Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Astrobal
L'infini, L'univers et les mondes  (Karaoke Kalk / La Baleine)  avril 2019

Après un premier album en 2016 Astrobal, Emmanuel Mario de son vrai nom, batteur d'origine toulousaine et avant tout connu comme batteur et producteur - il n'a pas travaillé avec n'importe qui : Holden, Laetitia Sadier, Eddy Crampes, Institut, ou encore Arnaud Fleurent Didier ' nous offre un nouveau disque "L'infini, l'Univers et les Mondes", singulier, personnel au sein duquel il joue le rôle de "témoin d'autres vies" ;  il "synthétise une galaxie en symphonie artificielle sur fond d'étoiles".

Et cette galaxie, toute personnelle, mélange sa passion pour l'imaginaire de science fiction mais aussi pour  "a scène toulousaine" (pas Bigflo et Oli ni Zebda, hein) dont il a fait parti au début des années 2000 : par scène toulousaine nous pensons à Julien Gasc et à son projet Momotte ou Julien Barbagallo, Hyperclean et Laure Briard (son premier EP chez Tricatel) Ces noms évoquent Aquaserge ou Bertrand Burgalat, sans doute l'étoile de cette galaxie.

L'identité Tricatel n'est en effet jamais bien loin : le premier disque de Burgalat, the sssound of mmmusic, semble occuper un point central (si tant est que point central ait un sens en astronomie, sur ce point je manque de compétence) au milieu d'autres influences palpables : le meilleur de Tangerine Dream et d' Ash ra temple, Isao tomina mais aussi certains chanteurs français des années 70's comme Vassiliu, le peintre et performer Yves Klein passe aussi par là ("la faune pélagique").

Ce disque est un lent voyage dans le temps et dans l'espace ; il s'ouvre dans "10 000 ans", puis la Face A (car l'album est vraiment conçu, comme les grands disques des 60's et 70's, en deux faces) se clôt bien plus tard dans "100 000 ans", entre temps rien n'a vraiment changé : tout est toujours présent ("Chaque été"), actuel, mouvant mais eternel et des phrases musicales reviennent sans cesse, légèrement modulées. C'est une musique progressive ("la musique me permet d'étirer le temps") sans les défauts qu'a fini par avoir cette musique. La Face B, portée par le magnifique et l'envoutant diptyque "Elan Vital", poursuit la route de l'exploration cosmique.

A ce propos on ne peut écouter ces phrases de synthés sans penser aux premiers morceaux, des années 70 là encore, réalisés avec les premiers séquenceurs, lorsque l'on ne pouvait programmer que quelques notes. Astrobal semble vouloir faire ça, composer comme si il avait des séquenceurs des années 7O's et non mobiliser toutes les nouvelles possibilités techniques, cela au milieu de chaudes nappes synthétiques, d'une basse tricatelienne, jouée par Vincent Pieuvre (musicien toulousain que l'on a entendu récemment aux côtés de Laure Briard) qui est aussi aux arrangements, quelques guitares fondues par ci par là et Astrobal qui nous chante lumineusement ses histoires et visions d'un chant évoquant celui de Barbagallo ( batteur comme lui '). Ce disque est l'album d'un batteur amoureux des synthétiseurs ; amoureux des possibilités offertes par cet instrument, amoureux rigoureux comme Wendy Carlos pouvait l'être.

Cette galaxie musicale qui s'étire dans la durée et forme un tout cohérent ne sent jamais la nostalgie, l'hommage : tout semble toujours déjà là, comme éternel. Tout laisse à penser qu'Astrobal poussé "par une force vive" qui le "pousse à créer des musiques folles qui jaillissent" est mu par un émerveillement communicatif : il partage et communique l'émerveillement d'un enfant : pareil à l'enfant qui découvre le monde réel, Astrobal s'émerveille de ce monde artificiel et cet émerveillement toujours renouvelé est toujours présent.
Oui "evant moi Un paradis blanc caché, oublié
Je découvre enfin l'endroit idéal et chaud, essentiel, une révélation cachée, oubliée,
Soudain j'entends le vent me rapporter mon passé, Je sens le temps se courber." ("10 000 ans")

Il semble vouloir toujours garder cet émerveillement, l'émotion première qui a du être la sienne lorsqu'il a découvert telle ou telle musique ou tel roman de science fiction qu'il aime qu'il aime tant comme il le dit en ces termes si simples et spontanés ("Le frisson ultrasonique") ; et cet émerveillement, cette candeur presque, Astrobal nous la fait partager, nous la donne à ressentir. En ce sens ce disque est lyrique.

