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puce La transparence selon Irina / Une année de cendres
Benjamin Fogel - Philippe Huet  (Editions Rivages)  mars 2019

Benjamin Fogel est confondateur des éditions Playlist Society, il a déjà publié un récit sur les figures phares du mouvement punk, Le renoncement de Howard Devoto. Avec son nouvel ouvrage publié aux éditions Rivages, La transparence selon Irina, qui mêle anticipation sociale, thriller et roman psychologique, il cherche à dépeindre avec la plus profonde justesse le monde de demain, qui est déjà presque le nôtre, à l’heure du développement fulgurant des réseaux et de l’intelligence artificielle.

L’histoire se passe en 2058. Internet tel que nous le connaissons n’existe plus. Il a été remplacé par "le réseau" qui a inauguré l’ère de la transparence. Toutes les données de chacun sont désormais accessibles publiquement.

Pour préserver une forme d’intimité, un certain nombre de gens choisissent d’évoluer sous pseudo dans la "vie réelle". C’est le cas de Camille Lavigne, qui se fait appeler Dyna Rogne dans la réalité. Sur le réseau, Camille vit sous l’emprise d’une brillante intellectuelle nommée Irina Loubovsky. Mais plus Camille cherche à cerner Irina, plus l’objet de sa fascination semble se dérober.

Hors du réseau, Camille entretient des liens d’amitié avec Chris Karmer, un policier chargé de traquer  "les obscuranets", insaisissable groupe terroriste qui veut mettre à bas le système. Un jour, Karmer trouve la mort dans des circonstances très mystérieuses.

Ce qui frappe d’abord dès la fin du livre, c’est que ce que nous raconte l’auteur se situe au final dans un avenir très proche car au final, 2058 n’est pas non plus le bout du monde. Et comme l’ouvrage traite de la transparence, un phénomène déjà beaucoup trop mis en avant de nos jours à mon goût, je dois bien avouer que cet ouvrage d’anticipation m’a beaucoup fait réfléchir.

Alors évidemment ce livre reste une fiction, portée par une dimension "thriller" avec le meurtre du policier mais elle nous interroge néanmoins sur l’avenir, sur les méfaits et les bienfaits des différents réseaux (on pense aux réseaux sociaux notamment) et de la transparence.

Le livre comporte aussi une excellente réflexion sur la notion d’anonymat qui, elle aussi, est au cœur de l’actualité, permettant notamment, toujours sur les réseaux sociaux, à certains de pouvoir s’exprimer comme bon lui semble, sans prendre de risques sur des contenus souvent nauséabonds.

Le livre enfin, et c’est aussi une de ses grandes qualités, comporte une dimension polar parfaitement réussie avec une véritable intrigue construite à l’intérieur d’éléments de réflexion qui font que le lecteur se retrouve happé par l’histoire, par la mort suspecte du policier. Il a donc toute sa place dans la collection Rivages Noir et au milieu d’autres collections regroupant divers essais sur le futur.

C'est donc un roman d’une très grande intelligence que celui que nous propose Benjamin Fogel avec La transparence selon Irina, un roman enthousiasmant et plaisant à lire sur l’évolution des relations humaines dans un futur proche, dominées par le numérique et les réseaux sociaux.

Toujours dans la collection Rivages Noir mais en changeant d’époque et de lieu, Philippe Huet nous propose un nouveau polar made in Normandie. Philippe Huet a été grand reporter, rédacteur en chef adjoint de Paris Normandie et il connaît la ville du Havre sur le bout des doigts, ville dont il a déjà exploré l’histoire criminelle avec finesse et acuité.

Avec Une année de cendres, il nous embarque logiquement vers la ville du Havre, théâtre de son nouveau polar. L’histoire débute à la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec l’arrivée au Havre d’envoyés de la dynastie Guerini de Marseille qui ont pour ambition d’y établir un empire du jeu et de nombreux trafics.

Vingt ans plus tard, les parrains locaux ont vieilli et sont en passe de se faire doubler par le gang des libanais qui contrôle la drogue. Un conflit entre les anciens et les modernes se met en place, débouchant sur de mortels coups tordus, peuplés d’invités non prévus dont Gus, un journaliste teigneux et ambitieux, qui a la passion de l’enquête chevillée au corps ou encore son ami Cozzoli, un jeune inspecteur de police corse.

C’est donc, après avoir lu l’ouvrage de Benjamin Fogel qui nous plonge en 2058, un bond en arrière dans le temps de près d’un siècle que j’ai effectué avec la lecture de ce très bon polar. Retour en arrière agréable donc, tant il est fort plaisant au départ de voir l’évolution de deux vieux truands originaires de Corse qui ont décidé de s’installer au Havre pour y développer leur trafic.

Prenant de l’âge, et avec en toile de fond l’évolution technique du Port du Havre qui dans les années 70 voit apparaître un nouveau mode de transport de marchandises avec la mise en place de la conteneurisation. Ces conteneurs vont permettre de développer de nouveaux trafics, notamment la drogue entre le Havre et New-York notamment. Evidemment, les caïds marseillais et Corses ne vont pas être les seuls a vouloir profiter du marché et du Port du Havre et vont très vite se faire concurrencer par le gang des Libanais.

Les uns vont vouloir se débarrasser des autres, fomentés des plans diaboliques pour amener la police vers son ennemi sauf qu’à chaque fois des quiproquos ou des grains de sable viennent enrayer leurs dynamiques. L’ensemble se passant dans cette vieille ville du Havre, au lendemain de la guerre qui l'a presque totalement détruite.

Les cadavres pleuvent, la drogue coule à flot. Malfrats, journalistes et policiers se croisent dans un livre qui fleure bon le vieux polar, où les enquêteurs ont un stylo et un carnet pour enquêter et non pas des portables et des ordinateurs.

Je n’avais encore jamais lu cet auteur que je découvre donc avec cet ouvrage. J’aime assez l’ambiance qui se dégage de ce polar autour de la french connection et de ses personnages truculents, plein de gouaille. J’aime aussi la passion qui se dégage du livre autour du Havre, ville qui semble important aux yeux de l’auteur, qui est presque un personnage à part entière du livre. Philippe Huet a presque réussi à me rendre sympathique cette ville, moi le natif de Caen (peu objectif donc), sa voisine normande.

Une année de cendres est donc un ouvrage qui devrait séduire les adeptes des polars à l’ancienne reposant sur des personnages haut en couleurs, des dialogues ciselés, drôles et touchants.

 

En savoir plus :
Le Facebook de Benjamin Fogel


Jean-Louis Zuccolini         
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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
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du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
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