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Interview  (Festival Terres du Son, Domaine de Candé, Monts)  vendredi 12 juillet 2019

A l'occasion du Festival Terres du Son, nous avons rencontré Julien et Jean-Noël, deux membres de Last Train, en pleine tournée.

Last Train, c'est qui c'est quoi ?

Julien : C'est une bande de potes, qui commencent à faire du rock quand ils ont 11, 12 ans au collège, qui se retrouvent tous les mercredis après-midi pour faire de la musique.

11-12 ans ?

Julien : Oui, on vient de fêter nos 10 ans sous le nom Last Train, on avait commencé un peu avant sous d'autres noms. Et puis voilà ça devient des frères, une famille, des mecs qui vont faire ensemble 350 concerts, qui continuent de se démerder pour faire de la musique.

A 11-12 ans, vous preniez des cours de musique ou est-ce que vous êtes des autodidactes ?

Jean-Noël : C'est un peu aléatoire, ça dépend, Antoine le batteur a pris des cours, moi j'ai pris des cours de piano au départ. Mais on a fait beaucoup beaucoup de répétitions, beaucoup de concerts, et là tout change en fait, c'est là que tu apprends à ne plus être le plus performant mais à jouer avec les autres, à écouter les autres.

Les critiques vous encensent plutôt, on parle de vous comme des génies, des prodiges de la scène rock, comment on fait pour garder la tête froide dans ce contexte ?

Julien : Déjà en continuant à rigoler, en gardant une régularité, en continuant à bosser tout le temps. Jean-Noël bosse toujours pour l'agence de booking qu'on a créée à Lyon en 2014. Tous les jours, dès qu'il rentre de répét', il va y bosser, il y a maintenant 4 ou 5 employés. On a plein de trucs à gérer, on est tellement impliqués dans notre projet, on veut toujours aller plus loin alors on n'a pas tellement le temps de se poser pour se dire "whaou on est des rock stars, on a joué en Birmanie devant 40.000 personnes !". On enchaîne tellement, on a tellement envie de projets, on a tourné notre propre clip la semaine dernière...

Jean-Noël : On est très acteurs de tout ce qui se passe autour de Last Train, pas seulement autour de l'aspect créatif et artistique, on s’intéresse à toute la stratégie, à toute l'économie, à l'aspect juridique, administratif...

C'est ça qui est extraordinaire, si jeunes, vous êtes présents à tous les niveaux du "fonctionnement" de Last Train, comment vous vous y prenez pour gérer le projet dans son intégralité ?

Jean-Noël : On a eu la chance de commencer très tôt et de faire des erreurs très tôt, à une période où ça n'avait d'incidence pour personne d'autres que nous. On a pu apprendre de nos erreurs, de nos jeunes années, de nos expériences qui nous ont aussi appris à nous entourer de certaines bonnes personnes qui ont été très transparentes avec nous, qui nous ont beaucoup appris et on a décidé d'appliquer ces expériences pour nous mais pas seulement, pour d'autres groupes aussi.

Par exemple, dans le cadre du deuxième album, on a fait un peu trois pas en arrière avec tous nos partenaires, on s'est désengagé de plein de monde pour refaire plein de choses nous-mêmes parce qu'en fait on se rend compte qu'on n'est jamais mieux servi que par nous-mêmes : il n'y a jamais personne qui pourra mieux servir le groupe que nous-mêmes et avant tout, on ne défend pas un groupe on défend une bande de potes, on est quatre potes et on a appris comment avoir ce contrôle sur nous et sur ce qu'on fait. Alors ce n'est pas facile tous les jours, on bosse mais on a la chance d'écrire l'histoire qu'on a envie d'écrire.

Pour des gens qui ne vous auraient jamais vu, jamais entendu, qu'est-ce que vous diriez de votre musique ? C'est quoi votre musique ?

