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puce Ciné en Bref - Les Invisibles - Pupille - Ben is back - Bienvenue à Marwen - Le Retour de Mary Poppins - Les Confins du monde - Wildlife - Glass
   (décembre 2018 - janvier 2019) 

LES INVISIBLES
Réalisé par Louis-Julien Petit. France. Comédie. 1h42 (Sortie le 9 janvier 2019). Avec Audrey Lamy, Corinne Masiero, Noémie Lvovsky, Déborah Lukumuena, Sarah Suco, Brigitte Sy, Pablo Pauly et Quentin Faure.

Merveille, pépite, chef d’œuvre d’intelligence que ce nouveau long métrage de Louis-Julien Petit.

Le réalisateur nous avait déjà conduit avec malignité sur les traces de ceux qui souffrent dans l’ombre d’un supermarché, humiliés, déconsidérés par leurs cerbères de managers mais gardant la tête haute.

"Les Invisibles", portés pour partie par les mêmes comédiens, surpasse "Discount". Pas de misérabilisme mais la réalité crue de ces femmes laissées au banc de la société et de ceux qui tentent de leur maintenir la tête hors de l’eau, malgré le manque de moyens et les incohérences du système de l’aide sociale.

Toutes ces actrices, professionnelles comme issues de la vie civile la plus injuste, et les quelques garçons qu’elles embarquent dans leur tentative de changer le monde, fut-ce à l’échelle d’un foyer de jour, brillent à se frotter - et à se friter, parfois - les uns contre les autres.

Dans un réel souci d’esthétique plus naturaliste que réaliste, le film mérite que l’on parle d’intelligence avec verve car on se surprend à découvrir que les aidées portent aussi les aidantes et donnent sens et feu à leur vie. Ken Loach, vous avez désormais un fils français.

 

PUPILLE
Réalisé par Jeanne Herry. France/Belgique. Drame. 1h47 (Sortie le 5 décembre 2018). Avec Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche, Élodie Bouchez, Olivia Côte, Clotilde Mollet, Miou-Miou, Leila Muse et Stéfi Celma.

"Pupille", grand grand film qui par bien des aspects fait écho aux ambitions de "Les Invisibles". Lui aussi montre ce qu’on ne voit pas ou peu. La souffrance, le parcours du combattant qu’est l’adoption.

Et le dévouement de ceux et celles qui œuvrent dans l’ombre, sans juger les mères qui renoncent à leurs bébés, pour les accompagner jusqu’en terre promise, celle d’un foyer chaleureux et aimant.

Ce film lui aussi est empreint d’une grande humanité, immense humanité, mettant en lumière des hommes et des femmes capables de s’oublier totalement puisque seul l’intérêt de l’enfant compte vraiment. Jeanne Herry, fille de Miou-Miou et de Julien Clerc, signe un premier long métrage d’une totale maîtrise, montrant le bonheur et les obstacles, le beau et les déchirures.

Son rapport aux acteurs, tous tous tous d’une justesse désarmante, fut sans nul doute d’exception pour qu’ils donnent ce qu’ils ont donné. Elodie Bouchez trouve là le plus grand rôle qui pusse jamais lui être offert. Gilles Lellouche déploie un peu plus ses ailes vers des cieux qu’on ne lui soupçonnait pas. Sandrine Kiberlain tutoie des sommets qu’elle connaît par cœur.

"Les Invisibles" et "Pupille" après "La Fête des Mères" s’inscrivent dans ce que le cinéma français a de plus pur et de plus abouti.

 

EDMOND
Réalisé par Aexis Michalik. France/Belgique. Comédie dramatique. 1h50 (Sortie le 9 janvier 2019). Avec Thomas Solivérès, Olivier Gourmet, Mathilde Seigner, Tom Leeb, Lucie Boujenah, Alice de Lencquesaing, Clémentine Célarié et Igor Gotesman.

Heureux qu’Alexis Michalik ait enfin pu réaliser son rêve puisque l’un des plus gros succès théâtral de ces dernières années avait à l’origine pris la forme d’un scénario pour le grand écran.

Les producteurs frileux qui refusèrent initialement projet, revinrent à la charge pour surfer sur la vague de ce qui s’est mué en chef-d’œuvre des planches, récompensé 5 fois aux Molières.

