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puce Le Prince travesti
Théâtre 71  (Malakoff)  janvier 2019

Comédie de Marivaux, mise en scène Yves Beaunesne, avec Nicolas Avinée, Johanna Bonnet, Thomas Condemine, Jean-Claude Drouot, Elsa Guedj, Pierre Ostoya-Magnin et Marine Sylf accompagnés par le musicien Valentin Lambert.

Il faut tout de suite l'écrire : "Le Prince travesti ou L'Illustre aventurier" n'est pas la meilleure des pièces de Marivaux, même si elle est contemporaine de "La Double inconstance" et de "La Fausse suivante", et sans doute pas la plus naturellement drôle.

Située en Espagne au 12ème siècle de notre ère, elle conte une histoire où le prince de Léon (Nicolas Avinée), qui se fait passer pour Lélio, un soldat de fortune, devient le favori de la Princesse de Barcelone (Marine Sylf). Celle-ci songe à l'épouser mais sa confidente Hortense (Elsa Guedj) est amoureuse également de Lélio qui l'a sauvée de brigands.

Pour corser cette intrigue assez banale, Marivaux fait venir au palais de la Princesse, un ambassadeur du roi de Castille (Pierre Ostoya-Magnin) qui vient demander sa main pour son souverain... et qui est en réalité le roi lui-même. Il ajoute un secrétaire d'Etat (Jean-Claude Drouot), jaloux de l'ascension de Lélio, et donnant à l'ensemble un contexte politique plus affirmé.

On ajoutera encore la présence d'un domestique facétieux de Lélio, Arlequin (Thomas Condemine) et sa fiancée, Lisette (Johanna Bonnet), elle aussi présente pour assurer la "partie humour" de la pièce, comme l'est également un musicien (Valentin Lambert) assurant la "partie musicale".

Yves Beaunesne a donc bien compris qu'il devait étoffer ce "Prince travesti". Il a d'abord procédé à un changement d'époque et c'est dans des costumes "modernes", que l'on peut situer approximativement entre les années 1920 et les années 1960. C'est Jean-Daniel Vuillermoz qui les a conçus et, s'ils coïncident avec une scénographie qui baigne aussi dans les tons gris, ils n'apportent guère de gaieté.

Certes, cela permet à Arlequin de s'inspirer des burlesques du muet (Chaplin, Keaton) et surtout Harpo Marx dont il reprend le numéro de "Love Happy", les poches pleines de cuillères ou de sous-vêtements féminins volés, mais cela rend parfois les choses languides.

Le scénographe, Damien Caille-Perret, a voulu aussi réduire l'espace trop grand du plateau en le coupant pratiquement en deux par un grand escalier. Cela rajoute quelque part une monumentalité austère digne de "L'Aigle à deux têtes" d'autant qu'il ne sert qu'à la Reine qui le descend une seule fois.

Pour contrecarrer, une certaine difficulté à rendre dynamique un texte sans vrais morceaux d'anthologie, Yves Beaunesme a eu le bon réflexe de parsemer son travail de chansons italiennes, principalement interprétées sous la houlette de Valentin Lambert, mais également poussées joyeusement par tous les membres de la troupe.

Cela comble un peu le manque de fond du "Prince travesti ou l'illustre aventurier" qui reste néanmoins à découvrir. Il permet notamment aux deux personnages féminins principaux de s'affronter avec un bel allant, à Thomas Condemine d'être un Arlequin entreprenant et à Jean-Claude Drouot de jouer les conseillers expérimentés et roués.

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

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Jeudi avec MNNQNS, Gossip, Fatboy Slim entre autres
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Samedi avec Beach Youth, Clara Luciani, Idles, The Hives, Mogwai...
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Tom Mascaro et The Daggys au M'art in the street de St Symphorien s/ Coise
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Au théâtre :

"Iceberg" au Théâtre de la Reine Blanche
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"L'enfer du commissaire Ricciardi" de Maurizio de Giovanni
"La traque du Bismarck" de François-Emmanuel Brézet
"La villa de verre" de Cynthia Swanson
"Le fossé" de Herman Koch
"Les apprentis de l'Elysée" de Jérémy Marot & Pauline Théveniaud

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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