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Sandrine Collette  (Editions Denoël)  mars 2019

On ne présente plus Sandrine Colette. Elle s’est fait une place méritée au fil de ses publications parmi les auteurs de polars français. Elle a obtenu le prix des libraires du livre de poche 2018 avec Les larmes noires sur la terre, livre que j’ai lu car je faisais partie l’an dernier du jury polar du Livre de Poche. Elle est sélectionnée, avec son livre Juste après la vague, parmi les six finalistes de Quai du polar 2019 qui se déroulera du 29 au 31 mars prochain et qui sera l’occasion de la rencontrer puisqu’elle y assurera des séances de dédicaces.

Sandrine Collette publie aujourd’hui son septième roman, partageant son temps entre l’écriture et ses chevaux dans le Morvan. Une fois encore, l’écriture de Sandrine Collette fait mouche, ses décors sont somptueux et la nature, si chère à l’auteur, est toujours omniprésente.

L’histoire se déroule au Népal, confirmant l’habitude de Sandrine Collette à faire voyager ses lecteurs. Dans l’obscurité dense de la forêt népalaise, alors qu’elle cherche de quoi se nourrir avant que les bêtes sauvages ne prennent possession de la nuit, Mara découvre un petit garçon de trois ou quatre ans attaché à un arbre. La jeune femme a entendu parler de ces enfants abandonnés dont personne ne veut. Il y en a beaucoup, ils traînent dans les villages, volent ici et là et exaspèrent les habitants. Elle sait qu’elle ne devrait pas s’en mêler car sa vie est déjà assez dure et que pour survivre elle doit rester discrète. Pourtant, elle détache le gamin et l’emmène avec elle.

Le lendemain, exactement au même endroit, elle découvre une petite fille en train de se débattre avec ses liens. Elle la délivre aussi et cette fois, elle fuit vers la grande ville avec les deux enfants pour qu’ils puissent se cacher et se noyer dans la grande foule des bidonvilles. Tout ça se déroule sur une trentaine de pages débutant le livre, une sorte de prologue immergeant le lecteur dans la forêt népalaise. On retrouve direct l’écriture viscéral de Sandrine Collette, celle qui nous prend aux tripes, celle que l’on aime.

S’ouvre alors la première partie de l’ouvrage que Sandrine Colette a pris soin d’appeler "Livre Un". Direction la péninsule du Kamtchatka, vingt ans plus tard, on se retrouve de nouveau au milieu d’une forêt mais aussi entouré de volcans. Débarquent alors six chasseurs. Parmi eux, Lior, une française, belle et brillante, exaltée par la chasse, à la grande incompréhension de son mari Hadrien pour qui la passion de celle qu’il aime demeure un immense mystère.

Quand elle chasse, le regard sauvage de Lior tourne à l’étrange, animé par une sorte de sauvagerie, son pas devient souple, sa voix vibrante. Dans ces grandes traques, elle semble partie prenante de la nature, douée d’un flair affûté, dangereuse. Lior a quelque chose d’animal.

Cette fois, guidés par un viel homme à la parole rare, Lior et les autres chasseurs sont lancés sur la trace d’un ours. Un ours qui les a repérés, bien sûr, depuis leurs premiers pas sur le versant de la montagne. Un ours qui va entraîner Lior bien au-delà de ses limites, la forçant à affronter enfin la vérité sur elle-même.

Le "livre 1" décrit cette traque, une double traque en fait qui fait rapidement que l’on se perd à savoir véritablement qui est en train de traquer qui. Les chasseurs prennent la place de la proie et l’ours devient le traqueur. On ne sait plus vraiment qui est l’animal. Sandrine Collette nous montre avec intelligence la part d’animal qui peut résider chez l’être humain.

Le "livre 2" nous ramène au Népal, l’ouvrage prend une nouvelle dimension et le rythme s’accélère. Lior ayant tutoyé de près la mort, laissé quasi morte par l’ours, elle va alors affronter enfin la vérité sur elle-même et replonger dans son histoire personnelle compliquée qui a commencé sous d’autres latitudes il y a près de vingt ans. Elle décide alors de retourner au Népal pour retrouver ses racines accompagnée d’Hadrien. Ils croisent alors un enfant abandonné il y a une quinzaine d’années qui continue d’espérer. Le dernier tiers du livre devient totalement addictif, les liens entre les deux parties se dévoilent et le lecteur se retrouve à lire avec frénésie la fin de l’ouvrage pour découvrir l’inattendu.

Sandrine Collette aime pousser ses personnages à aller au fond d’eux-mêmes, c'était déjà le cas dans ses romans précédents. Avec Lior, elle la mène jusqu'au plus profond d’elle-même pour en sortir ce qu’elle a en elle de plus bestial.

C’est donc un dépaysement total que nous propose Sandrine Collette avec cet ouvrage qui porte magnifiquement son nom. Nature sauvage, terres austères peu habitées, vastes étendues du bout du monde, force de la nature qui ne se laisse pas dompter aussi facilement que l’on veut bien le croire, tout est admirablement décrit dans le livre de Sandrine Collette, donnant une dimension particulière à la lecture que l’on ne retrouve pas souvent dans les livres d’autres auteurs.

C’est un roman puissant et sauvage que nous propose Sandrine Collette, confirmant qu’elle est une auteure à part, possédant de multiples univers qui nous éblouissent à chaque ouvrage.

 

A lire sur Froggy's Delight :
La chronique de "Les larmes noires sur la terre" du même auteur

En savoir plus :
Le Facebook de Sandrine Collette


Jean-Louis Zuccolini         
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# 18 août 2019 : Au rythme des vacances

Petite édition toute en légèreté mais avec quelques belles choses à découvrir notamment pas mal de livres de la rentrée littéraire et une session du Flegmatic pour vous rafraichir les idées. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Time for a change" de Pokett
"Tone of musette" de Le Balluche de la Saugrenue
"Symi" de Symi
Une autre interview de Inspector Clouzo à Terre de sons, après notre rencontre avec The Inspector Clouzo lors de leur passage à Foreztival
et toujours :
"Onda" de Jambinai
"Fire" de Part Time Friends
"Simon Chouf & le Hardcordes trio" de Simon Chouf
"EP n°1" de The Reed Conservation Society

Au théâtre :

une nouveauté :
"What is love" au Théâtre de la Contrescarpe
des reprises
"La Chute" au Théâtre de la Reine Blanche
"Le corps de mon père" au Théâtre Essaion
"Louise Weber dite La Goulue" au Théâtre Essaion
et la chronique des spectacles à l'affiche en août

Expositions avec :

"Champs d'amours - 100 ans de cinéma arc-en-ciel" à l'Hôtel de Ville
et dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - L'Aventure de la Beauté" au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme

Cinéma avec :

"Roubaix, une lumière" de Arnaud Desplechin
"Thalasso" de Guillaume Nicloux
et Oldies but Goodies avec "Paris est toujours Paris" de Luciano Emmer en version restaurée

Lecture avec :

"Cavalier seul" de Fred & Nat Gévart
"Ce qu'elles disent" de Miriam Toews
"Cent millions d'années et un jour" de Jean Baptiste Andrea
"Chaque fidélité" de Marco Missiroli
"Où bat le coeur du monde" de Philippe Hayat
et toujours :
"Koba" de Robert Littell
"Back up" de Paul Colize
"La grande escapade" de Jean Philippe Blondel
"Un peu de nuit en plein jour " Erik L'Homme
"Une bête au paradis" de Cécile Coulon
"Une joie féroce" de Sorj Chalandon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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