Album solaire au lyrisme discret, album de mystère L'infini, l'univers et les mondes voit loin et large mais sans grandiloquence aucune, la dimension space opéra du disque pouvait laisser craindre certains excès. Il n'en n'est rien.

Avec ce disque Astrobal se permet d'étirer et de courber le temps : passé présent et futur n'existent pas tout à fait ou plutôt, pour citer St Augustin :

"(...) ce qui m'apparaît comme une évidence claire, c'est que ni le futur ni le passé ne sont. C'est donc une impropriété de dire : ' Il y a trois temps : le passé, le présent et le futur.' Il serait sans doute plus correct de dire : ' Il y a trois temps : le présent du passé, le présent du présent, le présent du futur' . En effet, il y a bien dans l'âme ces trois modalités du temps, et je ne les trouve pas ailleurs. Le présent du passé, c'est la mémoire ; le présent du présent, c'est la vision directe ; le présent du futur, c'est l'attente."

On ne saurait mieux dire : aucun nostalgie dans cette musique, donc.

Un disque écrit au présent du présent qui se tourne vers le présent du passé et regarde vers le présent du futur ; le passé et le futur pour le présent : mémoire, attente et vision directe. Le temps est ici subjectif.

Et pour ce qu'il en est de la réalité objective, physique, dans l'espace, le temps n'est rien du nôtre et Astrobal, depuis sa garrigue, doit être un peu dans l'espace, dans un autre espace-temps.

Parions qu'avec son astrobal enchanté il mesure la distance le séparant de telle planète, de telle étoile, il la mesure bien plus qu'il ne la calcule. Et il nous faut lui dire qu'il n'est pas si loin des étoiles qu'il admire.

Ce qu'il y a de plus beau dans cette musique provient sans doute de la ferveur dont elle procède.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Australasie de Astrobal

En savoir plus :
Le Bandcamp de Astrobal
Le site officiel de Astrobal


Francois Montjosieu         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 18 août 2019 : Au rythme des vacances

Petite édition toute en légèreté mais avec quelques belles choses à découvrir notamment pas mal de livres de la rentrée littéraire et une session du Flegmatic pour vous rafraichir les idées. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Time for a change" de Pokett
"Tone of musette" de Le Balluche de la Saugrenue
"Symi" de Symi
Une autre interview de Inspector Clouzo à Terre de sons, après notre rencontre avec The Inspector Clouzo lors de leur passage à Foreztival
et toujours :
"Onda" de Jambinai
"Fire" de Part Time Friends
"Simon Chouf & le Hardcordes trio" de Simon Chouf
"EP n°1" de The Reed Conservation Society

Au théâtre :

une nouveauté :
"What is love" au Théâtre de la Contrescarpe
des reprises
"La Chute" au Théâtre de la Reine Blanche
"Le corps de mon père" au Théâtre Essaion
"Louise Weber dite La Goulue" au Théâtre Essaion
et la chronique des spectacles à l'affiche en août

Expositions avec :

"Champs d'amours - 100 ans de cinéma arc-en-ciel" à l'Hôtel de Ville
et dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - L'Aventure de la Beauté" au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme

Cinéma avec :

"Roubaix, une lumière" de Arnaud Desplechin
"Thalasso" de Guillaume Nicloux
et Oldies but Goodies avec "Paris est toujours Paris" de Luciano Emmer en version restaurée

Lecture avec :

"Cavalier seul" de Fred & Nat Gévart
"Ce qu'elles disent" de Miriam Toews
"Cent millions d'années et un jour" de Jean Baptiste Andrea
"Chaque fidélité" de Marco Missiroli
"Où bat le coeur du monde" de Philippe Hayat
et toujours :
"Koba" de Robert Littell
"Back up" de Paul Colize
"La grande escapade" de Jean Philippe Blondel
"Un peu de nuit en plein jour " Erik L'Homme
"Une bête au paradis" de Cécile Coulon
"Une joie féroce" de Sorj Chalandon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=