Julien : C'est une super question (ndlr : merci les gars !), c'est un peu bête mais on s'est toujours défendu dans le live. Pendant trois ans, on a dit :" Venez nous voir en concert" surtout au début avant qu'on ait sorti le premier album, "Venez nous voir en live parce que c'est là que les choses se passent". Sinon après qu'est-ce que c'est Last Train...

Jean- Noël : Je pense que c'est un groupe de live avant tout, ça l'est peut-être de moins en moins parce qu'on a plus de choses à dire à côté, on avait moins à dire quand on avait 17 ou 18 ans, maintenant on a vécu plus de choses assez intenses avec les concerts. Ce deuxième album est peut-être un peu plus sensible dans un sens, il y a des choses qui sont plus personnelles, plus introspectives, plus sérieuses, je pense qu'il y a un vrai propos incisif, un vrai dévouement dans la musique, c'est ça qui est intéressant à voir, à découvrir en tout cas en live.

Vous jouez votre deuxième album, deux ans après le premier, au milieu il y a eu une grosse tournée en France et à l'international, comment on fait pour se remettre à la création quand on est pris dans le bain des concerts ?

Jean-Noël : La création ne s'arrête jamais vraiment, c'est compliqué de se dire : "Bon allez là je vais me poser et composer pendant deux heures". C'est rigolo la dernière fois, on nous demandait si on arrive encore à faire de la musique. J'ai réfléchi puis je me suis dit non en fait... C'est vrai qu'ils sont rares les moments où je suis à la maison, au piano ou à la guitare, mais quand ces moments arrivent, ils sont à chaque fois prolifiques parce qu'il y a justement un besoin d'écrire, un besoin de sortir quelque chose.

Je trouve que ça rend la chose intéressante parce que justement c'est très optimisé, c'est peut-être un peu malsain dans l'idée mais je trouve que c'est assez cool, je n'ai pas besoin d'être des heures et des heures derrière le piano ou la guitare pour écrire un truc.

Ça me rappelle quand on travaillait au Burger, on travaillait on travaillait, et en même temps on réfléchissait à la musique, on avait tout dans nos têtes et après ça sortait tout seul. Donc la création est toujours là, en continu, toujours en travail et le seul truc qui a changé par rapport au premier album c'est que finalement on a eu le temps de se poser pour répéter et d'en faire une entité unique, pas un truc éclaté comme ça a pu l'être sur le premier album. Alors c’est vrai que c'était génial l'époque où on avait 15 ans, où je jouais et composais cinq ou six heures par jour, ça on n'y arrive plus...

C'est un regret ?

Jean-Noël : Non non, c'est juste de nouvelles choses et c'est chouette, ce sont de nouvelles méthodes, de nouvelles manières d'appréhender la musique et la composition. Je suis quand même plus content de ce que je fais aujourd'hui (rires).

Comment abordez-vous le concert de ce soir, dans le cadre d'un festival disons, plutôt généraliste et familial ?

Jean-Noël : Avec la scène, on a toujours voulu garder notre éthique musicale, nos convictions, on fait du rock, un truc un peu incisif par définition, on fait un truc pas très grand public, on est un peu psyché, parfois c'est violent... mais on se dit qu'il suffit de le proposer au grand public, de le sensibiliser à ça, et je suis persuadé qu'on fait de la musique de niche, le stoner c'est de la musique de niche, etc.

On en fait de la musique de niche parce qu'on ne la présente pas au grand public. Si tout à coup dans la capacité d'un festival comme ce soir on proposait que des groupes de math, de psyché, et bien les gens ils kifferaient quand même. Donc notre grand défi avec la scène c'est de garder nos convictions et de les mettre dans une sorte de cours de récré grand public. On a eu la chance de faire Bourges, Rock en Seine, Les Vieilles Charrues, des festivals grand public et moi j'aime bien cette idée-là, qu'on évolue et qu'on joue aux côtés d'Angèle, Jeanne Added, Balthazar, sauf que l'on ne joue pas avec les mêmes outils, c'est ça qui est rigolo.