Alors soyons parfaitement honnêtes : la magie n’opère pas exactement au même niveau dans cette pré-post adaptation cinématographique. On avait par trop aimé le feu d’artifice proposé par des comédiens inconnus faisant virevolter les décors dans cette ode à l’art dramatique. Tout ne s’avèrera jamais compatible entre théâtre et cinéma.

Cependant Olivier Gourmet et surtout Thomas Solivérès, très bien entourés par ailleurs, magnifient l’histoire romancée de la création de Cyrano. Beau, touchant et presque virtuose, le film nous plonge avec délice dans une époque foisonnante au plan artistique. Rien que pour cela, "Edmond" mérite le détour par les salles obscures.

 

BEN IS BACK
Réalisé par Peter Hedges. Etats Unis. Drame. 1h42 (Sortie le 16 janvier 2019). Avec Julia Roberts, Lucas Hedges, Courtney B. Vance, Kathryn Newton, Mia Fowler, Jakari Fraser, Michael Esper et David Zaldivar.

Certains critiques parlent de l’un des plus beaux rôles confiés à Julia Roberts. C’est sans doute vrai.

"Ben is back" de Peter Hedges patine un peu au tout début mais très bientôt la tension liée au retour inattendu et non souhaité du fils camé dans le foyer familial, opère.

Commence alors la difficile quête du pardon et le long chemin pour regagner la confiance des siens, sans compter que l’addiction et les démons qui l’y entraînèrent, restent tapis, à l’affut.

Seuls l’abnégation, le courage, l’entêtement... bref l’amour d’une mère sauront peut-être le sauver dans un lutte sans merci qui dévoile très progressivement un passé empoisonné et encore bien présent. L’actrice oscarisée sait décidément tout jouer. Mais nous le savions déjà.

 

BIENVENUE A MARVEN
Réalisé par Robert Zemeckis. Etas Unis. Drame. 1h56 (Sortie le 2 janvier 2019). Avec Steve Carell, Leslie Mann, Eiza Gonzalez, Diane Kruger, Gwendoline Christie, Merritt Wever Janelle Monáe et Siobhan Williams.

Bien dommage que cette rencontre entre Robert Zemeckis, ce faiseur d’histoire toujours original et inspiré, et le magistral comédien Steve Carell, loufoque et profond, digne héritier d’un Robin Williams, n’ait pas trouvé son public.

"Bienvenue à Marwen" raconte avec poésie et délicatesse l’histoire vraie d’un homme retranché dans son univers de poupées qu’il s’évertue à mettre en scène et à photographier pour mieux oublier la terrifiante agression dont il fut victime. Une histoire de résilience, tentative de résilience tout au moins, pour dire que la vengeance ne sert de rien.

Que l’art, y compris dans ses formes les plus naïves, peut permettre d’affronter les horreurs de la vie et l’obscurantisme. Ou quand l’imaginaire devient un refuge pour reconstruire contre vents et marées, ce qui fut anéanti.

Les récompenses viendront peut-être réparer l’injustice de l’insuccès commercial pour une production OVNIèsque touchante et sincère.

 

LE RETOUR DE MARY POPPINS
Réalisé par Rob Marshall. Etats Unis. Comédie musicale. 2h11 (Sortie le 17 décembre 2018). Avec Emily Blunt, Lin-Manuel Miranda, Ben Whishaw, Emily Mortimer, Julie Walters, Pixie Davies, Nathanael Saleh et Joel Dawson.

Une vraie gageure pour Rob Marshall de réaliser une suite à ce monument érigé en véritable culte parmi les Productions Disney. L’auteur du roman a d’ailleurs mis des années à accepter l’augure d’une adaptation.

Force est de constater que le challenge a été relevé et haut la main. Tout tient bien entendu à la présence d’Emily Blunt. Que dire d’autre qu’elle est parfaite dans le personnage de nanny sauvant une nouvelle fois la mise à cette famille chahutée par la vie et les méchants banquiers.

Comme souvent dans les contes pour enfants, le propos se dévoile sous les atours de l’innocence voire de la naïveté qui vient triompher du mal. Mais la force tient ici en la capacité de dire des choses sur notre époque qui ressemble à s’y méprendre, et par bien des aspects, à ce qui advint entre les deux guerres mondiales, en particulier à la veille de la seconde.

