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Théâtre national de l'Odéon  (Paris)  mai 2019

Comédie dramatique d’Henrik Ibsen, mise en scène de Jean-François Sivadier, avec Sharif Andour, Cyril Bothorel, Nicolas Bouchaud, Stephen Butel, Cyprien Colombo, Vincent Guédon, Jeanne Lepers et Agnès Sourdillon.

Ecrit en 1882, "Un ennemi du peuple" du dramaturge norvégien Henrik Ibsen aborde, sur la trame de l'affrontement fratricide et le genre de la satire socio-politique, traite, avec sagacité et une plume virulente, des thématiques à l'édifiante résonance au regard des faits récents de sinistre mémoire et des débats contemporains.

Dont la dénonciation des errements et paradoxes démocratiques, avec l'acoquinage du politique et de l'économique, le véritable pouvoir des lobbies, l'ambiguïté opportuniste de la classe moyenne petite bourgeoise, l'inféodation de la presse, la récusation de l'apologie du peuple vertueux constitué d'une masse plébéienne girouette imbécile et manipulable, et la prévarication généralisée avec, selon la terminologie moderne, le principe de précaution, le désastre écologique et le lanceur d'alerte.

Jean-François Sivadier met en scène l'opus selon ses fondamentaux tenant notamment au théâtre ludique et au plaisir du jeu pour le comédien et, quasiment, comme une farce avec des personnages réduits à des archétypes caricaturaux, qui font la part belle aux numéros d'acteur, et des scènes de confrontation traitées de manière tragi-comique à la manière du duo de clowns.

Et ce dans un décor "aquatique" avec des cimaises transparentes en forme de murs d'eau et d'étonnants lustres dont des sacs remplis d'eau font office de globes, sublimé par les lumières de Philippe Berthomé, conçu conjointement avec Christian Tirole.

Ainsi le spectateur est immergé dans le modeste village régi par le préfet Stockmann (Vincent Guédon parfait), homme médiocre mais à la malice opportuniste et doté d'un servile petit doigt sur la couture du pantalon notamment face au potentat financier, est devenu prospère par la vertu de ses eaux naturelles et la création d'un très rentable établissement thermal fondé sur le mirage de la jeunesse et de la santé.

Tout va bien jusqu'au jour où son frère, le docteur Stockmann (Nicolas Bouchaud magistral), lance un pavé dans la fontaine miraculeuse mais une éprouvette en brandissant une analyse biologique établissant la pollution dangereuse des eaux puisées en aval des anciennes tanneries appartenant, au demeurant, à son beau-père (Cyril Bothorel délirant en pater familias punk).

Après avoir été considéré comme un sauveur national, ce qui légitimise sa bouffée d'orgueil, soulignée en l'espèce par les premières mesures grandiloquentes du poème symphonique "Ainsi parlait Zarathoustra" de Richard Strauss dont l'harmonie déstructurée par le Portsmouth Sinfonia scandera sa chute, soutenu par les représentants de "l'opinion publique", il devient l'homme à abattre en raison des conséquences pécuniaires de sa révélation, certes d'intérêt général, qui nuisent aux intérêts particuliers.

Aussi bien ceux matérialistes des "petits propriétaires" interprété parStephen Butel qui sur-use de la scansion d'un Michel Fau né dans le pays des bonbons Ricola qu'idéalistes du journaliste (Sharif Andoura exemplaire) aux convictions socialistes molles, toléré comme "poudre à éternuer" et préférant le ralliement à la cause réactionnaire que la mort professionnelle.

Agnès Sourdillon, l'épouse du médecin, Jeanne Lepers, sa fille passionnaria et Cyprien Colombo, en baudruche révolutionnaire, complète une distribution de fidèles qui porte la partition résultant de la traduction d'Eloi Recoing qui comporte une scène surnuméraire relative au théâtre participatif.

Dans le rôle-titre, Nicolas Bouchaud compose avec acuité tant le "juste" naïf atteint du syndrome du chevalier justicier qui vire au nihiliste révolutionnaire que, toujours excellent dan les envolées en solitaire, le parangon ibsénien prônant la "tabula rasa" comme seule issue pour une société vouée à l'extinction par implosion.

 

MM         
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# 26 mai 2019 : A Voté !

Aujourd'hui, est une journée chargée. Aller voter, préparer le repas de Fête des mères, aller acheter un cadeau à la dernière minute ... heureusement ce soir vous pourrez vous reposer un peu en lisant la nouvelle édition de Froggy's Delight que voici :

Du côté de la musique :

"Fi Dam" de Zalfa
Rencontre avec Kompromat
"Danser les filles" de Bastien Lallemant
"L'infini, l'univers et les mondes" de Astrobal
"Pour Barbara" de Guillaume de Chassy
"Claude Debussy, Prélues livres 1 et 2" de Eloise Bella Kohn
"Outremusique pour enfants 1974-1985" de Chevance (etc.)
et toujours :
Interview de Romain Humeau de Eiffel autour de "Stupor Machine" accompagnée d'une session acoustique avec le groupe au complet
"Chostakovitch" de Artemis Quartet
"Marilou" de Equipe de Foot
"Le fil d'ariane" de Marianne Piketty & Le Concert idéal
"Trois frères de l'orage : Quatuors de Schulhoff, Haas, Thèmes et variations de Krasa" de Quatuor Béla
"Saisons" de Quintette Aquilon
Jean Pierre Kalfon et Jad Wio aux Rendez vous d'ailleurs

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Olympicorama - Epreuve 1 : Le 400 mères" à la Grande Halle de La Villete
"Odyssée" à La Scala
"Iliade" à La Scala
"Antioche" au Théâtre Paris-Villette
"Yaacobi et Leidental" au Théâtre Le Funambule
"Portrait de Raoul" au Théâtre Ouvert
"Le champ des possibles" au Théâtre de la Reine Blanche
"Clouée au sol" à la Manufacture des Abbesses
"Opérapiécé" au Théâtre Essaion
les reprises :
"Mademoiselle Julie" au Théâtre de l'Atelier
"L'incroyable rencontre" ex "Rencontre à Gandolfo" au Théâtre Le Lucernaire
"Ma Chanson de Roland" au Théâtre Les Déchargeurs
"Dans ma chambre" au Théâtre du Petit Saint-Martin
et la chronique des autres spectacles à l'affiche en mai

Cinéma :

"Amanda" de Mikhaël Hers en sortie DVD
et la chronique des autres sorties de mai

Lecture avec :

"3 heures, un seul peut survivre" de Roslund
"Alarm! Les Allemands face au débarquement des alliés" de Benoit Rondeau
"Cataractes" de Sonja Delzongle
"Dans son silence" de Alex Michaelides
"Les sept morts d'Evelyn Hardcastle" de Stuart Turton
"Ponti" de Sharlene Teo
et toujours :
"A la droite d'Hitler" de Nicolaus Von Below
"Des hommes en noir" de Santiago Gamboa
"Honorer la fureur" de Rodolphe Barry
"Les anges de Babylone" de Ghislain Gilberti
"Sa majesté des ombres" de Ghislain Gilberti
"Travelling" de Christian Garcin & Tanguy Viel

Froggeek's Delight :

"A plage tale : Innocence" de Asobo / Focus sur PS4, XBOX et PC
"Day's Gone" sur PS4

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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