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puce La Chute de la maison Usher
Musée Gustave Moreau  (Paris)  janvier 2019

Opéra de Claude Debussy d'après la nouvelle éponyme de Edgar Allan Poe, adaptation et mise en scène de Olivier Dhénin, direction musicale d'Emmanuel Christien, avec Alexandre Artemenko, Olivier Gourdy, Bastien Rimondi et Anne-Marine Suire accompagnés au piano par Emmanuel Christien.

Quelle belle idée a eu Olivier Dhénin de ressusciter "La Chute de la maison Usher", opéra perdu de Claude Debussy, et de le faire dans le cadre majestueux de l'atelier de Gustave Moreau, endroit central du musée qui porte son nom.

On a longtemps cru perdu le livret tiré de la nouvelle d'Edgar Allan Poe, alors qu'on possédait les trois quarts de la partition. Aujourd'hui, le livret complet a été retrouvé. Pour reconstituer l'opéra et le jouer, Olivier Dhénin a donc demandé aux chanteurs de dire le texte sans musique pendant que l'excellent pianiste Emmanuel Christien interpréterait des préludes ayant une couleur compatible avec le reste de la musique de l'opéra connue. C'est ainsi que l'on peut désormais suivre un court opéra sans qu'on est l'impression d'une œuvre "bricolée".

D'entrée, on est saisi par la logique intellectuelle qui conduit Debussy, habitué au romantisme noir de Maurice Maeterlinck, à s'intéresser à Poe et particulièrement au destin de Roderick Usher (Alexandre Artemenko, baryton), dernier membre d'une famille maudite en son domaine. Roderick Usher qui se consume là en compagnie de sa sœur "Lady Madeline" (Anne-Marine Suire, soprano) dans une relation aux relents incestueux.

Un de ses amis (Olivier Gourdy, baryton) vient le visiter, et va servir de déclencheur de ce drame aux couleurs parfois expressionnistes par la présence du personnage du docteur (Bastien Rimondi, ténor) chargé de soigner Roderick... mais devenu fou amoureux de Lady Madeline et peut-être fou tout à court.

On félicitera les quatre comédiens chanteurs - on les nommera ainsi car ils sont autant convaincants dans l'un et l'autre des deux arts - d'avoir redonné vie à cette œuvre quasi inconnue.

Olivier Dhénin a tout organisé autour du magnifique escalier en colimaçon que Gustave Moreau avait fait construire par l'architecte Albert Lafon. Peu à peu, même s'il n'y a pas la possibilité dans ce lieu de jouer sur les lumières, s'installe un climat noir, expressionniste, qu'on lit dans le chant ou le jeu de plus en plus angoissé des quatre protagonistes.

Alexandre Artemenko, en Roderick Usher, n'hésite pas à porter sa voix et à montrer toute la terreur qui l'habite. Pareillement, Bastien Rimondi, en médecin tourmenté, Olivier Gourdy en ami effaré et Anne-Marie Suire, en vierge trop désirée, jouent parfaitement les personnages de Poe.

La musique très expressive de Debussy suit l'évolution du drame pas à pas et, même si on ne peut pas voir réellement dans le cadre du musée Gustave Moreau la chute attendue, on la ressent totalement quand les trois hommes en noir et la jeune fille dans un blanc virginal se figent après que le médecin a tiré sur Lady Madeline et que Roderick Usher est lancé un terrible "Damné, tu me l'as volé !".

Une belle proposition d'Olivier Dhénin qui se traduit par une heure magique au musée Gustave Moreau et qu'on aimerait pourtant revoir dans un cadre plus traditionnel pour qu'elle puisse prendre toute son ampleur grâce à l'apport de la machinerie théâtrale ou opératique.

 
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Philippe Person         
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A l'approche des élections européennes et ses innombrables listes qui ne présagent pas d'un bel avenir, on rajoute la nôtre, celle de la sélection culturelle de la semaine histoire de se changer les idées et se donner tout le plaisir que l'on mérite bien avec de la musique, des spectacles, des films, des livres et même des zombies à dégommer.

Du côté de la musique :

"Beatnik or not to be" de Elias Dris
"Dogrel" de Fontaines D.C.
"Dans le lieu du non-où" de L'Etrangleuse
"Leopold Mozart : Missa Solemnis" de Bayerische Kammerphilarmonie & Alessandro de Marchi
"Traversée" de Chrystelle Alour
"L'odysée remix" de Fred Pallem & Le Sacre du Tympan
Interview de Romain Humeau de Eiffel autour de "Stupor Machine" accompagnée d'un premier titre live, "Chasse Spleen"
présentation du Hellfest Open Air Festival #14
"Les cuivres sur le toit" de Paris Brass Quintet
Hublot EP" de Solal Roubine
"Home is everywhere EP" de Nara
et toujours :
"Foreign lines" de Erevan Tusk
"Seeing other people" de Foxygen
"2029" de Gontard!
"Chopin concertos for piano & string" de David Lively, Quatuor Cambini Paris et Thomas de Pierrefeu
"La poison" de La Poison
"Wasalala" de Madalitso Band
"Children of the slump" de Marble Arch
"Cesar Franck : Piano works quintet" de Michel Dalberto & Novus Quartet
"High strung" de Pamplemousse
"Live bullet song" de Tchewsky & Wood

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Un ennemi du peuple" au Théâtre national de l'Odéon
"Vues Lumière" au Théâtre de la Colline
"Fauves" au Théâtre de la Colline
"La Victoire en chantant" au Théâtre 13/Jardin
"Délivrés de famille" au Théâtre Le Funambule
"Deux femmes pour un fantôme" à l'Aktéon Théâtre
"Mon coeur pour un sonnet" au Théâtre Le Lucernaire
"Le Cabaret de Poussière fait le Zèbre" au Zèbre
Festival des Enfants de Molière à Dieppe
les reprises :
"Tout semblait immobile" au Théâtre de la Bastille
"Providence" au Théâtre Les Déchargeurs
"Aux Délices" au Lavoir Moderne Parisien
et la chronique des autres spectacles à l'affiche en mai

Cinéma avec :

"Versus" de François Valla
Oldies but Goodies avec :
la version restaurée de "Les Lois de l'hospitalité" de Buster Keaton et Jack Blysrone
"Drôles de cigognes !" de Hermina Tyrlova
et la chronique des autres sorties de mai

Lecture avec :

"A jeter sans ouvrir" de Viv Albertine
"Carnets clandestins" de Nicolas Giacobone
"Le sauvage" de Guillermo Arriaga
"Les carnets de guerre de Louis Barthas 1914-1918" de Fredman
"Toute une vie et un soir" de Anne Griffin
"War is boring" de David Axe & Matt Bors
et toujours :
"La bombe humaine" de Olivier Barruel
"La nuit ne dure pas" de Jules Gassot
"Le cri des corbeaux" de Matthieu Parcaroli
"Le jour de ma mort" de Jacques Expert
"Les feux" de Shohei Ooka
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