon spectacle, qui vaut pour une distribution sans failles, notamment grâce aux deux jeunes filles, sœurs antithétiques, mais toutes les deux pleines d'allant. Leurs prétendants ont aussi le bénéfice de l'audace de la jeunesse.

Et l'on oubliera pas non plus les personnages de domestiques qui ont survécu à l'adaption (Turin, joué par Corentin Hot, et Clara par Lisa Perrio), et qui rappellent que les pièces de Lope de Vega étaient bien plus longues et traitaient à leur manière castillane de la lutte des classes.

Spectacle à la fois musical et théâtral, cette "Dama Boba" réjouira ceux qui aiment les pièces classiques, même s'ils ne les connaissent pas, et montrera aux autres toutes la modernité de cet auteur prolifique qui fit rire, sourire et parfois grincer des dents le siècle de Charles Quint et de Philippe II.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 5 avril 2020 : sous le soleil... mais pas vraiment

Les beaux jours sont au rendez vous en ce début avril mais nous, sages et confinés n'allons pas cette année envahir parcs et terrasses à comparer son bronzage à coup de vin rosé douteux... non on attend que la mort détourne les yeux de notre pauvre monde. Donnons nous un peu de baume au coeur avec notre sélection culturelle hedbo.

Du côté de la musique :

"Shut up Mix #13" par Listen in Bed à écouter en ligne
"Cerc" de Artus
Interview avec Christophe Chassol autour de son album "Ludi"
"Que faire de son coeur ?" de Eskimo
"Bonheur ou tristesse" de Lesneu
"Super lâche" de Maalers
"Zeno" de Muzi
"Shostakovich : Symphony N 8" de Orchestre National du Capitole de Toulouse & Tugan Sokhiev
"It's a mighty hard road" de Popa Chubby
"Chapter 3" de Tropical Mannschaft
"Cimes" de Volin
et toujours :
"44" de François Puyalto
"Yene mircha" de Hailu Mergia
"Le silence et l'eau" de Jean-Baptiste Soulard
"Gigaton" de Pearl Jam
"Metal band" de Bernard Minet
"Connection loss" de Caesaria
"The black days session #1" de Daniel Roméo
"Sixième sens" de Faut Qu'ça Guinche
Péroké, Coco Bans, Al Qasar, quelques clips pour lutter contre l'ennui du confinement
"Alterations" de Robin McKelle
"Love of life" de Vincent Courtois, Robin Fincker et Daniel Erdmann
"No return" de We are Birds

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

en diffusion sur le net :
un classique revisité avec la vidéo de "Le Misanthrope"
une comédie dramatique historique avec le streaming de "A tort et à raison"
une comédie dramatique contemporaine avec le streaming de "Ils n'avaient pas prévu qu'on allait gagner"
une comédie contemporaine avec "L'heureux élu"
du divertissement caustique avec des inoxydables :
"J'aime beaucoup ce que vous faites"
"Sexe, magouilles et culture générale"
du boulevard avec :
"Ma femme s'appelle Maurice"
"Le Nouveau testament"
dans la série "Au Théâtre ce soir" :
"Folie douce"

"Chat en poche"
une gourmandise avec "La Belle Hélène" façon peplum hybridé comics
et des spectacles à voir ou a revoir en DVD :
"Orphée"
"Poisson et Petits pois !"
"Road Trip"

Expositions avec:

des balades muséales à Paris en en bord de Seine avec la visite virtuelle des collections permanentes du Musée d'Orsay, du Musée des Arts Décoratifs et du Musée du Quai Branly
pousser en province jusqu'au Musée des Beaux Arts de Lyon et même au Mucem à Marseille
et commencer un Tour d'Europe par l'Italie direction Galerie d'Art Moderne de Milan puis la Galerie des Offices à Florence
mettre la zapette dans le sac à dos pour s'aventurer dans les musées du bout du monde du Japon au The National Museum of Modern Art de Tokyo aux Etats Unis avec le Musée Guggenheim à New York
enfin retour at home en toute tranquillité mais en musique en son électro avec sur le Musée de la Sacem "Musiques électroniques - Des laboratoires aux dance floors"

Cinéma at home avec :

en mode Ciné-Club avec :
"Dementia" de Francis Ford Coppola
"M le maudit" de Fritz Lang
"La maman et la putain" de Jean Eustache
découvrir en DVD la filmographie de Jean-Daniel Pollet, réalisateur atypique - et méconnu - de la Nouvelle Vague pour lequel la Cinémathèque française avait prévu une rétrospective avec en parallèle la sortie en salles de ses films restaurés avec en streaming "Méditérranée
et des films récents sortis en DVD :
"Adults in the room" de Costa Gavras
"Au bout du monde" de Kiyoshi Kurosawa
"Martin Eden" de Pietro Marcello

Lecture avec :

"Aotea" de Paul Moracchini
"Fille et loup" de Roc Espinet
"Ghosts of L.A." de Nicolas Koch
"Pierre le Grand" de Thierry Sarmant
"Propriétés privées" de Lionel Shriver
et toujours :
"Banditi" de Antoine Albertini
"Champ de tir" de Linwood Barclay
"Chasseurs et collectionneurs" de Matt Suddain
"Les cents derniers jours d'Hitler" de Jean Lopez
"Les plumes du pouvoir" de Michaël Moreau
"Nefertari dream" de Xavier-Marie Bonnot

Froggeek's Delight :

"Shadow, le cloud computing", retour d'expérience de l'utisation d'un PC dans les nuages
Une sélection de jeux pour moins vous ennuyer pendant le confinement et plus tard
"Call of Cthulhu" sur Switch, PS4, Xbox One et PC
"Call of Duty Modern warfare" sur PS4, XboxOne, PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=