Julien : Oui c'est excellent de jouer sur le même scène que Angèle qui va jouer un peu plus tard et nous on arrive avec notre groupe de rock, les petits péquenauds d'Alsace (rires).

Ah oui c'est comme ça que vous voyiez, comme des petits péquenauds d'Alsace ?

Jean-Noël : Oui, ce qui est rigolo, c'est qu'on ne fédère pas du tout les gens de la même manière, on n'a pas du tout la même force de frappe, le même impact ! Angèle, aujourd'hui, est tellement sous la lumière, elle a un tel suivi médiatique, une telle popularité…

Julien : On se disait dernièrement que quelque part on doit se battre un peu plus en faisant du rock pour fédérer ce grand public, on arrive sur scène et on doit se battre un peu plus. Tu vois un groupe de pop, ils sont bien sapés en entrant en scène, ils ressortent aussi bien sapés, il y a peut-être quelques petites gouttes de transpi mais c'est tout... alors que moi je suis sorti de scène avec les doigts en sang, je chialais, je me suis fichu dans l'herbe j'en pouvais plus et je me disais : "C'est quand même marrant, on fait le même truc, on joue sur la même scène mais finalement"...

Jean-Noël : Ce n'est pas le même métier...

Ce n'est pas le même dévouement ?

Jean-Noël : Oui, on parlait de dévouement...

Julien : Il y a une grosse différence et du coup pour répondre un peu à cette question, comment on appréhende ce soir, et bien de la même façon qu'on a joué les premiers concerts, on a la chance de se produire en live, de montrer notre musique, de montrer qui on est, ce qu'on est en tant qu'être humain... Alors quand on a la chance d'être sur un festival comme ça, on va tout donner sur scène, on va essayer de capter, essayer d'emmener les gens avec nous, c'est une tâche un peu difficile...

Jean-Noël : C'est un peu la différence entre jouer de la musique et jouer sa vie sur scène. Effectivement, on a la même cour de récré que les têtes d'affiches mais on n'a pas exactement le même métier, sans jugement aucun, ce n'est juste pas la même manière d'appréhender la chose.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

L'interview de The Psychotic Monks (vendredi 12 juillet 2019)

En savoir plus :
Le site officiel de Last Train
Le Bandcamp de Last Train
Le Soundcloud de Last Train
Le Facebook de Last Train

Crédits photos : César Deloux


Cathy Martineau         
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# 18 août 2019 : Au rythme des vacances

Petite édition toute en légèreté mais avec quelques belles choses à découvrir notamment pas mal de livres de la rentrée littéraire et une session du Flegmatic pour vous rafraichir les idées. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Time for a change" de Pokett
"Tone of musette" de Le Balluche de la Saugrenue
"Symi" de Symi
Une autre interview de Inspector Clouzo à Terre de sons, après notre rencontre avec The Inspector Clouzo lors de leur passage à Foreztival
et toujours :
"Onda" de Jambinai
"Fire" de Part Time Friends
"Simon Chouf & le Hardcordes trio" de Simon Chouf
"EP n°1" de The Reed Conservation Society

Au théâtre :

une nouveauté :
"What is love" au Théâtre de la Contrescarpe
des reprises
"La Chute" au Théâtre de la Reine Blanche
"Le corps de mon père" au Théâtre Essaion
"Louise Weber dite La Goulue" au Théâtre Essaion
et la chronique des spectacles à l'affiche en août

Expositions avec :

"Champs d'amours - 100 ans de cinéma arc-en-ciel" à l'Hôtel de Ville
et dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - L'Aventure de la Beauté" au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme

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"Roubaix, une lumière" de Arnaud Desplechin
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Lecture avec :

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"Koba" de Robert Littell
"Back up" de Paul Colize
"La grande escapade" de Jean Philippe Blondel
"Un peu de nuit en plein jour " Erik L'Homme
"Une bête au paradis" de Cécile Coulon
"Une joie féroce" de Sorj Chalandon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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