Avec "Le Retour de Mary Poppins", on replonge avec délice dans cet univers londonien, hérité de Dickens, oscillant entre rêve et réalité, mêlant l’animation aux images réelles. On appréciera pour une fois la retenue dans les moyens mis en œuvre, évitant une débauche grotesque d’effets spéciaux bien inutiles au propos. Au contraire on devine une volonté de recréer quelques trucages un peu ratés qui ont pourtant marqué à jamais notre mémoire d’enfant.

Mary Poppins comme tous les héros, reste éternelle. Son retour n’ôte rien au premier volet et marque un peu plus encore de son empreinte l’imaginaire collectif. On attend maintenant avec impatience et agitation que Broadway ou le West End adapte le film en comédie musicale... comment pourraient-ils s’en priver ?

 

LES CONFINS DU MONDE
Réalisé par Guillaume Niclous. France. Drame. 1h43 (Sortie le 5 décembre 2018). Avec Gaspard Ulliel, Guillaume Gouix, Lang-Khê Trann, Gérard Depardieu, Jonathan Couzinié, Kevin Janssens, Anthony Paliotti et François Négret.

Très lent, trop lent, même si pas inintéressant dans son approche esthétique. Un truc un peu trop contemplatif et distancié à mon goût.

Le cinéma de Guillaume Nicloux ne me touche pas, ne m’atteint pas. Dans "Les Confins du monde", un jeune combattant en Indochine, obsédé par l’idée de venger son frère massacré sous ses yeux, se trouve détourné de son entreprise pas l’amour surgissant au milieu du désespoir et du chaos. Jusqu’au renoncement.

Mais les sentiments quels qu’ils soient et quelle que soit la manière dont ils évoluent, ne sont que suggérés, survolés pour qu’on ne reste pas au bord du chemin. Une quête métaphysique qui évoque nécessairement certaines productions américaines traitant de la guerre du Vietnam, comme "Apocalypse now" pour ne citer qu’une. Mais sans la puissance du propos par-delà l’esthétisme.

Gaspard Uliel et Gérard Depardieu font le job sans forcer leur talent, pas poussés dans leurs retranchements pour qu’on s’enflamme. Mais là n’était d’évidence pas l’intention du réalisateur.

 

WILDLIFE
Réalisé par Paul Dano. Etats Unis. Comédie dramatique. 1h45 (Sortie le 19 décembre 2018). Avec Carey Mulligan, Jake Gyllenhaal, Ed Oxenbould, Bill Camp, JR Hatchett, Cate Jones, Zoe Margaret Colletti et Darryl Cox.

L’adolescence est tout à la fois épreuve et rite initiatique. Traversée dans un milieu familial instable, elle obligera à grandir trop vite, à mûrir trop tôt.

Elle conduira sûrement à la révolte et c’est cela qui m’a paru manquer à ce jeune homme, coincé entre un père contraint à délaisser le foyer pour tenter de retrouver une dignité sociale et une mère alors tentée de refaire sa vie, oublieuse des obligations à l’égard de sa progéniture.

A cet âge-là, dans un environnement aussi difficile, on peine à croire que l’enfant ne se rebelle pas plus violemment. Réalisé par Paul Dano, "Wildlife", le film de est à son image, manquant de fièvre et de rythme. Ce malgré la prestation méritoire de Jake Gyllenhaal et surtout de Carey Mulligan.

 

GLASS
Réalisé par M. Night Shyamalan. Etats Unis. Comédie dramatique. 2h10 (Sortie le 16 janvier 2019). Avec James McAvoy, Bruce Willis, Anya Taylor-Joy, Bruce Willis, Anya Taylor-Joy, Sarah Paulson, Samuel L. Jackso, Charlayne Woodard et Spencer Treat Clark.

Le travail si singulier de M. Night Shyamalan m’a fasciné à ses débuts. Mêlant intelligemment suspense, tension et ésotérisme, les premiers de ses films étaient de petits bijoux.

Peu à peu il semble que la source d’inspiration se soit tarie et ce nouvel opus ne redresse pas franchement la barre. Dans "Glass", on prend plaisir à retrouver les personnages de "Incassable" et "Split" mais le concept même de l’affrontement final, usé jusqu’à la corde par les autres créateurs de comics ou de films de super héros, fait sonner cette trilogie comme opportuniste puisque la dernière partir du triptyque fut écrite a posteriori.

Le choc ne tient pas ses promesses et seules l’issue, les dernières séquences, apportent un peu d’originalité dans ce poussif exercice de psychologie surhumaine.

Vents d'Orage

 

        
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"Not married anymore" de Hasse Poulsen
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