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Kevin Powers  (Editions Delcourt)  octobre 2019

Il est des livres d’une rare beauté, de l’intérieur comme de l’extérieur, de la couverture jusqu’à l’histoire, des livres qui me confirme que la lecture reste à mes yeux mon loisir préféré, qui m’empêche de comprendre qu’on ne puisse pas aimer lire.

Il est des livres que l’on commence avec une grande attente, souvent parce que l’ouvrage précédent de l’auteur nous avait déjà enchantés, des livres que l’on prend soin de lire en prenant son temps, en relisant certaines phrases ou passages sidérantes de beauté, des livres que l’on parcourt au gré d’une intensité émotionnelle rare.

L’écho du temps, le nouvel ouvrage de Kevin Powers fait partie de ces livres. Il est et restera l’un de mes coups de cœur de cet automne et sûrement aussi l’un des coups de cœur de cette année littéraire qui va bientôt s’achever.

Kevin Powers est né à Richmond en Virginie. A 17 ans, il s’engage dans l’armée et combat en Irak en 2004 et 2005. A son retour, il obtient une bourse d’étude en poésie à l’université d’Austin. Finaliste du National Book Award et traduit dans 23 pays, Yellow Birds, son premier roman reçu de nombreuses distinctions, notamment celui de meilleur roman étranger pour le magazine Lire.

L’écho du temps, qui vient d’être publié aux éditions Delcourt Littérature, est de même veine que Yellos Birds, peut-être même au-dessus à mon humble avis. Il fait partie des trois finalistes du grand prix de littérature Américaine aux côtés du dernier ouvrage de Valeria Luiselli, excellent aussi et chroniqué sur le site, et de Tommy Orange, pour un ouvrage que je n’ai pas lu.

L’ouvrage que nous propose Kevin Powers avec L’écho du temps a comme point commun avec son précédent ouvrage qu’il traite de nouveau de la violence, de nouveau au cœur de l’ouvrage. Quand l’auteur nous dévoilait la violence des combats en Irak vue sous le spectre de jeunes soldats, L’écho du temps nous parle d’une violence bien plus ancienne, qui prend racine en Virginie sur les ruines fumantes d’une plantation en 1865.

Leur destin s’est scellé sur les ruines de la Plantation Beauvais, aux abords de Richmond, en Virginie, puis les flammes ont brouillé leurs traces. Nul n’a jamais su ainsi ce qui est arrivé à Emily Reid Levallois. A-t-elle péri en 1865 dans l’incendie criminel de la plantation qu’elle a peut-être provoqué pour se débarrasser de son mari tyrannique ? Ou s’est-elle réinventée une vie ailleurs, comme le prétend la rumeur ? Rawls et Nurse, esclaves en fuite, ont-ils disparu dans les marais de Great Dismal ? Et le vieux George Seldom réussira-t-il, bien des années plus tard, à démêler l’énigme de ses origines, lui qui a été trouvé, enfant, avec un simple mot épinglé sur la poitrine : "prenez soin de moi. Je vous appartiens maintenant" ?

L’écho du temps est un ouvrage qui donne une part chère aux personnages, principaux et secondaires, que l’auteur s’attarde à nous présenter pour nous mieux nous faire comprendre et ressentir une époque, celle de la guerre de Sécession mais aussi celle de l’abolition de l’esclavagisme.

L’histoire tourne autour d’un drame survenu dans une plantation avec une construction en chapitres qui varient selon l’époque racontée. Le lecteur se retrouve tantôt au temps de la splendeur ce cette plantation, les années avant l’incendie et tantôt au milieu du 20ème siècle aux côtés de George Seldmon qui effectue des recherches pour connaître ses origines.

Evidemment, un destin croisé des différents personnages s’opère au fil du livre, révélé de façon ingénieuse et lente, des éléments de l’intrigue s’emboîtent petit à petit pour nous révéler le fin mot de l’histoire.

Les amateurs de lecture frénétique, de suspense insoutenable pourront passer leur tour, ce livre n’est pas fait pour eux. Kevin Powers est un auteur qui aime prendre son temps pour installer ses personnages et son histoire. Il possède une écriture qui le lui permet, faite de poésie et de descriptions fines que l’on retrouve chez les grands auteurs américains qui ont écrit sur la guerre de Sécession et l’esclavagisme.

La violence de la guerre de Sécession qu’il nous décrit est dans la lignée de celle qu’il nous présentait dans son précédent ouvrage. Il nous montre parfaitement comment ce conflit laissa des traces indélébiles dans l’histoire des Etats-Unis et dans la place des populations noires au sein de la société américaine.

L’écho du temps est un ouvrage aussi ambitieux qu’il est exigeant à la lecture. Assez déroutant de par sa construction qui entrelace deux fils narratifs, il est un livre qui permet au lecteur de voir son plaisir monter en intensité au fil des pages, notamment lorsque les deux fils narratifs commencent à prendre sens entre eux.

L’écho du temps est un roman éblouissant sur une période charnière de l’histoire des Etats-Unis, traitée avec poésie et intelligence par un auteur qui confirme avec cet ouvrage des talents d’écriture que l’on avait commencé à appréhender avec Yellow Birds.

Je ne suis pas prêt d’oublier cette lecture magique du dernier ouvrage de Kevin Powers. L’écho du temps est et restera un ouvrage qui marque, de ceux dont on est fier de l’avoir lu.

 

En savoir plus :
Le site officiel de Kevin Powers


Jean-Louis Zuccolini         
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Nous avons rencontré des acteurs du monde de la culture pour évoquer leurs situations mais aussi l'avenir. Le replay intégral est à voir dès maintenant sur la TV de Froggy's Delight. Pour le reste, voici le programme de la semaine. Et surtout, restons groupés.

Du côté de la musique :

"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand
et toujours :
"Caillou" de Gisèle Pape
"Sauvé" de It It Anita
"Goes too far" de Olivier Rocabois
"Morricone stories" de Stefano Di Battista
"Le fruit du bazar" de Alex Toucourt
"Bento presto" de Caribou Bâtard
"De mort viva" de Sourdure
"Mistake romance" de Tristan Melia
"Courtesy of Geoff Barrow : Unsung Heroes" le mix #18 de Listen In Bed
Des petites découvertes en clip : O' Lake, Luwten, Corentin Ollivier, Ghern et Old Caltone

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La passion selon saint Matthieu" de Bach par Romeo Castellucci
"War sweet war" de Jean lambert-Wild
"Les Sœurs Macaluso" d'Emma Dante
"Monkey Money" de Carole Thibaut
"Une heure de tranquillité" de Florian Zeller
"Le Dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian
"La Ronde" de Boris Charmatz

Expositions :

en virtuel :
"Le Grand Tour, voyage(s) d'artistes en Orient" au Musée des Beaux-Arts de Dijon
"La Fabrique de l'Extravagance" au Château de Chantilly
"La Police des Lumières" aux Archives nationales
"D'Alésia à Rome" au Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye
"Pompéi, un récit oublié" Musée de la Romanité à Nîmes
et un documentaire : "Les trésors des hôtels particuliers : Du Marais aux Champs Elysées"

Cinéma :

at home :
"Où vont les chats après 9 vies ?" de Marion Duhaime
"Stuck Option" de Pierre Dugowson
"La fête est finie" de Marie Garel-Weiss
"1991" de Ricardo Trogi
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"L'été de Kikujiro" de Takeshi Kitano
"Le retour de la panthère rose" de Blake Edwards

Lecture avec :

"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood
et toujours :
"Biotope" de David Coulon
"Ces petits riens qui nous animent " de Claire Norton
"Dernières nouvelles de Sapiens" de Silvana Condemi & François Savatier
"Eat, and love yourself" de Sweeney Boo
"Giants : Brotherhood" de Carlos & Miguel Valderrama
"L'art du sushi" de Franckie Alarcon
"L'île sombre" de Susanna Crossman
"La rivère des disparues" de Liz Moore
"Pourquoi le nord est-il en haut ?" de Mick Ashworth

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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